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CONCENTRATION

Les liquides précédents sont clarifiés par repos dans des bassins circulaires. On les siphonne et on les concentre dans une série de chaudières. Dans les unes, dites chau dières faibles C^), on ne concentre que jusqu'à la densité de 1,18 (22<> Baume); dans les autres, dites chaudières fortes, on les amène jusqu'à 38° Baume. Ces dernières sont recouvertes de toits mobiles en tôle qui arrêtent les projections.

Dans les chaudières fortes, il se sépare du carbonate, du sulfate et du chlorure de sodium qui entraînent un peu de soude. On pêche ces sels qui renferment en moyenne :

(1) Us reaferment ea moyenne : C03Ga, 44 — Ga0,3,0 — Na20, 0,75 — II2O,50 — matières étrangères 2,25. On emploie de 600 à 1,000 kilogrammes de chaux à 92 0/0 poai' produire une tonne de soude à 70 0/0.

(2) Ces chaudières sont souvent chauffées par des chaleurs pcrduee.

Eau 30

Sulfate de soade 27

Sulfite et hyposulfite 3

lusoluble 1

Sulfure de sodium 0,10

Chlorure — M

Carbouate de soude 23,0

Hydrate 9,0

et on les emploie dans le mélange pour soude.

On obtient environ 200 à 250 kilogrammes de ces sels par tonne de soude produite.

Les liquides, séparés, sont abandonnés à la clariGcatioD; ils fournissent un dépôt qui, selon M. Davis, a la composition suivante :

Insoluble 1,143

Sulfure de sodium traces

HvposulÛte 0,316

SÙlÛte 2,734

Sulfate de soude 9,768

Chlorure de sodium 37,674

Silicate et alumiaate traces

Carbonate 15,052

Hydrate 13,440

Eau 19,875

Après quoi on les envoie dans des cbaudrons hémisphériques en fonte ayant de 50 à 75 millimètres d'épaisseur au fond. Ils sont chauffés par des foyers, de Taction directe desquels ils sont protégés par une petite voûte. Ces chaudrons reposent sur une plaque de fonte ; on doit les tourner de temps à autre pour avoir une égale usure en tous les points. Ils sont fermés par un couvercle en tôle, suspendu à une poulie et muni d'une porte par laquelle se fait l'introduction du nitrate. L'ébuUition étant obtenue, on y ajoute peu à peu, par cuiller d*un kilogramme, le nitrate de soude ^^). 11 ne tarde pas à se produire des écumes que Ton

(1) Souvent on commence à ajouter le nitrate dans les chaudières fortes. Avec de bonnes lessives oo. n^ dé^^ase guère c^ue 18 à 20 kilogrammes de nitrate par lonTie Ae soMd^ ^xc^ôlxvvv».

mlève. Lorsque Ton a atteint la température de 300 à 360^, ;out l'hyposulûte est transformé en sulfite dont une partie insoluble est séparée mécaniquement. Quand un essai démontre Tabsence de sulfures dans la masse, on abaisse le couvercle du chaudron et on active le feu. En même temps qu'on produit la fusion ignée de la soude^ on fait arriver dans la masse, de Tair envoyé par des machines soufflantes.

Cet air est amené par des tuyaux qui, au fond de la chaudière, se terminent en pomme d*arrosoir. On oxyde par là tout le sulfite restant. La séparation complète de Toxyde de fer résultant de la décomposition des ferrocyanures s'obtient en maintenant la masse en fusion ignée pendant un temps suffisant. 11 peut arriver que, par suite d'une oxydation trop complète, la soude soit verte, ce qui résulte de la formation de manganate de soude. L'addition d'une petite quantité de soufre ou d'hyposulfite^ à la soude en fusion, détruit cette coloration.

Il ne reste plus qu'à introduire la soude dans des tambours en tôle mince, ce qui s'efîéctue en la coulant lentement, au moyen d'une cuiller, dans une rigole en tôle formant entonnoir au-dessus du tambour.

A Salindres, on obtient la soude en plaques par l'emploi d'un appareil dû à M. Boulouvard et qui consiste en deux cylindres refroidis par un courant d'eau intérieur; ils tournent en sens contraire et solidifient la soude liquide qui passe entre eux.

2o Avec les eaux rouges.

Les eaux-mères sont des liquides à composition aussi complexe que variable, riches en sels de soude et notamment en carbonate, hydrate, sulfate, sulfite et chlorure. L'analyse suivante exprime la composition des lessives rouges obtenues chez M. Muspratt aud Sons ; elles proviennent des lessives ))rui^dont noua avons donné la coxt\^o«,\N\çiXv ^.^^^.

Composition en grammes par litre.

Carbonate de soude 181.790

Hydrate de soude 107.520

Chlorure de sodium 26.413

Sulfate de soude 11.S09

Sulfite de soude 5.603

Hjposulfîte de sonde 6.085

Sulfure de sodium 8.424

Sulfate de soude total A 4.888

FerrocTanure de sodium 2.280

Silice, alumine, oxyde de fer 6.700

Ces liquides convenablement clariGés sont concentrés jus- | qu'à ce qu'ils marquent 38 à 39® Baume. On laisse refroidir et on pèche les sels. On concentre alors jusqu'à obtenir une solution marquant 46** Baume. A 140® Thyposulfite de soude t*) existant primordialement, aussi bien que celui qui se forme par Toxydation, sousTaclion de Tair, du sulfure de sodium, se décompose en sulfure et sulfite de sodium ; on ajoute peu à peu du nitrate de soude (l'iO à 150 kilogrammes par tonne de soude) et on continue à évaporer et à pêcher les sels jusqu'à ce que les solutions marquent 56° B. Ces liquides abandonnés au refroidissement laissent déposer une partie des sels qu'ils renferment. Après clarification, on les fait passer dans des chaudrons où ils sont concentrés jusqu'à ce que TébuUition cesse. Dans la dernière phase de celle opération il se produit un dégagement d'abondantes vapeurs d'ammoniac. On obtient ainsi une soude plus ou moins jaune titrant environ 70 0/0 et renfermant, à côté de l'oxyde de fer, environ 5 0/0 de carbonate, 7 de chlorure, 2 de sulfate et 15 d'eau.

(I) Pour plus de délaila aut Von^datloti i;jar les nitrate», voyeï h travail de M. Lunge, Moniteur scienti|îquftQuesn»Ta\\UA'«^v,\Âv\.

Rendements, prix de revient et composition des soudes

caustiques.

Les lessives brutes rendent en moyenne 54 à 57 de soude lustique à 95°, pour 100 de sulfale (dans ce rendement sont 3mpris les dépôts qui représentent 9 à 1 1 0/0 de la soude 1 anche.

On abaisse le titre de la soude au moyen de 15 à 16 0/0 e sel et on emploie pour l'oxydation 2,5 à 30/0 de nitrate.

Les dépenses se répartissent comme suit d) :

Dépense de combustible.

:harbon de mélange pour la soude brate. . i.OOO kilogrammes

— pour le foyer 2.000 —

— pour les chaudières déconcentration 2.000 —

— pour le chaudron 1.000 —

— pour la machine à vapeur .... 500 —

Prix de revient de la soude à 95o pour i.OOO kilogrammes.

kilog. fr. fp.

louille 6.500 à 8,75 la tonne 56,87

;ulfate 1.850 à 81,25 — 150,30

îalcaire 1.100 à 8,30 — 9,13

ihaux 550 à 25,00 — 13,75

lel 150 à 16,65 — 2,50

ïitrate 18 à 346,66 -^ 6,25

!ain-d'œuvre 60,00

îau 1,85

emballage. 20,00

Chargement et frais de magasin 18,75

«"rais généraux 6,25

ntérêt du capital et assurances 20,00

Total. . . 335,65 {i) D'après M. Morisiou.

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