‹ L'Industrie de la soudeChapitre 19 sur 134 · II. — Emploi des oxydes métalliques · texte numérisé non relu

II. — Emploi des oxydes métalliques

1°. Par l*oxi/de de chrome et la vapeur d*eau, — L'action de la vapeur d'eau et de l'oxyde de chrome sur le sel marin donne lieu à la formation de bichromate de soude et d'acide chlorhydrique suivant Téquation

2NaGl + Cr203 + H^O + 30 zz Na^CrSO^ + 2HC1

Le bichromate formé donne, par calcination avec du charbon, du carbonate de soude et de l'oxyde de chrome

Na2Gr207 -f 2G =z Na2G03 + Gr203 + GO

2Na2Gr207 + 3G = 2Na2C03 + 2GrW + CO2

Dans son brevet du 6 mars 1867, M. Kessler décrit de la façon suivante la façon d'opérer :

On mélange le sel marin avec de l'oxyde de chrome, du

fer chromé ou du chromate de plomb. Oq- ajoute ou non à ce mélange du bioxyde de manganèse et on le porte au rouge en même temps qu'on le soumet à Taction de la vapeur d'eau surchauffée.

Lorsque la réaclion est achevée, on laisse la masse revenir à la température extérieure, on la mélange avec du charbon et on chauffe au rouge sombre. On épuise la masse refroidie, par Teau; le carbonate de soude entre en dissolulion et il reste de l'oxyde de chrome qui rentre en fabrication.

Dans leur brevet du 17 février 1872, MM. Robinson et Hargreaves proposent d'employer, comme oxyde de chrome^ le produit qu'on obtient en réduisant par un courant d hydrogène les chromâtes alcalins, sous produits de la fabrication du chlore.

20 Par l'alumine. — On a cherché à utiliser la propriété que possède l'alumine de donner avec les bases puissantes des aluminates alcalins dont la solution aqueuse est décomposée par le passage d*un courant d'acide carbonique, avec fornialion de carbonate alcalin et d'alumine. A cet effet, M. Tiighmann a proposé l'emploi d'alumine obtenue par la calcination du sulfate d'alumine. On place cet oxyde dans des cylindres en terre réfractaire qu'on chauffe au blanc ; on y fait arriver en même temps : 1° un mélange de vapeur d'eau . et de chlorure de sodium produit par l'action de la vapeur d'eau surchauffée sur du sel en fusion ; 2** un autre jet de vapeur d'eau surchauffée. Dans ces conditions, une partie du chlorure de sodium est décomposée.

A1203 + 6NaCl +3H20 — Na6Al20« + 6HG1

Le liquide, résultant du lessivage de la masse, abandonne, sous l'influence d'un courant d'acide carbonique, l'alumine qu'il renferme, mais, comme la réaction est loin de s'accomplir intégralement, les cristaux sont très im-

IIalpuen. — La Soude. 4

purs. L*alumine obtenue rentre dans le traitement. Au lieu d'opérer la décomposition par Tacide carbonique, on i:^^ peut employer la chaux :

Na^APOe + 3Ga (0H)2 =: Ga3A1206 + 6NaOH

3o Par V oxyde de plomb. — Scheele ayant indiqué que la filtration d'une solution de sel marin sur des couches de litharge donnait naissance à de la soude caustique et à de Toxychlorure de plomb,

2NaCl 4- 2PbO + H20 zz: 2NaOH 4- (PbCl)20

un certain nombre de savants et d'industriels firent des essais en vue d'utiliser cette réaction pour la production de la soude. Ghaptal qui fabriqua en France de la soude par ce procédé, décrit de la façon suivante son mode opératoire :

On prend 400 parties de litharge tamisée qu'on répartit par portions ép^ales dans des terrines en grès ; on dissout en même temps 100 parties de sel marin dans 400 parties d'eau. On verse le quart de cette solution dans les terrines, pour former une pâte avec la litharge.

Dès qu'on s'aperçoit que la litharge commence à blanchir, ce qui arrive quelques heures après que le mélange est fait, on remue la pâte avec une spatule et on y ajoute peu à peu le reste de la solution de sel. Sans cette précaution, la pâte durcit, s'épaissit et la décomposition est imparfaite. Lorsque la solution saline ne suffît pas, on emploie Teau pure vers la fin de l'opération. Si l'opération a été bien conduite, la décomposition se fait dans les vingt-quatre heures et le résultat est alors une pâte homogène, sans grumeaux, dont le volume est bien plus considérable que celui de Teau et de la litharge employées. Pour obtenir un résultat plus complet, on laisse la pâte vingt-quatre heures de plus dans les terrines. La soude, séparée de Tacide muriatigue gui s'est uni au plomb, est à l'état caustique. On la

^^pareen versant de Teau bouillante sur la pâte et en agitant ^uvenablement le mélange. Cette opération devient plus économique par le parti qu'on peut tirer du muriate de plomb. Chaptal dut lui-même renoncer à ce mode de fabrication qui fut heureusement modifié par M. Bachet par Tintroductiondansle mélange de chaux hydratée. Le liquide résultant de l'épuisement aqueux de la masse était, en outre, filtré sur un lit de chaux aQn de séparer le plomb qu'il tenait en solution.

Plus récemment, le même auteur dans son brevet français du 25 janvier 1872, donne les indications suivantes :

On fait bouillir Poxyde de plomb avec de l'eau et on y ajoute une dissolution aqueuse et bouillante de sel marin. On brasse bien la masse de façon à obtenir une réaction rapide. On arrête alors l'ébuUition et Ton sépare, par décantation, le liquide clair du précipité d'oxychlorure de plomb qui s'est rassemblé. On emploie ce liquide comme eau salée pour traiter de nouvelles quantités d'oxyde de plomb, jusqu'à ce que la liqueur se soit suffisamment enrichie en soude. On la soumet alors à l'action d'un courant d'acide carbonique qui en sépare tout le plomb. On décante, on sature la liqueur de chlorure de sodium et on continue Taffusion de gaz carbonique qui précipite la soude à l'état de bicarbonate qu'on lave et calcine pour le transformer en carbonate neutre.

Quant au précipité d'oxychlorure de plomb, on le brasse à plusieurs rejirises avec de Teau de chaux en en séparant chaque fois le liquide par décantation, et Ton termine en faisant tomber peu à peu le précipité dans une solution bouillante de chaux. Les liquides calciques décantés donnent, sous l'action du gaz carbonique, un précipité formé d'un mélange de carbonates de chaux et de plomb que l'on calcine pour le transformer en chaux et oxyde de plomb qui, par lessivage à l'eau bouillante, fournit de l'eau de chaux et de l'oxyde de plomb, toutes matières qui rentrent en traitement.

64 cârboxatc de soude

Cîoq ans plus tard. M. Knab proposait de régénérer le plr^mb contenu d:àns roxychlorure en le traitant par du carbonate d'ammoniaque de façon à former du carbonale ] de plomb et du chlorhydrate d'ammoniaque. Le premier de ce> c<>rps reproduit, par calcination. de l'oxyde de plomb, tandis que le second, traité par Toxyde manganeux, dégage son ammoniaque qui. combinéeàracidecarbonique, reproduit le carlx^nate d'ammoniaque employé précédemment. Quant à la solution de chlomre de manganèse elle fournit, par évapor^tion et calcination, du chlore et de Toxyde manganique. Cet oxyde manganique chaulTé avec du soufre donne de l'acide sulfureux et r^énère le protoxyde de manganèse employé dans les opérations précédentes.

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