CHAPITRE III
Mordançage du coton.
Bien que l’efficacité des mordants de chrome fût connue depuis longtemps, ce n’est que récemment que leur application a pris dans la teinture du coton une certaine extension. Ce mordant est en effet difficile à fixer sur cette fibre d’une façon uniforme.
Le bichromate de potassium est le sel le plus employé dans la teinture du coton, mais cela plutôt à cause de ses propriétés oxydantes que pour mordancer en fixant de l’oxyde de chrome.
Dans la teinture en brun au cachou, après avoir passé le coton dans une dissolution de la substance colorante, on le passe dans un bain contenant du bichromate de potassium de température et de concentration variables suivant les résultats à obtenir. L’oxydation insolubilise la catécbine sur la fibre en la transformant en acide japonique brun foncé. En même temps une faible quantité
d’oxyde de chrome se dépose sur la fibre et peut fonctionner comme mordant permettant dans les teintures subséquentes ayant pour' but de varier la nuance due au cachou par l’emploi d’autres substances tinctoriales.
Le bichromate de potassium s’emploie également dans la teinture au campèche, aussi dans les nuances dites mode, dans lesquelles on emploie les extraits de bois où l’on met souvent le bichromate de potassium dans le bain de teinture.
Lorsqu’on veut réellement mordancer la coton par un dépôt à la surface des fibres d’oxyde de chrome on peut avoir recours à l’une des méthodes suivantes :
1° Après avoir imprégné le coton de la solution du sel de chrome on détermine la précipitation de 1 oxyde par un passage dans un bain bouillant de carbonate de soude.
Les sulfates basiques de chrome donnent dans ce cas de bons résultats en les employant dans le premier bain.
2° On imprègne le coton d’acétate de chrome contenant delà glycérine et on l’expose ensuite à l’air ou dans une étuve. L’acétate de chrome se décompose uniformément grâce à la glycérine qui ralentit la dessiccation
3° Enfin par un passage dans un mordant alcalin 1 de chrome, le coton se mordance d’une façon assez satisfaisante.
Mordançage de la laine.
Le bichromate de potassium est de beaucoup le sel le plus employé pour le mordançage de la laine. On fait
1 Voir la préparation de ces mordants dans notre premier volume: £es Matières ço lovantes Çt la çhimie de la teinture, p. 24 o.
bouillir d’une heure à deux heures la matière brute, les fils ou les tissus, dans un bain monté à raison de 2 à 4 pour 100 de bichromate de potassium (du poids delà laine à teindre).
Il faut avoir soin, une fois le mordançage terminé, de ne pas laisser la laine exposée à la lumière, sans quoi on pourrait avoir des inégalités de teintes.
En rendant le bain légèrement acide par l’acide sulfurique, le pouvoir mordançant est un peu augmenté.
On peut également mettre dans le bain de l’acide tartrique ou de l’acide oxalique, mais dans ce cas la réduction de l’acide chromique s’effectue rapidement et la laine prend une teinte verte.
On emploie également l’alun de chrome pour le mordançage de la laine concurremment avec la crème de tartre.
Les autres sels ne sont que peu ou point employés.
Il nous semble superflu d’ajouter qu’en aucun cas on ne doit employer de mordants alcalins.
Mordançage de la soie.
On procède de la même façon que pour la laine.