‹ L'Industrie Lainière Dans Le TarnChapitre 64 sur 84 · APPRÊTS · texte numérisé non relu

APPRÊTS

Femmes marragos des apprèts, 2 francs par jour.

Epinceteuses : ouvrières à la journée, 1 fr. 75.

ÉPAILLEURS Ouvriers à la journée, 3 fr. 50; ouvrières à la Journée, 1 fr. 25.

Ouvriers aux pièces, 0 fr. 05 par pièce; ouvriè-

res aux pièces, 0 fr. 025 par pièce.

RESUIVEUSES

Ouvrières à la journée, 1 fr. 75. Ouvrières aux pièces, 0 fr. 125 la pièce étroite et O0 fr. 25 la pièce large.

Garnisseurs, 9-fr: 90 par Jour.

Teinturiers, 3 francs par Jour.

Ouvriers marragos des magasins, 3 francs. Ouvrières marragos des magasins, 1 fr. 75.

Dans la mégisserie, la majeure partie du personnel est payé à la journée. À Graulhet, les corroyeurs seuls sont payés à tant par douzaine de peaux pour chaque façon; dans les usines importantes ils sont payés par une sorte de sous-entrepreneur, le corroyeur en chef, qui recrute son personnel, le paye et présente au patron la facture des façons qu’il a exécutées dans l'usine et

avec le matériel de celui-ci.

Les ouvrières des ateliers de bonneterie sont payées à la tâche.

Dans les usines d’éffilochages, les ouvriers effilocheurs, épailleurs et manœuvres et les ouvrières effilocheuses sont payées à la journée; les ouvrières trieuses de chiffons et délisseuses sont payées à la tâche.

Le salaire à la tâche est donc usité pour la majorité des ouvriers de l’industrie lainière tarnaise ; ce mode de fixation des salaires est certainement le plus avantageux à la fois pour les ouvriers et pour les patrons. Les ouvriers y trouvent l’avantage que, s'ils sont actifs et adroits, ils peuvent gagner des salaires beaucoup plus forts; ainsi, dans l’atelier de triage de chiffons le plus important du Tarn, les ouvrières payées à la Journée gagnent 1 fr. 50, celles qui travaillent à la tâche arrivent à gagner 2 francs par jour. Le patron y a aussi un gros avantage, car, en admettant même, ce qui n'est pas exact, qu'avec les deux systèmes la part des salaires dans le prix de revient d’un objet fabriqué soit la même, comme l’ouvrier travaillant à la tâche produira beaucoup plus, les frais généraux se répartiront sur une production beaucoup plus considérable. D'une façon générale, dans le Tarn, comme partout ailleurs, les ouvriers cherchent, cependant, à arriver à être tous payés

à la journée; ils prétendent que le salaire à la

tâche est un moyen d’exploiter davantage les ouvriers et ils ne veulent pas voir les avantages qu'il présente ; ils ne peuvent admettre que dans le même atelier certains ouvriers gagnent plus que certains autres.

Dans les usines de délainages, les sabreurs gagnent de 5 à 6 francs par jour en moyenne, et arrivent, certains jours, à gagner jusqu'à 8 et 9 francs. Les peleurs et peleuses gagnent de 8 à 4 francs par jour; les marragos, 8 fr. 25 par jour, les femmes de magasin 1 fr. 90.

Pour les salaires des ouvriers des filatures et ateliers d’apprêts, il suffit de se reporter au tarif que nous venons de citer; il n’est en vigueur qu’à Mazamet, mais les tarifs en vigueur à Castres et à Labastide font aux ouvriers des conditions de salaire à peu près équivalentes.

Les tisserands gagnent en moyenne de 4 à 5 fr. par jour; à Castres, les tisserands sont presque partout remplacés par des tisseuses qui gagnent 2 francs à 2-fr. 50 par jour, sauf dans un cas exceptionnel, celui du tissage des couvertures pour l’armée; les femmes qui tissent cet article arrivent à gagner 3 francs par Jour.

Les ouvrières des ateliers de bonneterie gagnent de 1 fr. 25 à°2 francs par jour.

A Graulhet, les salaires sont uniformes dans les

mégisseries, sauf pour les corroyeurs payés à la

tâche ; les hommes gagnent #4 francs par jour et les femmes 2 francs.

Les salaires payés dans l’industrie lainière sont notablement plus élevés que les salaires payés aux ouvriers agricoles; ie salaire moyen de l’ouvrier agricole dans le Tarn est de 2 francs à 2 fr. 50 par jour. Les ouvriers du bâtiment, maçons, charpentiers, plombiers, peintres, etc., gagnent de 4 francs à 4 fr. 50 par jour dans les villes, de 3 à 4 francs dans les villages.

Les salaires des ouvriers de l’industrie lainière se sont relevés, dans le Tarn, de 25 ‘/, environ dans les vingt dernières années.

À l'heure actuelle ils sont aussi élevés dans le Tarn que dans les autres centres lainiersde France. Voici quels étaient les salaires payés aux ouvriers d’'Elbeuf et de Sedan, à la fin du dix-neuvième siècle, d’après les réponses faites par les Chambres de commerce de ces deux villes au questionnaire de la Commission parlementaire d'enquête sur l’industrie textile (1).

À Elbeuf, le salaire moyen d’un tisserand était de 4 fr. 95:

Les ouvriers, travaillant à la journée, gagnaient par jour :

(1) Histoire économique de la laine, par Emile Lefèvre, pp. 232 et 241.

Teinturiers. ...... TAN OO 25 MATDOUVLES SP das TER JL: 20 Cho it 50 SDUIONNier Se Le. J1r. 70 et Ar.

Ouvriers d’apprêt.......... . = 3.fr et 3 fr: 25 À Sedan, les bons ouvriers gagnaient : de 3 fr. 25 à 4 fr. 50 les femmes — de 1 fr. 60 à 3 fr.

les enfants — deZ'fr;50 à 2:fr. 50

Dans les diverses usines de Castres et de Maza-

met, la paye a lieu généralement par quinzaine.

$ 2. — La question des amendes.

Une question, quise rattache à celle des salaires et qui a amené souvent des difficultés entre patrons et ouvriers, tout spécialement dans les ateliers de tissage, est celle des amendes.

On sait qu'il est d'usage dans certaines industries, d’infliger des amendes aux ouvriers, suivant un certain tarif affiché dans tous les ateliers, lorsqu'ils violent les règlements d’atelier ou se rendent coupables de malfaçons dans leur travail. Ces amendes, que l’on retient aux ouvriers sur leurs salaires au moment de la paye, sont, en général, versées soit à la caisse de retraite de l'usine, s’il y en a une, soit dans les caisses des œuvres instituées en faveur des ouvriers; quelquefois le patron les perçoit à son profit. Ces

amendes sont fort utiles, en particulier, pour in-

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