‹ L'influence d'un livre [microforme]Chapitre 10 sur 20 · partie de sa jeunesse dans une belle retraite, à · texte numérisé non relu

partie de sa jeunesse dans une belle retraite, à

assassiné. Le fait est que le sang découlait len: tement et continucllement de ses blessures ou: vertes.

Notre héros, que nous avons perdu de vue de:

puis lassoirée de sa fameuse conjuration doit

mauvaise foi de Dupont; se trouvait là ; et il était intimement convaincu que Lepage était l’auteur du crime et, en conséquence, qu’il sérait exécuté. Il s’en réjouissait sécrètement ; car, depuis longtems, il n’y avait pas eu d’exécution, et 1| commençait à perdre l’espérance de se procurer sa fameuse main-de-sloire, avec laquelle il était assuré de ne pas se tromper. Il se permettait bien de ne pas perdre une aussi belle occation, et de faire agir tous les ressorts de son imagination pour réussir à s’emparer d’un des bras du criminel. Il serait retourné chez lui assez joyeux sans un accident qui le chagrinait : il avait aperçu St. Céran dans la réunion chez Thivauit.

Un mot sur ce jeune homme.,—St. Céran était descendu d’une bonne famille et avait reçu une excellente éducation qu’il avait ensuite perfectionnée par la lecture. Sa disposition, naturellement mélancolique, l’éloignait du fracas ordinaire du monde ; aussi avait-il passé la plus grande

la campagne, où il se livrait à son goût passionné

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ppour l'étude. + C’est là que dans une de ses longues promenades, il avait aperçu Amélie, jeune fille de quinze ans, au sourire triste et pensif. Amélie était le type d’une belle créole, Ses longs cheveux noirs desceéndaient jusqu’à ses pieds ; des prunelles, couleur d’ébène, voilaient son œil brun et languissant et donnaient à son visage pâle une expression angélique. Sa taille pouvait rivaliser avec celle des plus belles femmes du midi . ... Ils s'étaient aimés en se voyant et, avaient senti toute la vérité de cette belle pensée d’un auteur moderne : “ Nous étions nés l’un pour Pautre et, oublieux du tems qui fuit, nous nous élancions, gaîment, dans la vie, avec nos joies naïves et nos décevantes illusions.” Mais la volonté d un père venait détruire ce rêve de bonheur ; Amélie était la fille d’Amand, et il avait juré qu’elle n’appartiendrait jamais à St. Céran. Peut-être que mon lecteur serait désireux de savoir d’où venait l’antipathie d’Amand. Notre héros avait fait tout son possible pour l’engager dans

s’y était obstinément refusé ; ensuite il lui avait emprunté quelques livres qu’il avait entièrement gâtés : ce qui avait décidé ce dernier à lui fermer sa bibliothèque. Depuis ce tems, ils ne se parlaient plus et Amand avait défendu à sa fille de communiquer avec lui. C’est en partie ce qui

f Il avait néanmoins euses momens d’erreur,.

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avait décidé St. Céran à voyager dans le Haut à

Canada, d’où il revenait lorsqu'il rencontra Guil lemette chez Lepage.

Peut-être Amand avait-il une autre raison de refuser sa fille au‘jeune homme ; St. Céran n’était pas riche et avait souvent refusé de lui prêter de l’argent. Les jours de bonheur étaient passés et la joie faisait place à la tristesse, et au mal-

heur. Qui pourrait s’en plaindre ? Qui pour-k

rait espérer de trouver, au milieu d’une société d’hommes corrompus, la vérité, la paix et l’harmonie, seuls principes qui peuvent conduire à la vertu ; et sans la vertu, plus d’amour entre les hommes.

St. Céran l’avait étudiée, cette société tant vantée, et il en connaissait les fondements, qui

sont: l’amour propre, la vanité, le désir de plaire, à

se croire admiré de tous, prendre le sourire du mépris pourÿgelui de l’admiration, æ tourmenter toute une nuit, s’ennuyer et se dire à soi-même : —— Ah ! je me suis bien amusé ce soir.

Pendant une belle nuit du mois de Septembre,

St. Céran, seul, sur une belle anse de sable qui

s’avançait dans le fleuve, était plongé dans une réflexion profonde. Tout-à-coup il se prit à sourire amèrement et se dit tout haut :—Cela est vrai ; mais je possédais cette malédiction de l’espèce humaine :—l’énergie ! C’est une maladie qui tue : il fallait la détruire. Je n’étais pas né pour exister, j'étais né pour vivre ; ne pouvant aimer je méprisai; mais j'avais toujours ce sou-

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reux. Après avoir parcouru toutes les phases de [la vie je m’arrêtai près du torrent de la débauche. Un regard sur l’abîme fut suflisant. Je maudis l'existence et je me précipitai Mon premier pas fut vers les femmes ; mais des femmes qui méritent à peine ce nom. Sans toi mon Amélie je croirais que la femme douce, aimante ne se trou- En effet que sont-elles ces femmes de nos jours ? Un composé de passion dont la faiblesse, principe inhérent de leur sexe, éteint le feu naturel et le change en une flamme qui n’est qu’une déception et une moquerie du beau idéal que nous cherchons dans tour ce qui nous environne. Mues par le premier principe de ieur éducation, elles cherchent à plaire, à causer une impression, et elles croient y parvenir par un air affecté, un ruban ou une réponse impertinente. Est-ce que t@tes les femmes n’ont pas ces avantages, et ouuoi plaisentelles si peu ? Jeune hong fais ton premier pas dans ce monde que tu idélâtres, tu me répondras sans doute qu’elles plaisent.—Mais non; semblables aux acteurs qui paraissent un moment sur

jun théâtre, elles amusent et ellestrompent. Va les

voir ces visions si parfaites dans une belle soirée,

défaites, atten-

dant l’heure de reprendre leur visage riant en

médisant sur tout ce quiles environna la nuit

précédente, et faisant rejaillir leur mauvaise hu-

meur surtout ce qui les approche. Le hazard a E 2

voulu que quelques unes, douces, aimantes, vrais! météores dans la création, parussent parmi nous. Dans leur enfance c’était un plaisir de les entendre, de les voir, de les aimer : elles étaient pures, naïves et riantes : Mais la société les a bientôt à flêtries. Elles ont couvert d’un voile leur âme pure ; leur naïveté s’est changée en déception, leur sourire est devenu trompeur: suivant. les| idées d’une mère expérimentée, elles sont devenues marchandes de sentiment, elles ont appris à les prodiguer à ceux qui ont de l'or :—on leur a dit que c'était le bonheur. Loin d’entourer leur enfance d'idées riantes, on a tapissé leur berceau de peintures de famine. Avant qu’elles cénnussent l'amour, on leur a parié de femmes malheurcuses, entourées des enfans de la misère. à baptisée ‘ns les larmes :

The child of misery baptised in tears.” CRABBE.

Cherchant, de perte en porte, un refuge contre le K£ses j0 froid, la faim et ple#rant une union qui n’avait eu Ma pour fondement que l’äffection. Pourquoi, mères Krestes bar bares, ne leur avez-vous pas dit : que la plu- Bras m part de ces couples infortunés n’étaient .ombés dans saurai un état aussi désolant que par suite de leurs dé- Mais

fauts ? Pourquoi ne leur avez-vous pas dit : cette femme est malheureuse parce-qu’elle a épousé un homme dssolu‘? Non, le mot d’or a trop d’attrait à fÿgoreilles, il fallait inventer un mensonge pour pouvoir en, parler de ce métal chéri. Cette femme, avez -vous dit, est une mendiante parcequ’elle

rmi nous.

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à épousé un homme qui n’avait pas d’or, et cette phrase & été suivie d’une admonition maternelle

sur les richesses—Eh ! bien, je le veux ; qu’on

leur en donne de l’or : elles en demanderont en-

core, eiles diront à leurs filles : Vous ne pouvezplus songer à épouser un homm: de rien ; vous qui avez une fortune, il faut vous élever. Qu’on leur présente à ces femmes d'expérience un homme titré, riche, vieillard de vingt-cinq ans, cioaque de tout ce que la corruption humaine a inventé, alors écoutez-les dire : Il est jeune, il *e corrigera, il doit faire le bonheur de notre enfant ; eile nous remerciera, un jour, de ce que nous la forçons de s’unir à lui.—Oui, elle vous remerciera; ou peut-être vous maudira-t-elle un jour, lorsque, seule, entozrée d’une ncmbreuse famille, elle pleurera sa misère dans une masure, tandis que son époux accroupi près du feu d’un estaminet ignoble, cherche à s’énivrer en se rappelant ses jours d’opulence et de grandeur.

Mais brisons là-dessus. Mon Amélie, tu me restes, tu partageras le sort de ma vie, tu oubliejras mes égaremens et nous serons heureux. Je

Rsaurai t’arracher des mains d’un père ridicule. . .—

Mais elle ne vient pas? que peut-elle faire ? et le jeune homme se mit à se promener sur le sable

Jen attendant son amante qu’il n’avait pas vue de-

puis son retour, et à laquelle il avait donné rendez-vous sur cette plage.

Après quelques minutes d’attente, il entendit le froissemént d’une robe, et son amante était

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dans ses bras. Ah ! qu’il fui long et délicieux le baiser qu’il donna à la jeune fille qui, pleire de confiance en son honneur, se livrait sans réserve au plaisir de presser son. amant sur son cœur, après unc si longue séparation.

— Ah ! désormais Eugène, tu ne me laisseras plus, j'ai troo souffert pendant ton absence. Une étreinte passionnée fut la réponse du jeune homme.

—Parle donc, mon Eugène, dis-moi que tu mourras près de moi.

—Îl faudra pourtant que je parte de nouveau, Amélie.

—Eh bien pourquoi donc mon ami ?

— Tu le sais, jesuis sans fortune et si je veux que tu m’appartiennes un jour. …

ia jeune fille soupira et quelques larmes mouiilèrent sa paupière.

——Pourquoi ne pas unir nos destinées dès demain, Eugène. ?

—Je ne pourrais me résoudre à te voir souffrir, È

mon amour.

— Ah ! tu ne connais pas le cœur d’une femme, si tu crois qu’il y ait de plus grande souffrance que celles de labsence.

—Dis-moi, Eugène, crois-tu que lon puisse souffrir quand on est avec celui qu’on aime ? Mais non, je le sens, je ne suis pas née pour faire ton bonheur.

Le jeune home répondit par un soupir.— Peut-être qu’un jour, ajouta-t-il nous pourrons

donc:

réalise Amélie deux a par les la plu :

qui n’a heure chercl lui, po depuis la méc

Le et par!

gistrat de Qu penda vais é

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Lémine

étude:

licieux le, éaliser nos rêves de bonheur, mais en attendant, leire def; mélie, apprends de ton amant à souffrir. Les s réserve deux amants s’assirent ensuite sur un arbre jeté OR CŒUr, Bbar les flots sur le rivage et continuèrent pendan la plus grande partie de la nuit, une conversatior laisseras qui n’a rien d’intéressant pour nos lecteurs. Un: e. Uneheure avant le jour ils se séparèrent ; elle, pou une hom-E chercher en vain le repos sur un lit de misère, e lui, pour réfléchir sur le projet qu’il avait formé oi donc, depuisquelque tems, d’aller se livrer à étude d: la médecine dans la capitale.

NOUVEAU, Le lendemain il fitses préparatifs, à la hâte et partit quelque tems après Lepage que les ma ue: gistrats faisaient conduire à la prison du Distric 1 je VéUx de Québec. Il ne lui arriva rien de remarquable pendant sa route qui fut assez longue, vu le maues larmesk is état des chemins. Arrivé au but de sor voyage, il passa un brevet avec un médeein s dès de- éminent du lieu et commença, avec ardeur, ses …. Bétudes.

r souffrir, à 1e femme, ouffrance )n puisse e? Mais faire ton

soupir.— pourrons

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