‹ L'influence du moral sur le physiqueChapitre 4 sur 39 · LOGE · texte numérisé non relu

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on en reste maître, toutes sont mauvaises quand on s'y laisse assujettir.

L'homme est un être essentiellement actif, sollicité à l’action tantôt par des impulsions intérieures, tantôt par des impressions venues du dehors et transmises à l’âme par les sens.

De ses impulsions et de ses impressions résultent pour lui des besoins nombreux, mobiles de tous ses actes. L'animal et l’enfant obéissent immédiatement à la stimulation du besoin, l’homme n'agit, ne satisfait ce besoin qu'après avoir jugé s'il peut ou s’il doit le satisfaire. L'homme est donc conduit par deux guides, le besoin et la raison : l’un qui le sollicite et le pousse, l’autre qui l'éclaire et le retient. Aussi la vie humaine est une lutte presque continuelle entre le devoir et le besoin.

Le besoin est une sorte de voix intérieure réclamant une satisfaction.

Tout être organisé à des besoins. Toutes les fois que nos appareils sont aptes à fonctionner, nous en sommes avertis par une certaine sensation qui n'est autre chose que le besoin.

Nous avons tous, les uns plus, les autres moins, des besoins normaux qui résultent du fonctionnement régulier de nos organes.

Une fois ces besoins vivement ressentis, ils éveillent en nous un désir d’une grande violence, Le désir amène la volonté et la volonté la passion. Ainsi, toute tyrannie de nos besoins fait naître la passion.

Descuret appelle passion des besoins déréglés qui, en

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général, commencent par nous séduire et finissent par nous tyranniser.

Renda, dans son ouvrage Le passionni dit : « Les passions sont des équivalents psychopathiques. »

« Les passions sont, écrit-il, pour les psychopathies ce que les équivalents psychiques sont pour l’épilepsie. Elle sont des préludes ou des substituts soit dans l'individu, soit dans le processus héréditaire des formes morbides classiques ; elles en présentent les formes atténuées et ont toutefois la même issue. »

M. Ribot incline personnellement vers la thèse pathologique. D'après lui, passion et folie paraissent laillées dans la même étoffe. Il n'y a aucun caractère spécifique qui permette de distinguer toujours et sûrement le passionné de l’aliéné.

M. Ribot a très fortement établi que la passion occupe dans l'ordre affectif la place dévolue à l’idée fixe dans l’ordre intellectuel. Elle rompt l'équilibre des inclinations en dirigeant toute l'énergie vers un même point.

Antonin Eymieu définit la passion d’une façon précise. D'après lui, la passion est un état affectif oscillant du désir au sentiment ou à l'émotion et réciproquement à l’état violent et chronique.

Il écrit aussi dans : Le gouvernement de soi-même « La passion est done un phénomène psychologique qui, amorcé par un désir quelconque de l'esprit ou des sens remonte au sommet de l'esprit par l'idée fixe, s’y maintient en permanence, s’y développe et s'y enrichit aux

dépens de toutes les autres idées ; puis descend de là

comme une avalanche dans l'organisme, s'agglomérant avec toutes les énergies affectives el balayant tous les obstacles sur son passage. »

La passion est donc l'œuvre souvent frivole de l'homme, un équivalent affectif de l'attention et de la volonté stable ; elle est donc une rupture dans la vie normale. Elle est un état anormal sinon pathologique, une

« exCroissance, un parasitisme ».

Epicure reconnaissait trois passions : la joie, la douleur et le désir.

Les stoïciens quatre : le désir, la joie, la tristsese et la crainte, saint Thomas d'Aquin en reconnaissait onze l'amour, la haine, le désir, l’aversion, la douleur l’espérance, le désespoir, la crainte, l'audace et la colère.

Descartes reconnaissait six passions primitives : l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse.

Bossuet, après Saint Augustin, pensa que toutes les passions se réduisaient à une seule : l'amour. « Ainsi, disait-il, la haine que l'homme a pour quelque objet ne vient que de l'amour qu'il a pour un autre ; le désir n’est qu'un amour qui s'étend au bien qu'il n’a pas, comme la joie est un amour qui s'attache au bien qu'il a ; l’audace est un amour qui entreprend ce qu'il y a de plus difficile pour posséder l’objet aimé ; l'espérance est un amour qui

se flatte de posséder cet objet et le désespoir est un amour

désolé de s'en voir privé à jamais ; la colère est un amour irrité de ce qu'on veut lui ôter son bien et qui s'efforce de le défendre, enfin Ôtez l'amour, il n'y a plus de passions, et posez l'amour, vous les faites renaître toutes. »

Saint-Augustin avait dit : « Le désir est la course de l’amour, la crainte est sa fuite, la douleur est son tourment et la joie son repos. »

D'après de la Chambre, premier médecin de Louis XI, les passions soit qu'elles s'élèvent dans la volonté ou appétit intellectuel, soit qu'elles se forment dans l'appétit sensitif, peuvent être divisées en simples et en mixtes. Simples au nombre de onze : l'amour et la haine, le désir et l’aversion, le plaisir et la douleur, l'espérance et le désespoir, la hardiesse et la crainte, enfin la colère ; les mixtes sont la honte, l'impudence, la pitié, l’indignation, l'ennui, l’'émulation, la jalousie, le repentir, et l'étonnement.

La Rochefoucault et Helvetius synthétisaient toutes les passions dans l’amour-propre, l’amour de soi, l'intérêt personnel.

Le physiologiste Magendie distinguait des passions animales et des passions sociales.

Scipion Pinel admettait des passions viscérales et des passions cérébrales.

Dans son hygiène morale, Casimir Broussais avait classé des passions en trois groupes : elles étaient animales, sociales et intellectuelles.

Charles Fournier distinguait douze passions, cinq sen-

À Va

sitives, quatre spirituelles, qui forment la chaîne de tous les liens sociaux.

En envisageant l'influence des passions sur l'organisme on les distingue en agréables et pénibles. Toutes les passions humaines peuvent se rapporter soit

des besoins animaux, soit à des besoins sociaux, soit

po

des besoins intellectuels.

Mais l’homme ne vit pas seulement de la vie présente, il a besoin de croire à un monde meilleur, et il s’y trans

porte sur l'aile de l'espérance.

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