‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 18 sur 84 · ONE · texte numérisé non relu

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sauvages de même taille habitent la Crète, l’île de Chypre, l'Asie Mineure, la Perse, la Transcaucasie, le Pendjab et l'Afghanistan. Les mouflons -du plateau central de l’Asie et de la Sibérie, atteignent, au contraire, les dimensions du cerf. Comment le mouflon a-t-il perdu ses habitudes de grimpeur et est-il devenu le mouton domestique, si différent de lui ? La domestication a suffi pour modifier beaucoup le type primitif, les croisements ont fait le reste. Pour transformer une race de mouton, il faut croiser les brebis de la race que l’on désire transformer avec un bélier de la race que l’on veut obtenir.

D’après les éleveurs australiens, qui ont pratiqué, avec un soin tout particulier, l’amélioration de leurs races, il faut cinq ou six croisements pour la transformation d’une race, et cen’est qu'après trente générations que l’on peut prendre pour bélier un mâle de la race transformée, sans risquer de la voir revenir à son état primitif.

Les deux éléments de revenu que donnent les moutons sont la laine et la viande ; toutefois, en France, dans l'Aveyron et dans une partie du Tarn, le lait des brebis que l’on transforme en fromage de Roquefort est une troisième source très importante de revenus. La qualité de la viande dépend des croisements rationnellement

effectués, mais surtout de l'alimentation. Quant à

la laine c’est uniquement par les croisements que l’on arrive à obtenir des moutons porteurs d’une belle toison. x

La race de mouton qui produit incontestablement la plus belle laine est la race dite mérinos, dont les béliers ont été employés pour améliorer l’espèce ovine dans presque tous les pays. La toison du mérinos couvre à- peu près tout le corps de l’animal, le brin de laine est d’une finesse remarquable, le poids de la toison varie de 3 à 6 kilogrammes. Originaire d'Espagne, où on le trouve dès le quatorzième siècle, le mérinos fut d’abord exporté en Angleterre, puis en Saxe, où il produisit la fameuse race du mérinos électoral, qui est considérée comme donnant une des plus belles laines. Un certain Rouvier fit, sous le premier Empire, entrer en France 80 moutons mérinos qu'il partagea entre lui et l'Empereur, qui lui accorda en échange une grande concession de terrain. Louis X VI en avait déjà importé quelquesuns, qu’il avait placés à Rambouillet, c’est de cette bergerie de Rambouillet que sont sortis plusieurs des béliers qui ont transformé les races australiennes.

Les deux autres races de moutons les plus connues sont deux races anglaises, le dishley et le southdown. La variété dishley est d’origine ger-

manique, elle fut formée, par un éleveur intelli-

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gent Bakewell, versle milieu du dix-huitième siècle, par sélection pure sans croisements et alimentation rationnelle du type primitif. La toison est formée de laine longue, grossière et rude réunie en mèches pointues et pendantes ; la longueur des brins est de 17 à 25 centimètres, le poids de la toison est en moyenne de 4 kilogrammes. La race dishley a joué elle aussi, un rôle très important dans l’amélioration de la race ovine. Elle fut importée en France en 1825, et servit à créer la race dishley-mérinos, très répandue dans certaines régions. Le southdown est surtout un animal de boucherie, sa toison ne pèse en moyenne que 3 kilogrammes, et la laine en est sèche, cassante et de peu de valeur.

L'élevage du mouton peut se pratiquer avec succès partout où l’on dispose d’une vaste étendue de prairies, nihumides, ni sèches, mais plutôt sèches qu'humides. Voici la statistique du nombre des moutons dans le monde en 1894 et 1900 :

1900 4894 ÉULODE RP RES 201.237.547 181.832.000 STORES te Eee 43.632.000 53.402.000 AÎTIQUER REINE 28.957.000 39.750.000 AÉRIQUÉRE e 146.469.000 187.179.000 OCÉANER AREAS 93.811.789 124.846.000 OLAURE METRE 514.137.336 583.009.000 (1)

(1) Rapport du Jury international de l'Exposition de 1900, groupe XIII, 1'e partie, p. 452.

En 1900, les trois pays d'Europe qui avaient les troupeaux de moutons les plus importants, étaient la Russie, avec 44.065.000 têtes ; le Royaume-Uni, 31.054,547 et la France, avec 21.445.000.

D'une façon générale le nombre des moutons tend à décroître ; ainsi, il y avait en France, 36.000.000 de moutons en 1835, et 30 000.000 en 1866; en 1907, il n’y en a plus que17.461.370 (1).

Le troupeau australien, après être passé de 1.000.000 de têtes en 1826 à 158.900.000 têtes en 1871, est tombé à 93.000.000 en 1900. Il s’est relevé à 112.020.000 têtes en 1908. (2)

La laine est la fibre textile qui, mélangée avec des poils, forme la fourrure non seulement du mouton, mais aussi de plusieurs races de chèvres (chèvres d’Angora, du Thivet, etc.) et du lama guanaco. C’est seulement par les croisements que l’on est arrivé à faire disparaître presque complètement de la toison des moutons, le poil ou jarre, qui, chez les moutons sauvages, en formait une partie importante

Vu au microscope, un brin de laine très grossi semble formé par une série de petits cornets rentrant l’un dans l’autre. Si faible que soit le bord

de chaque cornet, il suffit au mariage des brins.

(1) Annuaire statistique, année 1907.

(2) Revue commerciale et industrielle de Mazamet, année

Plus ils sont serrés, plus l’union est complète; ce sont ces cornets, ces .aspérités, qui donnent à la laine son pouvoir feutrant. D’après Girod (de l'Ain), le nombre des petites spires qui forment le frisé de la laine, varie dans une longueur de 27 centièmes de millimètres, de 3 à 38, mais cette variation reste circonserite de 28 à 38, pour les belles laines.

La qualité de la laine dépend surtout de sa finesse. Le diamètre des brins varie de 1 à 10 centièmes de millimètres. La longueur du brin est très variable, elle est inversement proportionnelle à la finesse de la laine; la longueur de la mèche est en général de 5 à 18 centimètres, pour certaines sortes communes, elle peut atteindre 35 centimètres.

Au point de vue chimique, la laine est considérée comme un corps albuminoïde riche en soufre. Elle est surtout constituée par de la kératine dont la formule complexe est C#“H!7Az7SO'". La laine présente un caractère nettement basique, ce qui explique sa grande affinité pour les matières colorantes acides.

La laine, lorsqu'elle n’a subi aucun lavage, est recouverte d’une matière grasse à composition chimique très complexe, c’est le suint. Le suint se compose de trois éléments essentiels : le premier est une matière grasse sécrétée par les glandes

sébacées, le second est le résidu que laisse la.

sueur de l’animal en s’évaporant; ce résidu est chargé de composés potassiques provenant de l'herbe mangée par le mouton; le troisième élément, ce sont les matières terreuses, les poussières venues du dehors. Le deuxième et le troisième élément du suint constituent le suint soluble qui disparait par un simple lavage à l’eau; le premier est une matière grasse, en majeure partie non saponifiable et qui ne peut être enlevée que par les alcalins. La proportion de suint peut varier entre 25 et 60 ‘/, du poids de la laine.

Les principaux pays producteurs de laine du globe sont, par ordre d'importance de production, l'Australie, la République Argentine, les Etats- Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France.

La quantité de laine brute qui, en 1908, a été mise à la disposition de l’industrie du monde, a été évaluée, d’après le rapport de la Commission permanente des valeurs de douane, à 1.039.635.000 kilogrammes. La part des principaux pays produc-

teurs de laine dans ce total, a été la suivante :

kilogrammes.

RAC ONE ER PR ee eee ve 43.000.000 Grande-BrelA nee RE EU RC C0 60.702.000 PNUÉLES DANSE EUTODE NS AT OCR 147.260.000 NDÉTIUeNAUENOTA EN TR EP. 146.319.000 AE UE Dout 0 0. le. (4. +. 208.888.000 AUSITAAS ER R nnnS S4., 2. + 910,305.000 PRÉC TTMOnde re UE ee ur? Le 2,59 7° 123.216.000

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