NAGE : LAINES DE PEAUX ET CUIROTS
Les balles de peaux, dès leur arrivée à Mazamet, sont transportées dans les usines de délainage et en ressortent quelques jours après à l’état de cuirots bruts d’une part, de laine lavée à dos ou à fond, d’autre part. Ces cuirots et cette laine sont transportés dans les magasins du propriétaire des balles, qui n’est pas toujours le propriétaire de l’usine où elles viennent d’être exploitées; beaucoup de balles sont, en effet, délainées à façon. Par l'intermédiaire de qui la vente de ces laines
et de ces cuirs va-t-elle s'effectuer ? Quelles seront
les conditions de cette vente ? Où se trouvent, dans le monde, les principaux débouchés pour les laines et les cuirots de Mazamet? Telles sont les ques-
tions que nous allons étudier.
$ 1. — Les commissionnaires en laines et en cuirs. — Leur rôle.
Pour la vente des laines, l'intermédiaire entre le délaineur de Mazamet et le fabricant du Yorkshire, de Russie, ou même du Canada, est un commissionnaire ou courtier en laines, résidant à Mazamet et, en général, du pays. Ces commissionnaires font le tour des bureaux de tous les délaineurs; dans chaque bureau, ils consultent un tableau d’existence qui y est affiché et qui indique la qualité de la laine, le poids et le prix des lots à vendre. Lorsqu'ils ont trouvé un lot de laine qui peut convenir à un de leurs clients habituels, ils prennent un échantillon de ce lot et l’envoient. La maison à laquelle l’échantillon est envoyé, l’examine, et, s’il lui convient, donne au commissionnaire l’ordre d’acheter le lot. Les commissionnaires sont rémunérés au moyen d’une commission qui allait autrefois jusqu’à 10 centi-
mes par kilogramme de laine et qui aujourd’hui
est de 1 à 5 centimes par kilogramme. La commission est en général payée par le vendeur.
Pour les cuirots, ceux qui sont destinés à l’exportation sont vendus par l'intermédiaire de commissionnaires, opérant dans les mêmes conditions que les commissionnaires en laines. Quant à ceux quisont achetés par les mégissiers de Graulhet ou de Mazamet, ce sont les mégissiers qui, en géné-
ral, font eux-mêmes leurs achats.
$ 3. — Les conditions de vente. — Le Conditionnement Public des laines.
La laine est une marchandise qui se vend à poids, tant le kilogramme, ou tant la livre anglaise ; mais la laine est, comme tous les textiles, un corps hyzrométrique, c’est-à-dire qui absorbe l'humidité de l’air, et, par suite, augmente ou diminue de poids, suivant qu'il se trouve dans un endroit humide ou sec. L'acheteur doit-il payer le poids constaté au moment où la laine sort des magasins du vendeur, doit-il payer le poids constaié au moment où la laine arrive chez lui? C'est une question qui à été vivement discutée, jusqu'au mo.reat où il y a eu à Mazamet un Conditionnement Public des laines. Nulle part nous ne trou-
vons mieux exposées que dans la Æeoue de la
Chambre de commerce de Verviers, citée dans le Réveil du Tarn, n° du 27 janvier 1884, les difficultés que cette question fit surgir entre les délaineurs mazamétains et les commerçants en laine verviétois :
« Nous avons énormément acheté dans le Midi, dit cette Reoue, mais Mazamet se résigne difficilement à accepter les conditions d'achat que nous avons été forcé d'établir.
» Toutrécemmentencore, Verviersachetaiténormément de laines dans le Midi, à des conditions très serrées et souvent très onéreuses; nous devions faire nos achats dans ce pays aux conditions de paiement comptant, ou au terme de soixante jours avec escompte relatif.
» Acceptantla marchandise prise à Mazamet, les acheteurs de Verviers constataient régulièrement, sauf de rares exceptions, des manques de poids à la réception des marchandises. De là des discussions de plus en plus désagréables, et surtout de plus en plus fréquentes. Cependant ces manques de poids étaient toujours reconnus par les agents des vendeurs, qui avaient pour devoir de défendre et de surveiller les intérêts de ces derniers. Les négociants de Mazamet se couvraient de l’agréation de la marchandise par leurs courtiers à eux (inconnus de nous, touchant le courtage du ven-
deur), et nos plus justes réclamations étaient invariablement rejetées.
» Non seulement nous avions à éprouver la perte sèche du déficit constaté à l'entrée chez nous, mais vendant et expédiant, à de fortes distances, franco destination, nous voyions les mêmes réclamations se renouveler fréquemment de la part des acheteurs, auxquels nous étions obligés de donner satisfaction. Conclusion : notre bénéfice était absolument éventuel et se trouvait souvent absorbé par l’évaporation de tant pour 100 que la laine éprouvait en route. |
» Le commerce de Verviers s’est donc vu forcé d'établir d’autres conditions à messieurs les vendeurs du Midi Ici, nous prétendons recevoir ce que nous achetons ferme, et ce que nous payons, c’est-à-dire une marchandise conforme à un type déterminé et avec le poids réel qui nous est facturé. Nous ne voulons pas payer de l’eau pour de la laine.
» Quant au conditionnement public, c’est un moyen préventif contre la fraude et l’immoralité. Il est très pratique pour la laine peignée, mais irréalisable d’une manière équitable pour la laine brute, car dans les grands centres comme Roubaix, Reims, etc., il est plus que rare que de la laine non travaillée soit soumise aux opérations de la condition publique. »
Ainsi, nous le voyons dans ces quelques lignes, grandes étaient les difficultés que soulevaient à ce
moment les ventes de laines. Vendait-on marchandise prise dans les magasins du vendeur ? C'était l’acheteur qui, à l’arrivée de la marchandise, ne trouvait plus son poids et était obligé de payer « l'humidité au prix de la laine c’est-à-dire à 5 francs le kilogramme ». Vendait-on marchandise rendue dans les magasins de l'acheteur?
C'était le vendeur qui perdait souvent des sommes importantes, si le wagon portant la laine était exposé pendant plusieurs jours aux rayons brûlants du soleil de juillet ou d'août.
Le seul remède, c'était d'établir à Mazamet un Conditionnement Public des laines.
Depuis plus d’un siècle, cette question d’arriver à vendre les textiles dans des conditions normales d'humidité (d’où le nom de conditionnement), a été l’objet des préoccupations et des travaux de plusieurs savants distingués.
Dès 1805, Lyon a possédé un établissement de conditionnement pour les soies, mais combien primitif! On se contentait de placer les écheveaux de soie dans de grandes salles très sèches et très aérées, jusqu’à ce qu'ils fussent arrivés à un état de dessication aussi parfait qu’il pouvait l'être avec une telle organisation.
C'est en 1840 seulement, que Talabot a posé les vrais principes et indiqué la vraie méthode du
conditionnement. Le but du conditionnement est
d'arriver à déterminer le poids marchand normal d’un textile, d’une laine par exemple; pour cela, il suffit de dessécher complètement cette laine, de cette façon on obtiendra son poids absolu, puis, comme il est impossible d'empêcher la laine d’absorber de nouveau de l'humidité, on ajoutera au poids absolu, une certaine quantité, obtenue en multipliant le poids absolu par le taux de reprise légal, variable suivant chaque textile. Le poids ainsi obtenu sera celui qui devra être facturé.
Les taux de reprise adoptés sont les suivants:
Laine en masse, blousses carbonisées.....,..... RUES Lane effilochée, laine cardée- .., :.. 5. ,,..2..: dore DAHEANÉ ROSE RER EN re lu, RTE KO ere IDE RSS nR RRR E P N TEER 181/,°/, DORA A ie ie ta none Aa ou die o 81/9%0 TOR EN ML NE A TR ER ee ARTS BIOS Sec er ASS TANCA LS Fes su nets da 8 ‘Vo
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Pour arriver à la dessication absolue de la laine on peut procéder de deux manières; on peut soumettre la laine à l’action d’un courant d'air chaud, qui réduit l’eau dont la laine est imprégnée, en vapeur et entraîne cette vapeur; on peut aussi exposer la laine à l’action de corps très avides d'humidité. La seconde façon d'opérer est à peu près impraticable, car, il faudrait, ou faire agir
les corps absorbants (chaux, acide sulfurique) à
distance, et alors la durée des opérations serait incompatible avec les nécessités du commerce, ou les faire agir par contact et alors la laine serait complètement détériorée.
Le système employé aujourd’hui dans tous les Conditionnements et, en particulier, dans celui de Mazamet, est la dessication par la chaleur.
Voici comment on opère au Conditionnement de Mazamet, pour les lavés à fond.
Les balles apportées par les camions sont emmagasinées dans d'immenses hangars. Lorsque leur tour est venu, on prélève les échantillons destinés à subir les épreuves de conditionnement de la facon suivante :
Etant donné, par exemple, un lot de dix balles pesaut ensemble 3.000 kilogrammes; au moyen de sondes spéciales, on prélève une certaine quantité de laine, sur chacune de ces balles, en trois endroits différents, pour éviter toute possibilité d'erreur (la laine pouvant, soit naturellement, soit par suite d’une fraude, être plus humide en un point de la balle qu’en un autre). Comme il est de règle de faire une expérience par 333 kilogrammes de laine, et que chaque expérience nécessite trois échantillons de 500 grammes chacun, il faut, dans le cas qui nous occupe, vingtsept échantillons ; on prélève ces vingt-sept échan-
tillons que l’on pèse avec une balance de préci-
sion, sur l’ensemble de la laine extraite des balles ; la laine extraite en trop est ensuite réintégrée dans les balles, que l’on recoud et que l’on pèse, au moyen d'une bascule enregistreuse, qui imprime le poids sur un ticket avec une approximation de 50 grammes.
Nous venons de voir que chaque épreuve nécessite trois échantillons; sur ces trois échantillons, un est conservé pour servir de contrôle au besoin ; les deux autres sont placés dans des paniers métalliques spéciaux, à claire-voie et de forme cylindrique; ces paniers pèsent tous le même poids, ils sont traversés, de haut en bas, par un tube métallique à claire-voie, la laine est ainsi soumise dans toutes ses parties à l’action de l'air chaud. Chacun de ces paniers porte un numéro d'ordre; l’ouvrière qui soumet un des échantillons à la dessication ne sait pas quel est le panier qui renferme le second échantillon.
Les échantillons sont d’abord placés dans un immense cylindre traversé par un courant d’air chaud, appelé préparateur, les paniers sont placés dans le préparateur, sur une plaque percée de trous; l'air chaud arrive par en haut, et est obligé, pour s'échapper par les trous percés dans la plaque, de traverser la laine. Les échantillons restent là une heure et demie environ; ils y perdent la majeure partie de leur humidité. Le
séchage à l’absolu s’effectue ensuite dans des appareils Talabot et Persoz. Cet appareil se compose d’un cylindre en tôle à double paroi, dans lequel circule un courant d'air porté à une température de 405 à 110 degrés. Un thermomètre permet de se rendre compte-continuellement de la température de l’appareil, et lon peut, en ouvrant ou en fermant plus ou TE l'entrée d’air chaud, augmenter ou diminuer celle-ci. Le panier est suspendu à l’intérieur du cylindre à une tige qui traverse le couvercle, et est accrochée au plateau d’une balance d’une très grande précision. Celle-ci est entourée d’une cage en verre, qui empêche toute oscillation du fléau sous l’influence de l'air.
On maintient l'équilibre du fléau, au fur et à mesure que la dessication s'opère, et que, par suite, le poids de l’échantillon diminue. Lorsque l’échantillon garde le même poids pendant un quart d'heure l’opération est considérée comme terminée.
L'air chaud, qui alimente les appareils, est produit de la façon suivante : les gaz de la combustion de poussière de houille dans un four Michel- Perret, passent dans un jeu de tuyaux ; c’est au contact de ces tuyaux, que s’échauffe l'air, qui se rend ensuite dans les divers appareils.
À chaque échantillon est annexé un bulletin
sur lequel on inscrit le poids primitif et le poids absolu; si les deux échantillons fournissent des #mombres concordants à 1/2 °/, près, on procède aux calculs.
Supposons, par exemple, que les dix-huit échantillons prélevés sur les dix balles et soumis aux épreuves, se soient réduits, après dessication, de 9.000 grammes à 7.920 grammes, soit une perte de 12 ‘/, du poids primitif. Le lot renferme donc 88 °/, de laine sèche. Ajoutons à ce dernier chiffre LL — 102,96:
Donc les 100 kilogrammes de laine doivent être facturés 102 kil. 960 et les 3.000 kilogrammes doivent être facturés :
102,96 X 3.000 ee on
Pour le Conditionnement des lavés à dos, une
17 °/, (taux de reprise). 88 +
difficulté supplémentaire se présente. Les lavés à dos contiennent une très forte proportion de graisse et de matières étrangères; il n’est pas possible d'appliquer le taux de reprise à toutes ces matières qui ne sont pas des corps hygrométriques. Voici comment M. Fonsny, directeur du Conditionnement, explique la méthode employée à Mazamet pour le Conditionnement des lavés à dos (1):
1) Notice sur le Conditionnement public des laines à Mazamet, p. 13 et suiv.
«Je prends 1 kilogramme de lavé à dos très exactement pesé et je le sèche à l'absolu, tout comme le lavé à fond (1 opération); cet échantillon se réduit au poids de 0.862 gr. 40. Par différence entre le poids primitif de 1.000 grammes et le poids à l’absolu, j'ai 137,60 qui représentent l'humidité de la laine.
» Dans la suite de nos calculs ce chiffre ne sert qu’à établir, par différence, la proportion de matières grasses ou étrangères, comme on va le voir. R
» Deuxième opération. — Je lave cet échantillon que je viens de sécher; je le sèche de nouveau à l'absolu. J’ai comme poids 672 grammes, perte constatée par différence entre 1.000 grammes, poids primitif, et 672 grammes, poids absolu dégraissé : 0,320, soit 32°/,, chiffre qui représente l’eau et les matières grasses ou étrangères. Sachant qu'il y a 13,76 ‘/, d’eau, je sais quelle est la proportion des matières étrangères : 32.80 moins 19,16:—19;04
» Troisième opération. — Calculs et résultats. — Nous avons vu dans l’expérience précédente que dans 1 kilogramme de laine lavée à dos, il y a exactement 672 grammes de laine pure, c’est-àdire de laine lavée à fond, séchée à l'absolu. 1.000 grammes de laine, en cet état, peuvent
prendre 170 d’eau. Done 672 pourront prendre
— 786,24 de laine lavée à fond, conditionnée à la reprise de 17 °/,.
, Soit 114,24 donnent ainsi 672 + 114,24
» Ce chiffre donne le rendement du lavé à dos enlavé à fond, à la reprise de 17 °/,, soit 78,624 °/..
» Comme la marchandise est vendue en lavé à dos on a droit, en sus de ce poids, à la graisse ou autres matières étrangères dont la laine se trouve chargée. Nous avons vu que cette proportion est de 19,04 °/,; donc, le vendeur aura à facturer en lavé à dos conditionné :
» 78,624 plus 19,04 °/, soit en tout 97,664°/, du poids primitif, c’est-à-dire 2,386 °/, en moins, ce que nous exprimerions sur nos bulletins, en disant qu'il y a lieu de faire une réduction de 2,336 ‘/0. Voyez la conséquence de cette façon de procéder; c’est qu’une laine lavée à dos renfermant seulement 13,76 */, d’eau, c’est-à-dire une proportion trop faible, si c’était du lavé à fond, en contient cependant 2,336 ‘/, en trop, parce que ce lavé à dos renferme seulement 67,70 °/, de laine pure. Connaissant la proportion d'humidité trouvée (13,76 ‘/.), et le résultat réel (réduction 2,336 t/), 1l est facile par un simple calcul, de déterminer la proportion de graisse existant dans un lot vendu en lavé à dos. Puis pour plus de
simplicité, nous n’indiquons sur nos bulletins que
le résultat réel, après avoir, par un calcul, établi le poids absolu et la perte pour cent qui lui correspondent. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, nos bulletins diraient : poids primitif, 1.000 gr. ; poids absolu, 834.75; différence, 165,25 ou 16,525 °/0, d’ou réduction de 2,336 °/,, ce qui, sous une autre forme, est le résultat du calcul
suivant établi dans la troisième opération :
Poids de la laine lavée à fond et conditionnée. 672.00 Réprises{7 sur GER ENTRE CES 114.24 Rendement du lavé à dos en lavé à fond..... 786.24 Poids de la graisse et matières étrangères. ... 190.40 À facturer en lavé à dos conditionné... .... 975.64 Différence ARR Mere RTE 25160 POÏdS pPriIMIU PESTE 1000.00 »
Les adversaires du Conditionnement des lavés à dos ont prétendu que, dans la dessication, une partie du suint se volatilise.
Il n’en est rien; le suint qui imprègne le lavé à dos est une matière grasse qui n'est pas du tout volatile à 100 degrés.
Nous avons vu dans le cours des explications de M. Fonsny, que les échantillons sont lavés; voici comment on opère. L'échantillon est placé dans une espèce de panier métallique percé de trous ayant la forme d’un cylindre sectionné suivant un
plan diamétral. Ce panier a la même longueur et
la même largeur que les bacs dans lesquels on le plonge, de telle façon que les rebords du panier viennent poser sur les bords du bac et que le liquide contenu dans le bac est obligé de remonter dans le panier par les trous et de traverser l’échantillon.
Par ce moyen, on soumet l’échantillon successivement à l’action de cinq bains différents contenus dans cinq bacs de forme et de contenance semblables. Le premier bac contient de l’eau et 1-kilogramme de soude Solvay; le second, de l’eau et 700 grammes de savon; le troisième, de l’eau et 700 grammes de savon; le quatrième, de l’eau chaude ; le cinquième, de l’eau froide. L’échantillon est ensuite séché à l’essoreuse.
Quelquefois les achéteurs transmettent ‘leurs offres, non plus sur le lavé à dos, mais sur le produit de ce lavé à dos, relavé et conditionné à 17 °/, de reprise, l’expérience, pour servir de base, étant à faire dans le Conditionnement public de Mazamet. Dans ces cas, on opère de la facon suivante : les échantillons sont lavés, puis séchés à l’absolu. On obtient ainsi le poids de laine pure et séchée à l’absolu, on applique le taux de reprise au chiffre ainsi obtenu et on a le rendement en lavé à fond conditionné.
Les résultats des opérations de conditionnement sont consignés sur deux bulletins, un pour
le vendeur et un pour l’acheteur.
Un Conditionnement de laines peut être administré soit par des particuliers qui cherchent surtout à réaliser des bénéfices, soit par des collectivités, Communes ou Chambres de commerce, dont le but principal est de rendre service à tout le commerce du pays. C’est le cas du Conditionnement de Mazamet, créé sur l'initiative de la Chambre de commerce; il a été construit par la ville et remis par elle à la Chambre de commerce qui en a assumé l’administration.
À la tête est un directeur assisté d’une Commission de contrôle présidée par le président de ‘la Chambre de commerce.
Les bénéfices nets produits par le Conditionnement, défalcation faite de l'intérêt et de l’amortissement du capital engagé, sont répartis de la façon suivante : 10 */ au fond de réserve, 45 of. à la ville, 45 °/ à la Chambre de commerce.
Sur la part de la Chambre de commerce, une somme égale à 15 °/, est confiée à une Commission de dames chargée de la répartir entre tous les ouvriers nécessiteux de la circonscription de la Chambre; une somme égale à 10 °/, est affectée à la dotation de bourses de voyages instituées au profit des anciens élèves de l'Ecole pratique de commerce et d'industrie et attribuées tous les ans, par voix de concours. Enfin, on prélève sur cette
part la somme nécessaire pour majorer de 10 ‘/e
les appointements servis au personnel enseignant de l'Ecole pratique de commerce et d'industrie. Le Conditionnement de Mazamet, quoique étant un des plus récemment fondés est un des plus importants de France. En 1900, 1901 et 1902, il a été conditionné dans les six bureaux réunis de Reims, Paris, Amiens, Roubaix, Tourcoing et Mazamet, 13.692.536 kilogrammes de laine non peignée pour 1900, 17.399.865 kilos pour 1901, 22.028.867 kilos pour 1902. Le bureau de Mazamet seul en a conditionné 5 597.971 kilos en 1900, année de sa fondation, 10.017.528 kilos en 1901 et 12.290.410 kilos en 1902. Il faut dire que le bureau de Mazamet ne conditionne pas de laine peignée tandis que les autres bureaux pré-
cités en ont conditionné :
EDAOOO RAA NC Ne. R 59.126.163 kilogr.
HASLOUTER RER Ars 62.903.983 — AMOD A PERRET UT 76.796.905 —
Voici un tableau qui donnera une idée du développement du prix par le Conditionnement de Mazamet, depuis le 2 janvier 1900, jour où il a
commencé ses opérations.