SUCRE IMPORTÉ EN ESPAGNE DE 1850 A 48«J
Etranger
cl Porto-Rico
Philippines
Total
Années
kilogrammes
kilogrammes
kilogrammes
kilogrammes
Comme on le voit par ces chiffres, la perte récente de Cuba, de Porto-Rico, des Philippines place l'Espagne en face de ce dilemme : ou produire du sucre dans la péninsule ou rester tributaire de l'étranger. Les Espagnols ont fait déjà leur choix entre les deux termes de la proposition et nous avons déjà dit qu'ils prétendent non seulement suffire à leur propre consommation, mais encore devenir exportateurs de sucre espagnol. Il s'agit maintenant d'entrer dans le détail de leur efforts et indiquer quelles sont leurs fabriques.
La fabrication du sucrt, si Ton remonte dans le passé, est une industrie d'origine absolument espagnole, que les Arabes trouvèrent établie dans la péninsule quand ils J'envahirept et qu'ils
augmentèrent et perfectionnèrent. On trouve encore des vestiges et des souvenirs de la culture de la canne à sucre et de la fabrication du sucre, non seulement dans les riches campagnes de Motril, de Salobrèna, Almunecar et Vel^Malaga, mais môme dans celles d'Aldra et d'Almeria, dans l'ancien marquisat de Denia^ dans les champs de Gandie et de Castellon, aux environs de Tortosa et à May orque.
Cette industrie était prospère et florissante, quand les Rois catholiques conquirent le royaume de Grenade et quand Cristophe Colomb découvrit l'Amérique ; c'est alors qu'on commença à transporter la culture de la canne à sucre sous des climats encore plus chauds, dans les régions vierges du Nouveau Monde et que, pour protéger les colonies naissantes, pn favorisa la production du sucre colonial par des privilèges.
La culture péninsulaire, déjà atteinte par l'expulsion des Maures et des Juifs, périclita si bien qu'elle était réduite, au milieu du dix-huitième siècle, à une production de trois millions de kilogrammes de sucre. Cette décadence continua jusque dans, la première moitié du dix-neuvième siècle, à cause de la concurrence chaque jour plus grande des fabriques américaines, favorisées par le soleil et le climat, par le travail des esclaves et par les avantages de tous genres concédés par le gouvernement espagnol à ses colonies des Antilles.
Mais des esprits clairvoyants finirent par s'apercevoir des dangers de cet état de choses et, dès 1845, on entreprit en Espagne de grands travaux pour augmenter la culture de la canne à sucre; des capitaux s'engagèrent dans cette industrie et les efforts des Andalous furent couronnés de succès, à tel point qu'en 1858 les douanes des provinces d'Almeria, Grenade et Malaga enregistrèrent 911,120 kilogrammes de sucre ém* barques par le cabotage et que, en 1868, ces sorties s'élevèrent au chiffre de 7.655.200 kilogrammes.
La réforme douanière de 1869 favorisa l'essor de la production du sncre, qui devint bientôt assez importante pour fournir à l'impôt des revenus appréciables.
Mais la culture de la betterave, qui a acquis en peu d'années une extension si énorme en Allemagne, Autriche-Hongrie, France et Russie, fut complètement ignorée dans la péninsule jusqu'en 1882.
A cette époque furent établies deux fabriques de sucre de betteraves , Tune à Cordoue et l'autre à Grenade, mais, jusqu'en 1890, cette industrie passa pour ainsi dire inaperçue des agriculteurs espagnols.
On peut dire que la, période des essais et des expériences prit fin en 1896 et que les brillants résultats obtenus dans les luxuriantes campagnes de Grenade furent là consécration de cette industrie. Dans cette même année, on coinpta dix fabriques installées au sein de cette fertile région de 19.000 hectares arrosée par le Darro et le Genil.
On ne pouvait choisir un lieu ni un moment plus favorables pour entreprendre une nouvelle industrie agricole : aussi le succès ne se fit-il pas attendre. La production du sucre décupla, la superficie des terrains plantés de betteraves passa de 450 hectares à 5 000 hectares.
En 1891, des fabriques de sucre de betteraves s'installent à Malaga, Antequera et Aranjuez ; en 1892 et en 1893, à Almeria, Vicb, Gijon et Sarragosse. Ensuite, nous en voyons so créer d'autres encore à Oviedo, en Aragon et Castille.
Enfin, depuis le traité de Paris (novembre 1898), qui fait passer Cuba, Porto-Rico et les Philippines sous la domination des Etats-Unis, nous assistons à la construction d'une quantité considérable de fabriques et nous voyons des capitalistes importants se constituer en sociétés pour l'exploitation de cette industrie.
Voici la liste complète des fabriques de sucre existant en Espagne et des fabriques en construction : .
FABRIQUES I>E SUCRE DE CANNE (EN ACTIVITÉ) Nûmenclalaro doi Fabriques Villes Provinces