LESSIVAGE DES PAINS DE SOUDE
V Action de la chaux caustique sur le carbonate de soude avec production d'acali libre et de carbonate de chaux .
2» Action du sulfure de calcium sur le carbonate de soude avec production de sulfure de sodium et de carbonate de chaux.
3* Partes d'alcali d'autaut plus considérables que le calcaire entrait en plus fortes proportions dans le mélange. Cette perte résulte, suivant les observations de M. Scheurer- Kestner, de la formation, pendant le lessivage, d'un sel double de calcium et de sodium qui reste dans les marcs sous forme de gay-lussite (carbonate double de soude), répondant à la composition :
Carbonate de soude 35,8
— chaux 33,8
Eau 30,4
La liqueur résultant du lessivage est colorée en vert par Suite de la présence d'un sulfure double de fer et de sodium Soluble; par exposition à l'air, elle abandonne, sous forme de dépôt, du sulfure noir de fer, qui retient du sulfure de sodium. La théorie (*) et la pratique ont appris depuis nombre d'années que, pour bien travailler, le fal3ricant doit s'attacher à lessiver rapidement la soude, afin de produire moins de sulfure de sodium et plus de carbonate de soude; or, pour extraire tout le carbonate de soude, il est nécessaire de lessiver complètemeat la masse. Daas ces conditioas, l'épuisement complet et rapide ne peut être effectué que par l'emploi de l'eau chaude et Toq obtiendrait par là de bons résultats si l'accroissement de température n'avait pour effet d'accroître la proportion de soude caustique. On se trouve donc limité par ces conditions : lessiver complètement avec le moins de temps et la moins grande élé-
(1) Voir à ce sujet le travail de M. Kolb {Annales de Physique et de Chimie, 1866 [4j, VllI, p. 135).
*i64 LA SOUDE PAR LE PROCÉDÉ LEBLANC
vation de température possible. En pratique, l'on a adopté un terme moyen; on abandonne quelquefois la masse pendant trois à cinq jours à l'air pour permettre à la chaux de s'hydrater partiellement, ce qui facilite le travail, puis on effectue le lessivage méthodiquement avec de Teau à 35* 40** centigrades. L'opération se faisait autrefois dans une série de cuves disposées en gradins. La plus élevée renfermait une soude ayant été lessivée un certain nombre de fois, et presque épuisée, tandis que la dernière était chargée avec la soude brute telle qu elle. L'eau pure arrivait dans la cuve supérieure et s'écoulait naturellement dans les cuves inférieures. Le dispositif était tel qu'au fur et à mesure de leur saturation progressive, les liquides rencontraient une substance toujours plus riche en soude, ce qui permettait d'obtenir régulièrement des lessives concentrées^ qu'on recueillait en bas de la cuve inférieure.
APPAREIL DE M. DESORMES
Avec une semblable installation, il fallait remonter la soude brute incomplètement épuisée, des cuves inférieures dans les supérieures et il en résultait un tassement de la masse qui rendait difficile l'opération, du lessivage. C'est pour parer à cet inconvénient que M. Clément Desormes a proposé d'introduire la soude dans des paniers percés qu'on immergeait dans un système de cuves semblable à celui que nous venons de décrire.
Le transport de la soude d'une cuve inférieure dans la supérieure s'obtenait aisément par le transport du panier qui la renfermait. On peut reprocher au système de M. Desormes deux inconvénients : en premier lieu il ne résout que très incomplètement les difficultés qu'il avait pour but de