‹ L'industrie et le commerce de l'EspagneChapitre 60 sur 70 · Azucarera de Séville, — Seville Séville · texte numérisé non relu

Azucarera de Séville, — Seville Séville

34. Azucarera dePoveda L*jM Madrfd (capital: 3.000.000 pesetas). — ) Madrid )

Il existe en outre un grand nombre de sociétés en projet pour construire des fabriques à Léon, à Galdas de Reyes, à Cacérès, Badajoz, à Bonar, sur la ligne de la Robla à Valmaseda, etc., etc.

Il s'agit d'expliquer en peu de mots les raisons de l'engouement des Espagnols pour les fabriques de sucre.

La situation de cette industrie est, en effet, en ce moment, des plus prospères et les chiffres que nous avons donnés, au sujet des quantités fabriquées et des quantités consommées, prouvent surabondamment que les demandes de sucre raffiné du marché intérieur sont infiniment supérieures à la production des fabriques espagnoles.

Le prix de vente du sucre est, par conséquent, des plus rémunérateurs : les spécialistes, qui le déclarent au cours actuel de 40°/ o plus cher que sa valeur moyenne, sont unanimes à affirmer que, même à un cours moyen de 110 pesetas les cent kilos, les bénéfices de la vente du raffiné sont encore environ de 50 o/ net sur les frais divers de fabrication et d'achats de betteraves.

Aujourd'hui, le sucre raffiné vaut, en gros, 150 pesetas les 100 kilogrammes et on conçoit, après ce que nous venons de dire plus haut, combien ce cours est alléchant pour les fabricants de sucre et quel stimulant pour la création de nouvelles entreprises.

L'Espagne devant maintenant se consacrer à l'exploitation des richesses naturelles de la péninsule, encourager l'industrie sucrière indigène est un devoir pour tous les hommes d'Etat espagnols, et il est probable qu'aucun n'y manquera. Les nouveaux impôts de M. Villaverde font contribuer le sucre dans une mesure notable, et donneront certainement une source de revenus importants au Trésor public ; mais ils sont conçus dans un esprit assez large pour ne pas mettre d'entraves à cette industrie naissante et les critiques que l'on a faites jusqu'à ce jour ne semblent pas justifiées. D'ailleurs les impôts sont choses qui se modifient très facilement et il est plus que certain que le développement de la fabrication du sucre en Espagne obligera plus tard le gouvernement espagnol à adopter, pour protéger et aider cette branche de l'industrie nationale, des lois économiques et financières spéciales. Il est déjà des politiciens qui réclament des drawbaeks de sortie comme en France et en Allemagne, ce qui est aller un peu vile en besogne.

La culture de la betterave est, à mon avis, appelée à prendre une grande extension en Espagne pour deux raisons : 1° Qu'il y a dans ce pays si favorisé par le climat des étendues immenses de terres délaissées, estimées par les personnes les plus autorisées, environ aux deux cinquièmes de la superficie totale de l'Espagne ; que ces terres pourraient être mises en valeur, grâce à la création de canaux d'arrosages et que le gouvernement ne pourra faire autrement que de céder aux réclamations de plus en plus pressantes de l'opinion publique et viendra en aide tôt ou tard aux initiatives privées que la culture de la betterave va susciter ;

2* Que les betteraves récoltées en Espagne, aussi bien dans les terrains secs que dans les terrains d'arrosage, donnent une

grande quantité de matières sucrées. Cette excellente qualité des betteraves espagnoles est due à la nature des terres exceptionnellement riches et au soleil qui brille en Espagne pendant 3.600 heures par an. Sous ce rapport, l'Espagne est le plus favorisé des Etats de l'Europe, comme le prouve le tableau cidessous :

Page 1