‹ L'Infection Paratyphique des Voies BiliairesChapitre 12 sur 55 · C. — Lithiase biliaire non compliquée · texte numérisé non relu

C. — Lithiase biliaire non compliquée

À. — ICTÈRES INFECTIEUX

Nous décrivons sous ce titre les états morbides dans lesquels le symptôme dominant est l’ictère, accompagné de troubles plus ou moins intenses de la santé générale. Ces troubles généraux, indice de l’origine infectieuse de la maladie, sont d’ailleurs extrêmement variables. Le plus souvent ils sont à peine marqués, et on observe simplement le tableau clinique de l’ictère catarrhal bénin. Quelquelois

l’ictère s'accompagne de phénomènes nettement infectieux,

NO

et pourrait même évoluer en deux temps avec une rechute comme la maladie de Weill. Maisilne se complique jamais d'atteinte profonde de l’état général, ni de phénomèmes

d'insuffisance hépatique, rappelant l'ictère grave.

EL — Jctère catarrhal. — L'ictère catarrhal, attribué

actuellement d’une façon générale à une angiocholite des

gros conduits se caractérisant par la tuméfaction de la muqueuse et la production du bouchon muqueux, dont Virchow et Vulpian ont constaté l'existence, semble pouvoir être rapporté dans un assez grand nombre de cas à

une infection paratyphoïde légère, comme le montre le

pouvoir agglutinant du sérum des ictériques vis-à-vis de

certains échantillons de bacilles paratyphiques. On sait que cette angiocholite, quelle que soit là voie suivie par l'infec-

tion, se produit le plus souvent à la suite d'embarras gas-.

trique, ou d’ingestion de substances alimentaires ; les intoxications carnées, en particulier, sont dues à des bacilles appartenant au groupe des Salmonelloses, groupe encore assez mal délimité, mais qui possède in vitro les mêmes propriétés que les bacilles paratyphiques B, et que quelques auteurs (Trautmann, B. Fisher) identifient à ces bacilles.

La symptomatologie de ces ictères ne diffère en rien de celle de l’ictère catarrhal typique : même début par des signes d’embarras gastro-intestinal plus ou moins accentués ; inappétence, état saburral de la langue, quelquefois vomissements (obs. VI), diarrhée ou constipation, céphalée. Les troubles généraux sont parfois assez intenses; le malade de l'observation III a été pris de malaise général, de

frissons prolongés. Presque toujours on note de la cour-

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bature. La tempérâture peut monter à + 37°5 ou + 38, Puis l'ictère apparaît, ictère par rétention avec pigmentation des téguments et des urines et décoloration des matières. Le foie est ordinairement augmenté de volume ainsi que la rate. L'évolution est toujours favorable ; la

durée de l'ictère est de quinze jours environ.

OBSERVATION III (Personnelle)

Le nommé B... Louis. âgé de vingt-huit ans, garçon de café, entre à l'hôpital de la Charité, salle Laënnec, n° 29, le 22 avril 1908.

Il n’a jamais été malade antérieurement; il n’est pas alcoolique. Le 14 avril, il a été pris dés le matin de malaise général -et de frissons; rentré chez lui il se couche, et reste deux heures sans pouvoir se réchauffer. Il se plaint de mal de tête, n'a | pas d'appétit et est constipé ; pas de vomissements. On le met au régime lacté ; il s'améliore un peu les jours suivants ; mais l’inappétence persiste.

18 avril. — Quatre jours après le début de la maladie, il s'aperçoit qu'il est jaune, et l’ictère augmente le lendemain.

À son entrée à l'hôpital, on constate chez lui un ictère franc

| ‘intense; la peau et les muqueuses sont jaune vif : les urines très foncées contiennent des pigments biliaires ; les matières sont décolorées. Le foie et la rate sont normaux, langue saburrale; inappétence; constipation. Température normale ; pas de ralentissement du pouls.

26 avril. — Le malade commence à déjaunir. Les matières se recolorent le 30; et le 7 mai l’ictère a complètement dis-

paru.

L'épreuve de l’agglutination faite le 23 avril, avec le sérum du malade, est négative pour le bacille d’Eberth, le coli-bacille, et un échantillon de paratyphique À ; mais le sérum agqlutine au 1/500 le bacille de Gârtner.

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