‹ L'industrie de la teintureChapitre 81 sur 179 · SECOND GROUPE · texte numérisé non relu

SECOND GROUPE

Ces matières colorantes sont généralement peu employées pour la teinture du coton; car, même par l’inter vention des mordants, on n’arrive pas à les fixer d’une façon satisfaisante.

Ces matières colorantes n’ont aucune affinité pour le coton non mordancé, et c’est même là une propriété qu’on peut mettre à contribution pour reconnaître la présence du coton dans un tissu de laine. Il suffit, par exemple, de teindre un morceau de tissu suspect avec du ponceau (2 R), pour voir toutes les fibres végétales (coton ou ra mie) apparaître en blanc sur le fond du tissu de laine teint en rouge.

Laine. — La teinture sur laine se fait sur bain acide. On acidifie le bain par l’acide sulfurique et on ajoute du sulfate de soude.

Les proportions de ccs deux corps sont très variables et chaque contre- maître a des dosages particuliers. On peut cependant dire que les limites extrêmes sont :

D’une part :

Acide sulfurique à 66° B . 1 pour 100 f.

Sulfate de soude en aiguilles S O4 Na2 + 10 II2 0 .2 —

D'autre part :

Acide sulfuri jue

Sulfate de soude

lü pour 100.

1 Du poids de la laine.

148 MATIÈRES COLORANTES AZOIQUES

Le rapport de 1 d’acide sulfurique à 2 de sulfate de soude est le plus employé et on s’en écarte peu.

Il est plus prudent de no pas forcer les propportions et de ne pas dépasser :

Acide sulfurique . 5 pour 100.

Sulfate de soude . 10 —

qui donnent de bons résultats avec presque toutes les matières colorantes.

Pour l’orangé IV, cependant, et pour lesubstitut 3 VN, il est avantageux de mettre le moins d’acide possible; le premier virant facilement au rouge sous son influence et pouvant amener la production d’auréoles rougeâtres dans les plis que forme la pièce quand on la sort de la barque de teinture, si l’on n’a pas le soin de la laver emmèdiatement . Le second donnant des nuances beaucoup plus violacées et beaucoup plus fraîches quand on a le soin de ne mettre dans le bain que juste la quantité nécessaire pour faire monter la matière colorante.

La teinture se conduit de la même façon pour toutes ccs matières colorantes; on entre dans le bain tiède et on manœuvre en élevant peu a peu la température jusqu’au bouillon qu’on maintient une heure environ ; il ne reste plus alors qu’à laver.

Pour la teinture des nuances composées, on préfère souvent entrer au bouillon et le maintenir pendant toute la teinture ; les matières colorantes ne montant pas de la même façon lorsque la température varie, certaines même ne teignent qu’à une température voisine de l’ébullition (vert sulfo-conjugué).

Soie. — La soie se teint sur bain acidifié; l'acidc sul-

MATIÈRES COLORANTES AZOIQUES 149

furiqueest souvent employé à cet usage. Pour les nuances directes, on se dispense assez souvent de mettre dans le bain du savon coupé. Il est bon de ne pas mettre tout l’acide en une seule fois.

Coton. — Quoique les matières colorantes de ce groupe ne se fixent pas facilement sur coton, on en a employé quelques-unes à cet usage (surtout il y a quelques années), car si elles ne résistent pas au savonnage ni même à des lavages un peu énergiques, elles ont l’avantage de ne pas varier sensiblement sous l'action de la lumière, et elles peuvent même être exposées au soleil sans s altérer d une façon trop considérable.

Les coccéincs (crocèines), les ponceaux et les orangés, et surtout les premières, sont celles qu’on a appliquées le plus couramment à l’aide d’un mordançage préalable.

On l'effectue de la façon suivante :

Passer le coton en stannate de soude à 4° B., tordre, passer dans un second bain contenant 2 o poui 100 d alun, tordre ou essorer.

On teint ensuite dans un bain assez concentré (environ 2 grammes de la matière colorante par litie d eau pour les nuances moyennes), on ajoute au bain de teinture 10 pour 100 d’alun.

On entre à froid et on élève peu à peu la température jusqu’à 60°.

Les résultats obtenus sont meilleurs si l’on n’ajoute l’alun au bain que vers le milieu de 1 opération. On tord ensuite et on sèche sans rincer.

Pour les nuances faibles, on peut se contenter de passer le coton dans un bain contenant la matière colorante et 25 pour 100 d’alun.

150 MATIÈUE3 COLORANTES AZOIQUES

Gomme les bains de teinture sont toujours très chargés, il est avantageux de les conserver.

Autre procède. — Passer le coton dans un bain bouillant de savon à 15 pour 100; tordre et passer ensuite en sel d’étain à 5° B.

Teindre ensuite comme il est dit plus haut.

Les meilleurs résultats sont donnés par le mordançage au sulforicinate pour lequel on emploie le procédé suivant.

Passer en terrine pour les filés, au foulard pour les tissus, dans une solution à 10 pour 100 de sulforicinate d’ammoniaque (celui-ci étant à 50 pour 100 d’acide sulforicinique), tordre ou essorer et passer dans un bain d alun du d’acétate d’alumine à 5° B. Teindre dans les mêmes conditions que précédemment.

Le jaune métanile, le jaune N, le jaune A, peuvent teindre assez facilement le coton. Le jaune G. teint même assez bien le coton non mordancé et donne des nuances assez employées quand on teint sur mordant d’alumine.

Page 1