V. — Emploi des acides minéraux
1* Par Vacide fluorhydrique. — M. Weldon a préconisé remploi de Tacide fluorhydrique pour décomposer le sel marin et former du fluorure de sodium qu'un traitement à la chaux ou au calcaire transforme, suivant le cas, en soude caustique ou carbonate de soude avec production de fluorure de calcium. Le prix élevé des substances nécessaires rend ce procédé peu pratique.
2* Par Vacide fluosilicique, — L'idée de mettre à profit l'insolubilité des fluosiîicates de soude est due à MM. Spilsbury et Maugham. Le procédé consiste à préparer une solution d'acide fluosilicique pesant de 5 à 8° Baume, par lacalcination de briquettes composées de fluorure de calcium, d'alumine, de silice et de charbon. On peut, comme l'ont proposé MM. Tessié du Motay et Karcher, employer pour 11 équivalents de silice 18 équivalents de fluorure de calcium, 30 équivalents de carbone et 4 à 5 parties de terre alumineuse.
La charge dégage par la chaleur d'abondantes vapeurs fie fluorure de silicium qui s'échappent par le gueulard et traversent des chambres de condensation où elles rencontrent de l'eau divisée circulant en sens inverse et au contact de laquelle elles se décomposent en silice gélatineuse et acide fluosilicique qui reste en dissolution.
A 100 litres f^e cette solution d'acide fluosilicique, on ajoute environ 5 kilogrammes de sel marin qui provoque la formation d'un précipité gélatineux de fluosilicate de soude, tandis que Je chlore du chlorure de soà\wit\, ^^^^\^ VK^NaN.
d'acide chlorhydrique, reste en solution. Le précipité est séparé et séché, après quoi on le calcine en vase clos. Il se décompose alors en fluorure de silicium volatil que Von condense à nouveau dans Teau et il reste du fluorure de sodium qui, par ébullition avec de la chaux hydratée, se transforme en fluorure de calcium et en soude caustique. La chaui peut d ailleurs être remplacée, dans cette réaction, par du calcaire.
Ce procédé n'a pu entrer dans la pratique à cause de la formation presque inévitable d'acide fluorhydrique qui corrode les appareils. Déplus, les réactions sont incomplètes et les condensations par l'eau présentent des difficultés. Les précipités gélatineux se lavent malaisément et Tacide chlorhydrique obtenu est si étendu qu'il n'est pas commercial.
3" Par Vacide borique, — En 1848, M. Bœhme fit connaître que l'acide borique hydraté décomposait le sel maria sous l'influence de la vapeur d'eau. Quelques années plus tard, M. Margueritte brevetait ce procédé, que le prix élevé de Tacide borique rend peu pratique.
4» Par la silice, — La production de la soude aux dépens du chlorure de sodium, de la silice et de la vapeur d'eau, fut préconisée, en 1809, par Guay-Lussac et Thénard qui proposaient soit de décomposer par la chaux le silicate produit, de façon à le transformer en soude caustique et silicate de chaux, soit à le soumettre à l'action de l'acide carbonique qui le décompose avec production de carbonate de soude et de silice gélatineuse.
Malgré les essais tentés en Angleterre par divers auteurs et notamment par M. Gossage pour utiliser cette réaction, le procédé n'a pu entrer dans la pratique à cause du prix de revient élevé des produits fabriqués.