Commissions spéciales d^Épistates^ Èpimélètes, etc
A Athènes, ces commissaires spéciaux s'appellent épistates. Nous les trouvons dans les comptes du Parthénon (-). Ces comptes se réfèrent à plusieurs années ; impossible de dire le nombre des épistates ni la durée de leurs fonctions. Il semble cependant qu'ils restaient
(^) Dans le même genre CIA IV 27 b p. 59 où le basileus reçoit l'ordre de faire limiter op'.aat le Pelasgikon : ou lui délègue exceptionnellement une fonction des opiG-oLÎ. CIA IV 53 ^ p. 67 1. 5 : xal To? ôp'.crTà^ £T;'.-£ij.ja'. opiaoLi li kpà TauTa.
(^) Cf. Eph. archaiol. 1897 158 : à Callicrates, sont adjoints trois hommes -rpè; à'vôpa; à choisir dans le Conseil pour arrêter les conditions du travail à exécuter au temple d'Athéna Nikè.
en fonction plusieurs années. Cela résulte de CIA IV p. 147 : nous trouvons, 01. 86. 4, le greffier Anticlès, le même que 01. 86. 3. Le collège est assisté d'un greffier dont la désignation sert à dater les actes, comme pour les trésoriers de la déesse et les hellenotamiai. Dans les comptes, CIA 1 289-296, 01. 82-83, le mandat des épistates est annuel; leur nombre varie : la 3*^ année, 2; la 4^, 3 ; la 5^, 4; la 6*' et 1" année, 5. Ils sont encore mentionnés dans les comptes CIA I 281-288.
Dans les comptes des Propylées, CIA I 314 s., ils sont cinq ; leur mandat est annuel : 314 eTtLcrTaTa'. n[po] TziikoLiou £pya(T[iaç]. Ils sont au nombre de trois, 'ETca-TaTat, Toù v£w ToO £v TiôXsi, daus rétat descriptif des travaux de l'Erechtheion CIA I 322 ; au nombre de cinq pour les travaux du temple de Zeus au Pirée CIA II 834. La commission préposée aux travaux du stade panathénaïque est simplement désignée, CIA II 807 Col. C. 1. 4-25, xal loiç ettI t6 (TTàS',ov Yjpri|Ji£VO!.(; (*).
A Eleusis, apparaissent aussi des épistates : ils sont cités dans 1054^ et dans 834^ : 1054^ 'ETT'.a-TàTat. 'E>v£'jo-'.v{o'j et 834^ 'ETit-a-Tàxa', 'EX£'j<Tt.v69£v ; mais ici ce sont des magistrats ordinaires, nommés pour quatre ans, au nombre de sept, et chargés tout à la fois de la garde du trésor, des travaux publics, du service financier et d'une partie de l'administration.
Dans l'inscription CIA IV 2 1054^, ce ne sont pas des épistates, mais des naopoioi qui apparaissent. Ils forment une commission extraordinaire, en vue du travail que les Athéniens font exécuter à Délos.
A Délos, on rencontre les è7ziixek-/]'zo!.i ou è7zi(7T7.T0L\. Le premier nom est le plus habituellement employé; on le rencontre dans les documents de 279; dans le cahier de
(1) Diirrbach L'orateur Lycurgue 105.
charges inédit de 297, on trouve 'E-î-TTaTai ('). Les épimélètes sont généralement au nombre de trois; parfois deux et même un seul. On n'aperçoit pas la raison de ces variations (-). Ils sont élus par le peuple. Pour chaque entreprise, il y a une commission distincte et chacune reste en fonction un an, durée ordinaire des travaux adjugés lot par lot. Leur mandat est gratuit; ils reçoivent exceptionnellement des frais de service comme indemnité de déplacement. Plus tard il y eut des épistates, magistrats chargés de faire fabriquer des vases sacrés avec la rente des capitaux donnés dans ce but.
Les collèges de prêtres ne participaient pas toujours à la direction des travaux qui s'effectuaient dans les temples. Il en était autrement à Délos. Le collège des hiéropes suit de près les opérations des épimélètes. Nous les voyons procéder à certaines adjudications avec le concours de l'architecte et des épimélètes. D'autres fois, ceux-ci agissent seuls. Ce sont aussi les hiéropes qui, sur l'avis des épimélètes et de l'architecte, font les paiements (^).
A Lébadée, l'inscription publiée par Fabricius cite tantôt les naopoioi, tantôt les épistates : la comparaison avec l'inscription publiée par M. de Eidder montre que ces deux termes désignent la même autorité. Pour
(1) Homolle BCH XIV 1890 489 (Comptes de 279). Schœffer De Dell ins. rébus 124, croit que ces deux noms désignent deux magistratures différentes.
(«) Homolle 1. c. 463.
(^) Dans Délos 279 1. 44, les hiéropes disent : 'zioz l'pya È^socoxatxsv x.aTa <llr^z>lr7l^.'x■:7. xoO OTfixryj ja.£":à -rou àpyiTî'/.xovo;; xal TtJov £7:'.;a.ôÀ7i~(ov O'jç slÀs-o 6 ôfj'jioc; xal xaxà a'jyypacpàt;. Ils font les payements, xeXsuo'vtwv ETr'.ixîXTjTioY xal àpy tTSXTOvos; parfois àpyiTÉx-ovo^ xal s-'.asÀTjTou xîXs'jov-tov, cette formule deux fois au sujet d'un travail à l'île d'Artémis.
donner un seul exemple, dans la première, les épistates, dans la seconde, les naopes jugent les contestations entre entrepreneurs.
AEpidaure (Tholos), deux commissions sont nommées: II f)'j'jL£).o-Gî.ar, III OuuLsAo-o'.o'i et d'autre part lA 4 £7ooT7,p£ç, I B 26 syoGTT.ps;. Keil montre que ces noms différents ont été portés tour à tour par la commission chargée de diriger le travail. Il suppose qu'au moment où fonctionnait la commission désignée sous le nom de 9'j;j.£A07:o!.aC ou O'w»;j^£)^07:o',o{, un autre travail public était en cours sous la direction d'une commission portant aussi un nom spécial. A l'origine, un seul travail étant en exécution, on avait donné à la commission le nom général de £yooT?,G£; adjudicataires. Le même auteur a dressé la liste des commissaires en fonction, pendant 8 années, du prêtre Python jusqu'à Skias; il trouve dix noms, et les mêmes personnes semblent être restées en fonction pendant cette période. Il y a eu trois commissions qui se sont succédé pour chaque partie du travail, dont les comptes se trouvent dans I, II, III. Dans l'inscription de l'Asclepieion, la commission n'est pas citée. On lit dans une autre inscription, ÏTj.i-y-:/:, et dans une autre encore: è-'.i'zy.zy.: 70'j ctvaAwuaTo; (').
Le prêtre d'Asclepios à Épidaure-Tholos participe à la gestion financière : il est même en cette matière la plus haute autorité. C'est lui qui remet les fonds aux commissaires.
A Tanagra, le peuple nomme pour trois ans une commission âpyT,,de trois membres, « trois hommes âgés de trente ans au inoins « ; elle dirigera, d'acccrd avec les polémarques et l'architecte, la construction du temple (-).
A Delphes, les travaux sont dirigés par les yy.oKO'.oi ("').
(1) CavvadiasSl.
(^) Rev. des Et. grecq. 1899.
(5; Sur leur nombre, Bourguet BCH 1896 222.
Ces magistrats qui appartiennent à des nationalités différentes, forment un collège permanent et possèdent un local à eux : vao7:o',wv. Ils ont à leur tête un bureau dont les membres s'appellent TcooG-TaTs-JovTs;, généralement au nombre de trois ('), ou s-'.uv.sjovts;. Le président du collège est le vao-o'.Éojv. Plus tard le collège subsiste; mais il n'est plus question de -pOTTaTc'jovTs; ni d's-'.jjLTjVS'jov-:*; ; l'office du vao-o'itov parait avoir été occupé par deux titulaires.
Les inscriptions du temple d'Apollon Didyméen nous font connaître l'existence d'un épis ta te des travaux : I n" 3 : 'A-oAoy'.a-uô; <1>!,aoo7,;jlo'j a''G£9£VTo; 'j-b toO ot^'^o'j Tîpovoerv ttî; o-.'xooofji'ia;. L'emploi du verbe 7:povo£iv indique une époque relativement récente. Plus anciennement on disait, n" 24 : s-'.G-TaTY.a-avTo; tt,; o''xooo'j.'!a; toj vao'j -zo'j 'AttôaXwvoç tgO A',o'j;jl£w; (^). Les inscriptions inédites révèlent la présence d'un local des neopoiai, £-1 tg vEOTroLECov. Ce collège participe à la direction des travaux. En règle générale, les comptes émanent de l'épistate : toutefois, dans 77 inédit, il semble que l'on rencontre les neopoiai désignés par la première personne du pluriel : â-£oôuL£Oa, etc. On peut supposer que l'épistate était membre, peut-être président de ce collège.
La commission a généralement un greffier, chargé de la tenue des écritures. Elle a encore à son service un ou plusieurs esclaves publics. Dans l'inscription relative à la refonte des objets sacrés du temple du Héros latros, un esclave public intervient comme àv-:'.ypacp£'j; (5). Dans le contrat d'Eleusis CIA IV 2 1054^, les épistates
(1) Deux fois de deux, une fois de cinq.
(-) Ces deux inscriptions ont été publiées dans la Rev. de Philol. (supra).
peuvent être remplacés pour certaines vérifications par un esclave public (').
Les épistates sont des magistrats apy-/,, et comme tels, ils sont soumis à la docimasie, devant la héliée, et ils doivent rendre leurs comptes et soutenir l'eutliyné (-).