‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 36 sur 84 · I. — DÉGRAISSAGE · texte numérisé non relu

I. — DÉGRAISSAGE

Le dégraissage de la laine, qui a pour but de débarrasser la laine du suint non soluble à l’eau, peut être effectué au moyen de divers procédés (procédé au sulfure ou au tétrachlorure de carbone, procédé au silicate de soude), mais nous ne nous occuperons que du procédé qui est le seul employé dans le Tarn : le procédé au carbonate de soude et au savon. L'opération s'effectue dans des bacs en tôle, d’une capacité d'environ 1.500 litres. On chauffe, dans ce bac, l’eau à 70 degrés et on y dissout 16 kilogrammes de soude Solvay et 800 grammes de savon. La soude Solvay est employée de préférence à toute autre, parce qu’étant anhydre, elle contient le maximum de produit utilisable sous le plus petit volume. Le savon est, en général, fabriqué par les délaineurs eux-mêmes, en faisant bouillir pendant trois heures 200 litres d’eau contenant 25 kilogrammes de soude en dissolution et 100 kilogrammes d’oléine ; le rôle du savon dans le dégraissage est de former avec les

corps non saponifiables contenus dans la graisse

du suint, et que la soude ne dissout pas, une combinaison basique soluble dans l’eau.

Dans le bain ainsi préparé, on trempe 20 kilogrammes de laine lavée à dos qu’on remue avec une fourche pendant quinze minutes; on la fait ensuite égoutter, puis on la rince dans une laveuse circulaire à chute pendant sept à huit minutes. Après chaque traitement de 20 kilogrammes de laines, on complète le niveau de l’eau dans le bac et on remonte le bain avec 4 kilogrammes de soude et 200 grammes de savon. Après plusieurs mises de laine, on renouvelle l’eau du bac. La laine dégraissée étant ensuite séchée de la

même façon que nous avons vu tout à l'heure.

J. — FMBALLAGE.

Il ne reste plus qu'à emballer la laine au moment où on veut l’expédier. L’emballage se fait au moyen de presses; les balles ont une forme paral-

lélipipédique.

PR = PRPAILLAGE:

Certains fragments de toison arrachés par la sabreuse, et que l’on appelle sabrages, doivent

être soumis à une opération supplémentaire

IT {ORLES

l’épaillage qui a pour but de débarrasser ces substances des gratterons, chardons ou pailles qui les souillent.

L’épaillage peut se faire chimiquement ou mécaniquement. Le principe de l’épaillage chimique est le suivant : les acides minéraux attaquent facilement les matières végétales, difficilement, au contraire, la laine. Les sabrages à épailler sont d’abord rincés dans des laveuses ovales et dégraissés de la même façon que la laine; puis, ils sont soumis à l’acidage. Pour cela, on les plonge pendant une heure dans un bac en bois, à revêtement en plomb, renfermant une solution d’acide chlorhydrique à raison de 220 grammes par litre. Ils sont ensuite séchés et carbonisés; le séchage a pour but de concentrer l’acide dans la laine, et le carbonisage de rendre friable la matière végétale en favorisant l’action de l’acide.

Le séchage et le carbonisage s'effectuent au moyen d’un séchoir carboniseur qui se compose de deux calorifères placés l’un au-dessus de l’autre ; on place d’abord la laine dans le calorifère supérieur ou séchoir où elle est soumise à une température de 40 degrés; de là, on la fait tomber, au moyen d’une trappe, dans le calorifère inférieur ou carboniseur où elle est soumise à une température de 90 degrés.

Les sabrages ainsi carbonisés sont broyés et

battus de façon d’abord à pulvériser les chardons et gratterons rendus friables par le carbonisage, puis à éliminer la poussière de chardons par le passage d’un violent courant d’air sur les sabrages. Le batteur-broyeur se compose d’un tambour ; à l’intérieur, se trouvent deux séries de dents fixes, diamétralement opposées, entre lesquelles passent des dents mobiles montées sur une garniture hélicoïdale; la laine arrive par un bout du tambour et, grâce à la disposition des dents en hélice, ressort par l’autre bout; le tambour est percé de trous et traversé par un violent courant d'air qui enlève de la laine les matières végétales réduites en poussière par le carbonisage et l’action des dents du broyeur-batteur.

L’épaillage, au lieu de se faire chimiquement, peut aussi se faire mécaniquement au moyen d’échardonneuses de types très divers. Ainsi, dans l’échardonneuse Martin, la laine est prise par les dents d’un peigne et couchée dans des rainures, de telle facon que les chardons ne peuvent

S'y engager.

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