‹ L'Inévitable révolutionChapitre 19 sur 24 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Le but de toute association politique est le maintien des droits naturel et imprescriptibles de l'homme, et le développement de toutes ses facultés.

Art. 2,

Les principaux droits de l'homme sont ceux de pourvoir à la conservation de Vexistenoè et de la liberté.

Art. 3.

Ces droits appartiennent également à tous les hommes, quelle que soit la différence de leurs forces physiques et morales.

ï^'lNÉVITAPl^E BéyOI^UTION 247

L'égalité àe^ droits est établie par la nature ; la société, loin d'y porter atteinte, »e fait que la garantir contre l'abus de la force qui la rend illusoire.

Aet. 4»

La liberté est le pouvoir, qui appartient à rhomme, d'exercer à son gré toutes ses facultés ; elle a la justice pour règle, les droits d'autrui pour bornes, la nature pour principe, et la loi pour sauvegarde.

Aux. 5,

Le droit de s'assembler paisiblement, le droit de manifester ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de tout autre manière, sont des conséquences si nécessaires du principe de la liberté de l'homme, que la nécessité de les énoncer suppose ou la présence, ou le souvenir récent du despotisme.

Art. 6.

La propriété est la droit qu'a chaque citoyen de jouir et de disposer à son gré de hportion de bien qui lui est gamntie par ia loi.

Art, 7e

Le droit de propriété est borné comme tous

les autres par robligation de respecter les droits d'autrui.

Art. 8.

Il ne peut préjudiciel ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l'existence, ni à la propriété de nos semblables.

Art. 9.

Tout trafic qui viole ce principe est essentiellement illicite et immoral.

Art. 10.

La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d^ exister à ceux qui sont hors d'état de travailler.

Art. 11.

Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire sont une dette de celui qui possède le superflu. Il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette dette doit être acquittée.

Art. 12.

Les citoyens, dont les revenus n'excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance, sont dispensés de contribuer aux dépenses publiques ; les autres doivent les

supporter progressivement selon retendue de leur fortune.

Art. 13.

La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l'instruction à la portée de tous les citoyens.

Art. 14.

Le peuple est le souvereiin ; le gouvernement est son ouvrage et sa propriété ; les fonctionnaires publics sont ses commis.

Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement et révoquer ses mandataires.

Art. 15.

La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté du peuple.

La loi doit être égale pour tous.

La loi ne peut défendre que ce qui est nuisible à la société ; elle ne peut ordonner que ce qui lui est utile.

Art. 18.

Toute loi qui viole les droits impresciptibles de l'homme, est essentiellement

350 l'ïwévitablk révolution

injuste et tyranaique ; elle n'est point une loi.

Art. 19.

Dans tout état libre, la loi doit surtout défendre la liberté publique et individuelle contre l'autorité de ceux- qui gouvernent.

Toute institution qui ne suppose pas le

peuple bon et le magistrat corruptible est

vicieuse.

Art. 20.

Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais le vœu qu'elle exprime doit être respecté comme le vœu d'une portion du peuple, qui doit concourir à former la volonté générale. Chaque section du souverain assemblé, doit jouir du droit d'exprimer sa volonté avec une entière liberté ; elle est essentiellement indépeui»

dante de toutes les autorités constituées, et maîtresse de régler sa police et ses délibérations.

Art, 21.

Tous les citoyens sont admissibles à toutes les fonctions publiques, sans aucune autre distinction que celle des vertus et des talents, sans aucun autre titre que la confiance du peuple.

I Art. 22 Tous les citoyens ont un droit égal de concourir à la nomination des mandataires du peuple et à la formation de la loi.

Aet. 23 Pour que ces droits ne soient point illusoires et Tégalité chimérique, la société doit salarier les fonctionnaires publics, et faire en sorte que les citoydîig qui vivent de leur travail , puissent assister aux assemblées publiques où la loi les appelle, sans compromettre leur existence ni celle de leur famille.

Art. 24 Tout citoyen doit obéir religieusement aux magistrats et aux agents du gouvernement , lorsqu'ils sont les organes ou les exécuteurs de la loi.

Art. 25 Mais tout acte contre la liberté, contre la sûreté ou contre la propriété d'un homme, exercé par qui que ce soit, môme au nom de la loi, hors des cas déterminés par elle et des formes qu'elle prescrit, est arbitraire et nul ; le respect même de la loi défend de s'y soumettre ; et si on veut l'exécuter par la vio-

lence, il est permis de le repousser par la force.

Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l'autorité publique appartient à tout individu. Ceux à qui elles sont adressées, doivent statuer sur les points qui en font l'objet ; mais ils ne peuvent jamais ni en interdire, ni en restreindre, ni en condamner Texercice.

Art. 27

La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de Thomme et du citoyen.

Art. 28

Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé.

Il y a oppression contre chaque membre du corps social, lorsque le corps social est opprimé.

Art. 29

Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Art. 30 Quand la garantie sociale manque à un citoyen, il rentre dans le droit naturel de défendre lui-même tous ses droits.

Dans l'un et l'autre cas, assujettir à des formes légales la résistance à l'oppression, est le dernier raffinement de la tyrannie.

Art. 32 Les fonctions publiques ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs publics.

Art. 33 Les délits des mandataires du peuple doivent être sévèrement et rapidement punis.

Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

Art. 34 Le peuple a le droit de connaître toutes les opérations de ses mandataires, ils doivent lui rendre un compte fidèle de leur gestion, et subir son jugement avec respect.

Art. 35 Les hommes de tous les pays sont frères, et les différents peuples doivent s'entr'aider

254 l'ij^évitable révolution

selon leur pouvoir comme les citoyens du même état.

Art. 36 Celui qui opprime une seule nation se déclare Tennemi de toutes.

Art. 37 Ceux qui font la guerre à un peuple pour arrêter le progrès de la liberté et anéantir les droits de Thomme, doivent être poursuivis partout, non comme des ennemis ordinaires, mais comme des assassins et comme des brigands rebelles.

Les rois, les aristocrates, les tyrans, quels qu'ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre qui est le genre humain, et contre le législateur de Tunivers qui est la nature.

Page 1