‹ L'influence du moral sur le physiqueChapitre 29 sur 39 · T2 NE · texte numérisé non relu

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On a considéré la peur comme une modalité normale de l'instinct de conservation.

On peut dire que la peur est purement subjective. Elle est différente suivant le sujet. La femme et l'enfant sont plus peureux que l'homme. Ce sentiment est de tous les âges.

L'état de la peur à des intensilés diverses, des formes variées. La frayeur, leffroi, la terreur et l'épouvante expriment par la gradation quatre élats dans lesquels l'organisme éprouve encore une plus grande perturbation ; chez l'être habituellement peureux, ce sont de véritables paroxysmes de la fièvre continue qui le tourmente. La faiblesse physique est l'apanage habituel des gens peureux. Les malades et les débiles sont particulièrement prédisposés aux frayeurs. La grossesse et l’allaitement créent un état d'esprit très propice à leur éclosion, La solitude, l'obscurité et le silence y prédisposent ainsi que les fatigues excessives et la privation prolongée d'aliments. Une frayeur véritable est sans doute une expérience purement pénible. L'effroi est la forme de la peur la moins contagieuse, il glace, il pétrifie. La terreur est plus contagieuse et quelquefois va jusqu'à la panique. Quant à l’épouvante, sa contagion

est extrême.

D'après Lange, la peur s'accompagne de la paralysie

de l'appareil moteur volontaire et: de la constriction

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spasmodique des vaso-moteurs. Elle produit une constriction spasmodique de tous les muscles organiques.

Dans la peur, la paraiysie des muscles volontaires est souvent précédée par un tremblement passager et convulsif qui s'annonce par un tressaillement soudain, un cri au premier moment«de frayeur.

L'homme saisi par l’effroi soudain peut tomber paralysé à terre ou bien si l’innervation des muscles est incertaine, intermittente, il tremble, il chancelle, il bégaie d'angoisse.

La terreur s'accompagne d’une décoloration du visage qui reconnaît pour cause un arrêt momentané de la circulation et de la respiration.

Dans le poème intitulé : Induction, voici comment

Sack-Ville décrit la terreur

Next saw-we dread all trembling, how he shvok, With foot uncertain proffer' d here and there ; Benumb'd of specch, and with a ghasthy look, Search’ d’every place, all pale and deard for fear.

Ensuite, nous vimes la terreur toute tremblante, frissonnante et annonçant au hasard un pied hésitant ; la langue glacée et l’œil hagard, elle examinait tout autour

d'elle pâle et morte de peur.

Observons le peureux dans un de ces violents accès son visage est pâle et défait, il se détend, ses traits tirés s'accentuent. Ses yeux grands ouverts, par suite de la paralysie des sphineters sont immobiles, hagards et fixes, son regard est effaré. Dans leur rétraction ses

paupières chassent en avant le globe de l'œil par une ouverture agrandie. Ses sourcils, au lieu d'être agités comme dans la crainte, demeurent élevés et fixes, ils sont immobilisés et maintenus dans une position oblique par une contraction violente des muscles. Ses lèvres sont livides, sa bouche reste béante, elle se sèche, Fa fr

gue adhère au palais. Ses narines sont immobiles. Quant au tronc, les muscles qui s'y insèrent ont perdu toute leur puissance de réaction. Les bras se fléchissent et les mains se joignent, les genoux tremblent et fléchissent. La constriction spasmodique des vaso-constricteurs et l’anémie cutanée qui en résulte détermine la pâleur et le froid, symptômes subits et très accusés ; un frissor court dans le dos, le sang se glace, se fige dans les veines. La constriction va$o-motrice et l’anémie qui en résulte amènent toujours quelle que soit leur eause des frissons, des tremblements, des claquements de dents et ce sont là justement les expressions caractéristiques de l'angoisse. Ainsi, le frisson glacial qui parcourt et secoue tout le corps est la conséquence du reflux du sang vers le centre. La respiration se ralentit, le cœur et le pouls battent irrégulièrement, tumultueusement. « Suivant toute apparence les muscles organiques involontaires participent tous dans la peur à l'état spasmodique. Ainsi chaque contraction intestinale s'accompagne ordinairement de coliques, de crampes d’intestin, et l'homme cffrayé commerce bientôt à s'en apercevoir. » (Lange.) La

voix devient rauque et brisée, elle expire sur les lèvres.

Souvent une longue syncope succède à cette violente concentration suivie quelque fois d’une mort subite.

La peur chez les enfants fait brusquement refouler le sang de la périphérie au centre, fait battre le cœur avec violence. Le pouls devient fréquent, souvent irrégulier, la respiration courte et précipitée. Les yeux ouverts et fascinés, l'oreille tendue, le corps immobile, l'enfant reste fixé sur l’objet de sa peur, jusqu'à ce qu'ayant épuisé toute sa puissance de contraction musculaire, il tombe dans une sueur de faiblesse.

Le premier effet de la peur ressemble beaucoup au frisson par lequel débute fa fièvre. Ceux qui l’éprouvent sont affectés d’une sorte de resserrement spasmodique, leurs muscles tremblent, leur visage pâlit, leur langue reste glacée et comme immobile pendant toute la durée de la sensation. « Un froid subit semble opérer la rétrocession du sang de l'extérieur à l’intérieur. »

D'abord les signes évidents et habituels de la peur comprennent un dérangement organique, une détente musculaire accompagnée de violents eflorts dans des directions particulières. Puis, comme résultat total, c’est une perte de puissance. Il y a augmentation de tension des yeux, de la voix, et un effort violent pour échapper au danger.

Le retentissement que la peur exerce sur les fonctions organiques est connu. Il n’est pas d'organe qui ne souffre par l'effet de la peur. La peur comprime toutes les fonctions assimilatrices, elle arrête ou ralentit incontestable-

ment l'acte de la respiration. Suivant son intensité, elle

peut déterminer une accélération ou un ralentissement de l’activité cardiaque.

D'un côté affaissement physique accompagnant une souffrance générale et, de l’autre côté, volition intense, excitante, inspirée par le désir d'échapper au danger. C’est l’état précis où les fonctions organiques souffrent le plus, chacune d’entre elles pour être affaiblie. De même tous les muscles qui ne sont pas expressément stimulés montrent du ralentissement. La suppression de la salive est un bon exemple de l'affaiblissement des fonctions organiques.

Les malades et les blessés sont plus sensibles à son action que les bien portants. La peur fait survenir des complications chez les individus atteints de blessure. On a vu des blessés dont la guérison paraissait aussi assurée que prochaine, être mis en danger de mort par une frayeur inopinée.

On a vu des femmes d’une extrême susceptibilité nerveuse, chez lesquelles la peur détermine la suppression des menstrues, des lochies, du lait et quelquefois des hémorragies utérines graves et parfois même l’avortement. |

Les anciens médecins ont remarqué que les violentes frayeurs peuvent causer l’aliénation mentale, la catalepsie, l'hydrophobie, des apoplexies pulmonaires et cérébrales et chez des anévrysmatiques, déterminer une rupture du cœur ou d’une grosse artère, accident immé-

diatement suivi de la mort.

I est tout à fait hors de doute que la peur peut déter-

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miner la paralysie, l'épilepsie, des troubles mentaux et diverses maladies nerveuses, de même une peur soudaine peut provoqur la mort.

En temps, d’épidémie, la peur, la crainte précipitent au tombeau de nombreuses victimes, tandis que le calme, le courage de l'âme semblent très souvent conjurer le danger.

On a remarqué des cas où, à la suite d’une frayeur subite, les cheveux d’un sujet auparavant noirs sont devenus complètement blancs. On trouve même quelques exemples authentiques d’une violente terreur faisant tomber les cheveux presque subitement.

Mais ia peur peut aussi exciter nos forces quand elle est légère et agir comme stimulant sur le système nerveux, surtout si elle arrive dans un moment de tristesse, d’abattement.

Les effets de la peur peuvent aussi parfois provoquer

un dénouement heureux dans quelques maladies.

La crainte que l’on a mal à propos confondue avec la peur, est ce sentiment d'inquiétude excitée dans l’âme par l’idée d’un mal que l’on redoute et dont on s'exagère les conséquences. Elle retentit sur les fonctions organiques. Ges fonctions souffrent plus ; elles peuvent être affaiblies. Elle peut diminuer et anéantir les forces musculaires et motrices. Elle s'accompagne de tremblement, de battements de cœur, quelquefois même de

diarrhée.

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Le caractère général de l’état mental de la crainte est une souffrance répandue dans toute la masse, une dépression générale : mélancolie,. désespoir.

On porte le fardeau de sa peine, on est oppressé, plié

par la tristesse, mais on est paralysé par la crainte.

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