V. — COLORATIONS DES COUPES MICROSCOPIQUES
Je n'ai pas à transcrire ici la totalité des méthodes colorantes signalées au cours de cet Ouvrage ; il me suffira de rappeler, qu'en histologie pathologique, un petit nombre de procédés de coloration doit suffire à tous les cas.
L'usage du prier o-earmin de Ranvier, qui donne des sélections si parfaites, répond à la presque totalité des indi-
cations. Pour les pièces durcies au Millier, il faut plus de temps, et les bains de 24 heures sont souvent nécessaires.
D'ailleurs, le picro-carmin lithiné de Orth permet la coloration instantanée de ces mêmes tissus.
Picro-carmin de Orth
Solution de carmin lithiné .
Eau saturée d'acide picrique
La solution de carmin lithiné consiste en :
— Solution aqueuse saturée à froid de
carbonate de lithiné q, s.
— Carmin pulvérisé 2,50
La technique la plus facile est la suivante : i° passage au picro-carmin de Orth (suivant les indications) q 5.
20 lavage à Veau picriquée {a) 30 lavage à l'alcool fort 40 alcool absolu
5° montage au baume ou dans la glycérine (au choix).
Uhématoxyline en solution glycérinée acétique est également d'une utilité journalière. 11 faut faire passer la coupe dans un bain abondant et laver largement, à plusieurs reprises, dans l'eau distillée. Les noyaux dans leurs différents stades sont parfaitement colorés.
Si Ton veut une double coloration des coupes, le bain d'éosine aqueuse en solution très étendue, prolongé
i vol.
i Alcool à 700 70 parties.
(a) Formule de Veau picriquée < Eau saturée d'acide picrique. ... 30 »
( Acide chlorhydrique 5 »
24 heures (% donnera les résultats les plus satisfaisants. (Voy. la technique détaillée p. 210) (2).
L'hématoxyline sert parfaitement pour la coloration triple bactériologique des coupes. (Voy. chap. Microbes pathogènes et Inflammations tuberculeuses).
V acide osmique, en solution à 1 °/0 ou à 2 °/0 s'emploie fort bien pour les coupes durcies dans le Millier. Il faut prolonger le bain un temps suffisant.
La recherche des figures karyokinétiques se fait à l'aide soit de l'hématoxyline, soit de la safranine. Une bonne technique, due à Cornil, est la suivante : solution alcoolique de safranine et solution aqueuse de safranine, de chaque, parties égales ; séjour de la coupe 24 heures dans ce bain de safranine alcoolique et aqueuse ; décoloration progressive par bain d'alcool absolu.
Les filaments chromatiques gardent un ton rouge vif, alors que tout le tissu se décolore en lilas pâle.
La recherche des noyaux dans les cas difficiles est assurée par l'emploi de la vévusine (3). Il suffit de décolorer par l'alcool absolu. Une bonne technique est celle qui consiste dans l'emploi successif du picro-carmin et de la vésuvine glycérinée.
Le carmin aluné, employé seul ou associé au picro-carmin, donne également de bons résultats.
(!) Pour obtenir une bonne déshydratation des coupes après le bain d'éosine, passer par alcool absolu, puis par créosote pure ; monter dans baume au xylol, après passage par xylol.
(2) Employer pour la déshydratation l'essence de bergamote de préférence à l'essence de girofle.
(3) Solution de vésuvine. — Eau bouillante, vésuvine pulvérisée, q. s. puis glycérine ajoutée en quantité égale à l'eau bouillie. Filtrer avant de s'en servir. Coloration rapide.
La recherche de la graisse est assurée par l'usage de l'acide osmique et aussi de V orcanette acétique.
Orcanette acétique
Orcanette 50 grammes.
Alccol à 950 150 »
Laisser macérer 48 heures, évaporer en consistance d'extrait ; reprendre par Acide acétique cristallisé .... 25 c. c.
Après dissolution, tirer, verser dans Alcool à 500 200 c. c.
Laisser reposer 24 heures et filtrer.
Si l'on veut différencier la névroglie, on emploie la méthode de Matasse^.
Méthode de Matasse^ pour la névroglie.
i° coupe colorée au picro-carmin peu ammoniacal.
20 passer dans solution de potasse à 40 °/0 — 10 minutes.
30 laver dans eau distillée.
40 traiter par acide acétique concentré.
50 monter dans la glycérine.
Les fibrilles de névroglie restent immuables et d'un lilas pâle, le tissu conjonctif est d'un rose jaunâtre très différencié ; il apparaît d'ailleurs tuméfié.
La différenciation des épithéliums glandulaires peptiques de l'estomac par Vaurantia a donné des résultats parfaits entre les mains de mon maître le professeur Hayem. Voici la technique :
i° passer la coupe à l'hématoxyline.
20 décoloration suffisant par l'eau acétique légère.
30 reprendre par une solution aa d'aurantia et d'éosine jusqu'à ton jaune rosé.
4° alcool ordinaire.
50 alcool absolu ' 6° essence.
70 xylol.
8° baume au xylol.
Les dégénérescences hyalines des cellules fixes sont facilement colorées par la méthode de Russel ou par la méthode de Kiïhne.
Méthode pour la coloration des corps hyalins.
i° passer la coupe, sur la lame, pendant dix à quinze minutes dans la solution de violet cristal.
Carbonate d'ammoniaque à 1 °/0.
Violet cristal (en solution alcoolique concentrée) q. s.
2° Gram, pendant deux minutes.
30 solution alcoolique concentrée (alcool absolu) de fluorescéine jusqu'à décoloration de la matière violette. 40 alcool absolu, pour enlever l'excès de fluorescéine. 50 essence de girofle.
6° xylol.
Le picro-carmin, l'éosine, seule ou associée à l'aurantia, colorent très bien aussi ces masses hyalines.
Veut-on colorer spécialement la fibrine, on a recours à la méthode de Weigert (Voy. le texte : fibrine, page 210).