‹ L'infection Hépatique par l'entérocoque de Thiercelin: (Contribution à l'étude des Hépatites nostras)Chapitre 8 sur 27 · DES · texte numérisé non relu

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quent dans les selles d’entérite, c’est la forme diplococcique.

Dans l’appendicite on retrouve la même variété de forme : diplocoques, strepto-diplocoques de volume variable auréolés ou non, et dans deux cas d’appendicite gangréneuse, ce microbe fut rencontré sur lamelle sous forme de très fin diplocoque auréolé, et dans les cultures anaérobies il fut retrouvé avec de gros bâtonnets et tous les intermédiaires.

ENSEMENGEMENT ET CULTURES. — Si l’on ensemence le mucus sur boîtes de Pétri ou des tubes d’agar incliné, on peut facilement obtenir des cultures de ce microbe ; il se développe alors sous forme de petits points blancs opaques disséminés entre les grosses colonies de bacterium coli, et parfois même ces cultures sont presque pures ; car dans un cas on ne trouva qu’une culture de bacterium coli et une autre fois, huit dans des tubes couverts de cultures d’entérocoque.

Il est facile de prélever une de ces colonies et de cultiver ce microbe sur les différents milieux de laboratoire, car il pousse sur tous ces milieux.

CULTURE DANS LE BOUILLON. — Au bout de vingt-quatre heures, le bouillon est uniformément trouble, puis au bout de quarante-huit heures il s’éclaircit, tandis qu’au fond du tube on voit un dépôt blanc grisâtre qui s'élève sous forme de vrille, si on agite le tube, sans toutefois se désagréger dans le liquide.

Sur AGaR. — La culture présente des aspects très variables. Si on ensemence le liquide de condensation et si on arrose la surface del’agar avec ce liquide on voit, après vingtquatre heures, une multitude de petits points légèrement saillants, blanchâtres ayant l’aspect des colonies de streptocoques.

Si l’ensemencement a été pauvre,on voit pousser quelques

este -

colonies très distantes les unes des autres, plus larges et plus opaques au contraire-si ôn arrose la surface de l’agar au moyen d'une pipette remplie d’une culture de vingt-quatre où quarante-huit heures dans le bouillon : le microbe pousse sur l’agar en recouvrant celle-ci d’une sorte dé vernis transparent, sans qu’il y ait dé colonies distinctes ; où bien, dans les cas où les colonies sont distinctes, elles sont rapprochées et transparentes, analogues à la goutte de rosée du pnéumocoque. ‘E

Le degré de sécheresse de l’agar joue aussi un rôle important dans l’aspect que prennent les colonies : dans le même tube par exemple on peut voir que celles qui se développent près du liquide de condensation sont plus transparentes et plus larges que celles qui sont en haut du tube.

SUR GÉLATINE. — En stries et en piqüre on obtient des cultures à la température du laboratoire (15°) et ces cultures présentent l’aspect des cultures sur agar ; la gélatine n’est pas liquéfiée. USE

SÉRUM HUMAIN LIQUIDE. — Dans le liquide d’ascite le microbe pousse bien, donnant des flocons dès le deuxième jour. Il pousse bien surtout si on ajoute au sérum une égale quantité de bouillon. me

Larr. — Le lait est coagulé au bout dé vingt-quatre heures ; il devient fortement acide.

Pomme pe verre. — La culture est peu apparente, à peine voit-on un léger vernis à la surface de la pomme de terre, mais par raclage on voit que ce germe pousse bien sur ce

-mihieu. Les milieux sucrés et glycérinés semblent être aussi très favorables à ce microbe; il ne:fait pas fermenter la lactose.

: IH pousse-également bien dans les milieux acides. On a pu CE. 2

ou

en effet le cultiver dans du bouillon franchement acidulé avec V’'HCI. Cependant un long séjour dans ce milieu diminue sa vitalité. |

Il est aérobie et anaérobie facultatif.

Il conserve sa vitalité pendant un temps très long. Nous avons pu en effet obtenir des cultures en repiquant un tube d’agar de plus de deux mois de date (65 jours) et une culture dans le bouillon en anaérobie a pu être réensemencée après quatre mois et demi. La température qui lui est la plus favorable est de 35° à 38°, mais il résiste à des températures plus élevées ; une culture dans le bouillon ayant séjourné vingt-quatre heures à 5o° a pu être réensemencée.

Nous avons pu de même réensemencer avec succès une culture ayant séjourné vingt-quatre heures dans la glace.

MorrnoLoGie. — Dans les cultures on peut constater que ce microbe présente un polymorphisme des plus remarquables, fait que nous avons déjà indiqué pour l’organisme. Les formes les plus fréquemment observées dans les milieux de culture sont la forme diplococcique et la forme strepto-diplococcique ; mais on peut rencontrer beaucoup d’autres formes, appartenant pourtant à la même espèce, puisque ces diverses formes peuvent se rencontrer dans des tubes de culture issus les uns des autres, et même se rencontrer dans le même tube bien que la culture soit absolument pure. Si lon examine plusieurs lamelles préparées avec des cultures de date différente, ou faites dans des milieux différents, ou même préparés avec les points différents d’une même culture, on est frappé de la diversité des formes qu’on observe : tantôt on rencontre des cocci isolés de tailles variables, les uns extrêmement petits, punctiformes, les autres plus gros, de

ZA

lorme “variable, les uns arrondis, les autres allongés en grains de blé, Tantôt on voit surtout des diplocoques dont les | Grains ont un volume et une forme variables, arrondis ou Allongés ou lancéolés, aréolés ou non, sur Je prolongement Von de l’autre, en formant un angle plus ou moins obtus.

… On peut rencontrer toutes ces formes sur la même prépa- 7 osrOn peut voir aussi des tétraëdres e1 de longues chaï- + nelles strepto-diplococciques. Dans certains cas les éléments s'allongent et lon à des diplobacilles ou des bâtonnets plus = — ou moins allongés ou plus ou moins trapus. Quelques-uns de 1 ces bâtonnets présentent à leur partie moyenne un étrangle-

4 ment; dans certains cas un des grains du diplocoque s’est De allongé en bâtonnet, autre ayant gardé sa forme de coccus. Nous avons rencontré aussi de très gros éléments arrondis,

ovalaires ou en massue.

F É Trés souvent les grains sont tres petits au contraire et don-

nent à la préparation da d'une culture de staphylo- . coques.

- D’autres fois ils se multiplient à l'extrémité des chat-

nettes ou bien au milieu de la chaînetie, donnant l'aspect de

” croix. On peut voir aussi dans la même chaînetie quelques-

uns s’allonger transversalement.

— Move pe nernorenox. — Dans les milieux de culture, ce

microbe se reproduit de façons très diverses, tantôt par scissi-

parité, tantôt on voit le coccus devenir trés volumineux et

- donner naissance à un grand nombre de petits diplocoques,

vivement colorés au Gras, contenus dans une sorte de gangue

‘amorphe vaguement colorée par Véosine. Dans ces deux con- ” ditions les déments ne sont pas entourés d'une aréole. Il 5’en ‘4 est pas de même dans le 3° mode de reproduction que nous

allons étudier maintenant et qui présente une grande analogie avec le développement par sporulation. Ce mode de développement se rencontre surtout dans l’organisme, mais aussi dans les milieux de culture. Les deux éléments du diplocoque adulte se séparent et chacun d’eux devient l’origine d’un nouveau diplocoque de la façon suivante :

Au sein du protoplasma apparaît une petite granulation, le protoplasma cesse d’être colorable et forme l’auréole qui entourera l'élément nouveau. Cette petite granulation grandit, puis se divise en deux pour former un nouveau diplocoque.

Dans certains cas il apparaît une granulation à chaque extrémité de l’élément primitif ; d’autres fois, quand l’élément primitif est allongé en bâtonnet, il se forme plusieurs granulations; on a alors l’aspect d’un streptocoque auréolé.

Dans certaines conditions de virulence et de culture, il peut du reste se former de véritables spores dans l’intérieur de l’entérocoque, résistant à la chaleur et pouvant être colorées par les procédés appropriés.

Ce mode de reproduction de l’entérocoque nous explique donc la présence de l’auréole qui entoure certains éléments. Par analogie il nous permet de penser que la capsule qui entoure le pneumocoque de Talamon a une même origine. En pathologie 1l nous rend compte des poussées successives et surtout des récidives à longs intervalles que l’on constate dans certaines infections. Dans plusieurs cas d’appendicites opérées à froid, comme nous l’avons déjà dit, nous avons pu constater sur des préparations, faites avec le pus ou avec le contenu de l’appendicite, la présence de petites granulations auréolées absolument semblables à celles que nous avons signalées dans

ce 56) Dani

les cultures d’entérocoque, alors que le milieu qui les contenait eût été considéré comme stérile si on s’était contenté de les cultiver ; car il poussait mal sur les milieux habituels de nos laboratoires. Il est probable que ces petites granulations sont susceptibles de reprendre leur virulence sous une influence quelconque et de provoquer une poussée nouvelle.

ViRuLENCE. — Les résultats que nous avons obtenus au point de vue de la virulence avec les différents échantillons d’entérocoque que nous avons isolés dans les cas d’entérocolite aiguë ont été très variables. Dans les cas rares les cultures de vingt-quatre heures dans le bouillon tuaient les souris à la dose de un demi-centimètre cube en vingt-quatre ou quarante-huit heures, d’autres fois en cinq ou six jours. Dans ces cas on trouvait dans le sang et dans les organes des coques ou des diplocoques auréolés ou non et des matières diarrhéiques dans l'intestin grêle.

Ces résultats étaient obtenus par inoculation sous-cutanée ou par ingestion. Au bout de quelques jours les cultures avaient perdu leur virulence dans la plupart des cas et ne tuaient plus la souris, même à la dose de 1 centim. cube.

Dans un cas nous pümes, en injectant 5 centim. cubes de culture sous la peau d’un lapin pendant 3 jours consécutifs, obtenir la mort de l’animal qui présenta de la paraplégie pen- . dant les dernières vingt-quatre heures.

A l’autopsie on trouva des matières très durcies dans tout le gros intestin, le cæcum était rempli de matières pâteuses argileuses adhérentes aux parois dont il était très difficile de les détacher ; au fond du cæcum ces matières étaient durcies et au niveau du goulot de l’appendice une boulette fécale durcie oblitérait l’orifice de celui-ci.

L’appendice était dilaté, rempli de mucus dans lequel on constatait en grand nombre des diplocoques.

Dans le reste du gros intestin, les matières fécales étaient extrêmement dures, à surface ondulée, entourées de mucus dans lequel on constatait la présence de nombreux diplocoques, l'intestin grêle était rempli de matières diarrhéiques, le foie était volumineux et présentait l’aspect des foies infectés, la rate petite, les poumons n'étaient pas altérés, mais les reins étaient très congestionnés et la vessie remplie d’une urine contenant des diplocoques et des chaînettes de strepto= coques en très grand nombre, au milieu d’un dépôt très abondant de carbonate de chaux; le sang couleur sépia était . remph de diplocoques aréolés.

Chez un autre lapin une injection intra-pulmonaire d’un centim. cube de culture détermina un abcès du poumon ; enfin chez plusieurs nous avons obtenu au point d’inoculation sous la peau un abcès à diplocoques.

La plupart des lapins inoculés même à haute dose (5 centim. cubes) ne mouraient pas avant plusieurs semaines. Mais à partir du jour ou était faite Pinoculation, ils maigrissaient et finissaient par mourir de cachexie.

À Pautopsie on trouvait des lésions très intenses du foie et des reins; dans le sang on retrouvait le diplocoque; mais il était très difficile d'obtenir une culture.

De même chez le cobaye, que la culture ait été mgérée ou. inoculée; Panimal maigrit, meurt au bout de plusieurs semaines, mais là encore il est difficile d'obtenir une culture de diplocoque avec le sang du cœur. »

En résumé, le microbe rencontré dans l’entéro-colite des enfants se présente :

Ehon

1° Dans l’organisme sous forme d’un diplocoque à grains arrondis ou lancéolés, quelquefois entourés d’une auréole ; ou sous forme de coques isolés, de tétraèdres ou de chaïînettes

de diplocoques.

2° IL peut être cultivé et poussé même à la température ordinaire. — I se présente alors sous forme de coques isolés, de diplocoques ou de chaïnettes de diplocoques; il est d’une longévité remarquable, il est pathogène pour le lapin et pour la souris chez lesquels il produit une septicémie à diplocoques auréolés.

Ces caractères le rapprochent du méningocoque décrit par M. Thiercelin et Rosenthal dans deux cas de méningite cérébro-Spinale épidémique, dans le service de M. le professeur Hayem (x); il présente les mêmes caractères et de plus dans le second cas l’injection de cultures produisit chez la souris et chez le lapin les lésions propres à l’entérocoque.

M. Thiercelin conclut ainsi :

« Comme lui (le méningocoque ci-dessus décrit) c’est un diplo-streptocoque semblant occuper une place intermédiaire entre le pneumocoque et le streptocoque ét en attendant que leur place à tous deux soit nettement déterminée dans la nomenclature bactériologique et que leurs rapports avec le pnreumocoque et le streptocoque soient nettement définis, nous avons proposé de donner à ce microbe le nom « d’entérocoque », pour rappeler son origine intestinale et par analogie avec celui de méningocoque donné à l'agent de la méningite. »

(1) Voir : Communications à la Soc. méd. des hôp., 17 février 1899, et Médecine moderne, 12 juillet 1899. Voir également thèse de ROSENTHAL, juin 1900.

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