‹ L'industrie de la bonneterieChapitre 57 sur 82 · II. Prix des pièges, salaires effectifs · texte numérisé non relu

II. Prix des pièges, salaires effectifs

Vouloir déterminer les salaires d une façon scrupuleusement exacte serait chose bien hasardeuse, les éléments qui devraient servir de base variant d'après les individus.

Le degré d'activité, l'habileté et les aptitudes personnelles, l'âge et le temps consacré au travail, la façon dont la matière première a été préparée avî^nt d'être remise à Touvrier et tant d'autres circonstances encore sont diversement appréciables et doivent cependant venir en ligne de compte.

Ajoutons à cela la tendance de l'ouvrier soit dans un sens, soit dans l'autre, d'exagérer la portée de certains renseignements que l'on doit tenir exclusivement de lui et qu'il n'est pas possible de contrôler.

Les coupeurs et les piqueuses travaillent en atelier ; disons simplement pour être complet que leur salaire journalier, varie pour les premiers entre fr. 5.50 et fr. 1.50 environ; pour les secondes, entre' 2 francs et 1 franc. Les apprentis reçoivent une rémunération bien inférieure, comme l'indique ce tableau de salaire pris chez un fabricant :

GamUseusesA^ fr. 1.80 par jour Coupeurs, tiges, fr. 3.50 par jour

— Apprenti (2 mois) 0.25 —

— Goupeurmachine 3.50 —

— Appréteur 1.50 —

({me

7me

gm.

Les piqueuses à domicile disparaissent complètement; on en trouve quelques-unes encore, mais on ne saurait établir leur salaire, même d'une façon approximative.

C'est en vaquant aux soins du ménage qu'elles s'occupent de leur travail industriel ; pour elles cette occupation n'est

jamais régulière, jamais elles ne peuvent compter sur une besogne certaine.

Elles cherchent du travail chez tous les patrons ou du moins chez plusieurs d'entre eux, et ne possèdent naturellement pas de livret de salaire; aussi les éléments font défaut et l'on ne pourrait rien affirmer de précis sans risquer de commettre de graves erreurs.

Nous pouvons dire cependant que leurs recettes sont très minimes et ne sauraient, même dans les semaines les mieux remplies, dépassera ou 5 francs au maximum.

Une ouvrière travaillant à la main et garnissant des tiges en croûte et empeigne, nous a dit recevoir fr. 0.03 à la paire; elle fournit la poix et le fil et ne parvient pas à terminer plus de 18 paires par semaine, à cause de l'irrégularité de la besogne.

Avant de nous occuper du budget des recettes des ouvriers monteurs, nous croyons intéressant de donner ici le l'élevé complet des salaires payés, à ses ouvriers, par un fabricant de Hervé, pendant une semaine (du 15 au 20 juin 1905).

paires

fr. 23.90

No» 16

paires

fr. 19.20

Total.

Page 1