‹ L'industrie de la teintureChapitre 11 sur 179 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

LIBRAIRIE J. -B. BAILLIÈRE et FILS

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INTRODUCTION

La teinture est 1 art de colorer, d’une façon plus ou moins durable, les fibres textiles en fixant à leur surface une ou plusieurs matières colorantes et, en faisant varier leur nombre, leur nature, les proportions dans lesquelles on les emploie, les procédés d’application, d'obtenir et de reproduire au besoin cette infinité de nuances que possède aujourd’hui la palette du teinturier.

Les fibres, avant d’arriver à former des fils et ultérieu rement des tissus, subissent de nombreux traitements qui les amènent successivement à prendre un grand nombre de formes.

On conçoit donc qu’on puisse les soumettre aux opérations de la teinture quand elles se trouvent à l’un de ces états intermédiaires, et, pour fixer les idées sur la nature de ces transformations, nous prendrons comme exemple la filature et le tissage du coton.

Le coton sortant de la balle passe d’abord d l'ouvreuse , qui divise la masse, fortement comprimée lors de l’emballage, en flocons légers et élimine en partie les poussières et les matières étrangères qu’il contient.

Tassai1 t, Teinture

INTRODUCTION

Le batteur , tout en continuant le nettoyage, dispose ensuite le coton en une nappe régulière, rendue consistante par la pression, qui est, au sortir de la machine, enroulée sur un mandrin servant à la transporter aux cardes.

Celles-ci, après avoir détruit les nappes, en reforment de nouvelles, où les fibres sont orientées parallèlement, elles les transforment ensuite en ruban en les obligeant, par l’action de rouleaux d’appel, faisant également office de rouleaux presseurs, à passer au travers d’un entonnoir.

On pourrait, en étirant ces rubans et en leur donnant une torsion convenable, obtenir des fils ; mais, afin d’avoir une homogénéité plus complète et une constance de diamètre plus assurée, on double ces rubans (en en associant deux ou plusieurs) en même temps qu’on leur fait subir un étirage variable suivant les besoins. Les bancs d’étirage sont chargés de cette partie du travail.

Les bancs- broches continuent ensuite à étirer les brins en leur donnant en même temps une légère torsion, nécessaire pour que les mèches obtenues, qui n’ont plus qu’un faible diamètre, aient une résistance suffisante et qu’elles ne viennent pas à se rompre sous le plus léger effort.

Suivant la finesse du fil que l’on désire fabriquer, les rubans doivent passer par trois ou quatre bancs broches.

Pour les fils très fins on soumet ensuite les mèches au peignage afin d’enlever les boutons qui nuiraient à la régularité du fil.

Le filage est enfin terminé par les métiers à filer qui achèvent l’étirage et complètent la torsion pour livrer le fil en bobine prêt à être employé.

INTRODUCTION

Viennent ensuite les opérations du tissage pour les fils qui doivent former les tissus.

Un tissu résulte de V entrecroisement de deux séries de fils qui se rencontrent d angle droit.

On appelle fils de chaîne ceux qui sont parallèles à la longueur de la pièce et fils de trame ceux qui sont disposés perpendiculairement à ceux-ci, c’est-à-dire suivant la largeur de la pièce.

Comme il arrive souvent que les fils de chaîne, toujours fortement tordus, ont des tendances à vriller, on y obvie en les humectant légèrement par un jet de vapeur arrivant dans une caisse hermétiquement fermée où l’on a disposé les bobines.

On procède ensuite au bobinage , c’est-à-dire à l’enroulement du fil sur des bobines ou roquets en bois, tout en réglant convenablement la tension par un passage sur une brosse ou une règle garnie de drap.

Les bobines, en nombre égal à celui des fils de chaîne que comporte le tissu à exécuter, sont enfilées sur des axes supportés par un râtelier. On enroule alors tous ces fils parallèlement sur un tambour, ce qui constitue l’ourdissage.

La chaîne ainsi préparée est enduite d’un parement de substances gommeuses, tellesque fécule, gomme, gélatine, pour lui permettre de supporter plus facilement les opérations du tissage sans s’érailler.

On la dispose après ce traitement sur le métier à tisser et on la garnit de trame à l’aide d’une navette qui, lancée vigoureusement par la machine, passe entre les fils de la chaîne que le métier à tisser divise en deux ou plusieurs groupes qu’il soulève et abaisse alternativement.

INTRODUCTION

Les différentes étapes par lesquelles les fibres sont obligées de passer avant d’arriver à l’état de tissu sont les suivantes :

Substance brute,

Nappe de batteur,

Ruban de carde,

Ruban d’étirage,

Mèche de banc-broche,

Fil simple en retors en bobines,

Nappe d’ourdissage,

Tissu .

On pourrait donc opérer la teinture sur l’une quelconque de ces formes, mais pratiquement on ne traite d’une façon sérieuse que la matière brute, les rubans de peignage (surtout pour la laine), les fils sous forme d’écheveaux et les tissus.

Gomme nous l’avons vu, la filature délivre les fils en bobines et les procédés ordinaires de teinture demandent des écheveaux ; afin d’éviter les frais de dévidage on a essayé de teindre en bobine, mais jusqu’ici sans succès bien certain.

Enfin, si l’on est souvent libre de choisir l’état dans lequel on veut teindre la fibre, il y a des cas où cet état s’impose d’après les effets décoratifs qu’on désire obtenir. Si un tissu par exemple comporte des dessins de diverses couleurs, il est de toute nécessité de procéder à la teinture avant le tissage ou même avant filature, si l’on doit employer des fils composés de fibres teintes en nuances différentes.

L’INDUSTRIE

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