III. — INCLUSION DES PIÈCES POUR LES COUPES
Les fragments sont bien durcis, il faut les préparer pour les coupes. S'ils sont très petits, minces, s'il s'agit, par exemple, de membranes, de viscères appartenant au tube digestif, de fragments ténus enlevés sur le vivant, il faut inclure la pièce dans une substance solidifiable. Bien orientée dans cette matière, la pièce pourra offrir au rasoir une excellente consistance et une prise suffisante.
Les trois procédés couramment emplovés sont le collodion, la celloïdine et la paraffine.
L'inclusion dans le collodion est des plus élémentaires. La pièce bien abrasée, sortie de l'alcool et essuyée avec soin, est placée sur un bouchon taillé ad hoc et recouvert d'une goutte de collodion élastique exempt de toute trace d'huile de ricin. Maintenue quelques instants dans la position voulue, la pièce ne tarde pas à adhérer au bouchon. Verser quelques gouttes de collodion sur le tout, attendre que la dessication s'opère à peu près complète, et déposer, pièce en bas, le bouchon collodionné, dans un bain de vieil alcool ; attendre le durcissement complet qui se produit en quelques minutes et couper.
La celloïdine demande des soins plus méticuleux. Le fragment, convenablement durci par un des procédés employés d'habitude, doit séjournerai! préalable dans une série de bains d'alcool absolu. En pratique, 2 ou 3 bains, de 24 heures de
durée chacun, suffisent amplement pour la déshydratation. Un dernier bain, composé d'alcool absolu et d'éther sulfurique, par parties égales, précède de 24 heures la première inclusion dans la solution légère de celloïdine (').
Au bout de 24-48 heures, on place le fragment dans une solution sirupeuse épaisse de celloïdine. Le lendemain, on fixe en l'orientant avec soin, dans une boîte de carton, la pièce imbibée de celloïdine forte et l'on attend la demidessication. A ce moment, on plonge, pour 24 heures, le carton et la pièce dans du vieil alcool. Le tout s'y durcit d'une manière régulière et peut servir, une fois dégrossi, pour les coupes au microtome à chariot.
Le fragment celloïdiné est facilement fixé, grâce au coliodion, sur un bouchon taillé.
L'inconvénient de l'inclusion dans la celloïdine consiste en une certaine lenteur offerte parles tissus à l'action des matières colorantes. Pour y obvier, il suffit d'avoir recours aux bains colorants légers5 et prolongés (2).
La paraffine, excellente pour les coupes en séries et particulièrement pour les examens embryologiques, offre à l'anatomie pathologique de grands inconvénients. Elle s'oppose à l'emploi de fragments assez volumineux; elle risque de désagréger les tissus et les éléments. Les manœuvres qu'elle nécessite sont nombreuses et, partant, souvent infidèles (Voy. les Traités d'histologie). En principe, la celloïdine la remplace toujours avantageusement.
(J) Préparation des solutions de celloïdine : les fragments ténus de celloïdine du commerce sont dissous dans parties égales d'alcool absolu et d'éther ; la proportion de celloïdine dissoute en règle à volonté la condensation.
(2) L'essence de girofle dissout très vite la celloïdine. Aussi, quand on veut monter les coupes dans le baume, vaut-il mieux les passer, après la bain d'alcool absolu par la créosote et mieux encore par l'essence de bergamote.