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CHAPITRE II

On doit, dans la teinture des laines, se préoccuper, plus sérieusement qu’on ne le fait ordinairement pour le coton, d’obtenir pour la matière à teindre le même reflet que pour l'échantillon. Et si, pour les lainages légers, on tolère encore quelques écarts, il n’en est plus de même pour les articles de draperie qui demandent à être traités avec les soins les plus minutieux.

Il y a encore pour les draps d’autres écueils à éviter, ceux-ci sont le plus souvent soumis à un foulage énergique et si la teinture est faite avant ce traitement, il faut tenir compte des changements qui se produisent lors de cette opération, que l’on teigne la laine brute, filée, ou tissée.

En principe les nuances de draperie sont grand teint, mais quelque solides qu'elles soient, il n’en est pas qui résistent d’une façon absolue au foulage.

Gela oblige les industriels qui s’occupent de cet article à avoir dans leurs collections deux genres d’échantillons, l’échantillon tel qu’il sort après teinture et une portion de cet échantillon soumise au foulage.

Oi>compare la nuance demandée aux échantillons foulés et on traite la matière à teindre de façon à obtenir la nuance de l’échantillon avant foulage ; ce qui ne dispense pas de fouler une partie de la laine qu’on vient de teindre afin de s’assurer que le résultat désiré a bien été atteint.

Certains industriels plus méticuleux vont jusqu’à garder des échantillons prélevés après chaque traitement important que la laine subit pour passer de la forme brute à son état définitif de tissu teint foulé et apprêté, de façon à pouvoir reproduire identiquement avec les mêmes qualités de laine et les mêmes procédés tous les articles sortis de leurs ateliers.

Lorqu’on teint les laines filées pour les articles nouveautés, c’est-à-dire pour les petits draps tissés avec des laines de différentes nuances, il faut surtout éviter d’employer des matières colorantes pouvant rappliquer, c’està-dire tacher les laines voisines, ce qui produit des accidents toujours déplorables et auxquels il est difficile de remédier.

Il faut enfin dans tous les cas tenir compte des effets probables des différentes opérations de l’apprêt.

Bien qu’en principe toutes les matières colorantes qui tirent de la même façon puissent être mélangées dans le même bain de teinture, il y a encore à faire choix de celles qui donnent les meilleurs résultats ; ainsi, les sulfos de matières colorantes basiques (fuchsine acide, vert sulfo, etc.) peuvent se mélanger avec les azoïques sulfonés (ponceaux, orangés, etc.), mais les résultats ne sont pas toujours satisfaisants.

Aussi dans la teinture des olives avec les orangés et le

vert sulfo arrive-t-il souvent qu'on obtient des nuances piquées. Si l’on examine les fibres ainsi teintes au microscope, on en voit qui n’ont pris presque que de l'orangé, tandis que d’autres sont entièrement teintes en vert. Ce qui semble indiquer une différence d’affinité dont il serait assez difficile d’apprécier les causes.

Du reste les fibres de laine ne se teignent pas d’une façon continue, et, en examinant des fibres teintes en fuchsine A qui semble cependant donner des nuances bien uniformes, on constate de notables différences d’intensité dans les différentes portions d’une même fibre.

Lorsqu’on compare la laine teinte à l’échantillon qu’on se propose de reproduire, il suffit de l’exprimer fortement sans qu’il soit nécessaire de la sécher, le séchage n’apportant pas un grand changement dans l’aspect de la nuance.

Pour les tissus on tord fortement une lisière (échantillonnage à la torse) ou l’on découpe vers l’un des chefs de pièce un petit morceau que l’on exprime fortement en le tordant dans un torchon.

Dans la teinture des nuances claires il faut toujours avoir la précaution de faire le bain afin d’avoir une nuance bien unie et bien tranchée. Pour cela on monte le bain avec les mordants et les colorants jugés nécessaires à la production de la nuance qu’on veut obtenir et on entre un poids de laine, pour noir ou pour nuance foncée, à peu près égal à celui qu’on doit teindre,

La laine qu’on emploie ainsi pour faire le bain devant, autant que possible, demander pour sa teinture l’emploi des mômes matières colorantes.

Ou fait bouillir jusqu’à ce que le bain soit limpide et on

enlève la laine qu’on met de côté pour la teindre ultérieurement.

On recharge alors le bain en modifiant les proportions de mordant et de matières colorantes suivant les indications que fournit la teinte qu’à prise la laine employée à faire le bain et on teint la laine pour nuance claire.

Quand une nuance est trop foncée pour un échantillon donné, on met dans la cuve où s’opère la teinture à côté de chaque pièce à teindre une pièce blanche pour nuance foncée, ou, s’il s’agit de laine filée, on intercale entre les bâtons portant la laine en teinture d’autres bâtons portant de la laine blanche, et l’on continue à chauffer. Une grande partie des matières colorantes se fixe sur la laine blanche et fait ainsi descendre la nuance des autres laines.

Si dans ces conditions on ne peut arriver à dégrader suffisamment la laine teinte, on lâche le bain et on fait un bain neuf dans lequel les nuances se démontrent plus facilement.

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