‹ L'industrie de la bonneterieChapitre 79 sur 82 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Durée du travail.

L'organisation même du travail à domicile rend très difficile l'appréciation du temps où le cordonnier est réellement occupé à son établi.

Fréquemment, le travail se prolonge outre mesure; l'ouvrier qui commence sa journée à 6 heures du matin, ne quitte que très rarement l'ouvrage avant 71/2 heures du soir. L'été, on le trouvera souvent occupé beaucoup plus tôt, et, en toute saison, il n'abandonnera souvent l'établi que très tard.

Les interruptions se répètent souvent pendant la journée; tantôt le cordonnier devra prendre lui-même soin du ménage; la présence des enfants et de la femme à l'atelier, la visite de camarades seront des causes continuelles de distraction ; le repassage des outils, les courses chez le patron, qu'il fera généralement lui-même, feront perdre bien du temps et viendront écourter sensiblement la journée utile.

En outre, il aura presque toujours ses moments de repos régulier à 8 heures, à midi et à 4 heures.

Le travail a souvent une durée excessive; parfois, animé de fort bonnes intentions, l'ouvrier ne cherche qu'à rendre sa production plus forte et son salaire plus élevé, mais souvent c'est à d'autres causes qu'il faut attribuer son activité qui se prolonge pendant plusieurs heures de la nuit.

Il est très rare qu un cordonnier travaille le lundi et le samedi après-midi ; le travail lui est généralement fourni en quantité suffisante ; si, pendant un jour, parfois même plusieurs jours de la semaine, sa besogne le retient occupé plus tard que de coutume, c'est qu'il préférera demander à la nuit les heures que pendant une journée et demie il voudra consacrer au loisir ou au plaisir.

Il y a là un mode d'organisation totalement défectueux dont l'ouvrier ne semble pas ou ne veut pas se rendre compte.

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