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gage occulte le sentier du respect ou de la dévotion, et eile est indispensable à celui qui veut devenir un étudiant de la sagesse occulte...
Des expériences intérieures nous font savoir quelles sont les dispositions que l'on remarque dès leur enfance chez ceux qui sont destinés à devenir plus tard des occultistes. Il existe des enfants qui regardent avecune sainte vénération certaines personnes ; ils éprouvent pour elles un respect profondément enraciné dans leur cœur qui fait taire toute pensée de critique ou de contradiction. Ces enfants, quand ils sont devenus des jeunes gens ou des jeunes filles, ressentent comme un bienfait d’avoir quelque chose à respecter. C'est parmi eux que se recrutent Ja plupart des étudiants de l’occultisme. Vous êtesvous arrêté parfois sur le seuil d’un homme que vous vénérez et avez-vous, à cette première visite, | ressenti comme une religieuse émotion au mo= ment de frapper à cette porte et d'entrer dans ce. sanctuaire ? Vous pouvez considérer le sentiment que vous avez alors éprouvé comme le germe:
des dispositions que doit avoir l’occultiste.
C'est un véritable bonheur pour l'être en voie” de croissance de connaître ces sentiments, maïs il ne faudrait pas croire que ces dispositions ont quelque rapport avec la subordination ou l’escla
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yage. L'expérience nous apprend que les hommes vraiment indépendants et fiers sont justement ceux qui ont appris à respecter ce qui est respectable, et le respect est justifié partout où il est issu des profondeurs du cœur humain.
Si nous ne nous pénétrons de la conviction qu'il existe quelque chose au-dessus de nous, nous ne trouverons pas la force nécessaire pour nous élever à un niveau supérieur à notre niveau actuel. L’initié n’a pu conquérir la force de gravir
les sommets de la connaissance que parce que son
. cœur asu s’abaisser dans le respect et la dévotion.
On ne saurait monter jusqu'aux cîmes de l'esprit qu'en passant par la porte de l'humilité. On ne peut parvenir à la vraie science qu'après avoir appris à lui rendre un culte. Certes, l’homme à le droit de regarder en face la lumière, mais ce droit il doit le conquérir. Il y a dans la vie spirituelle des lois aussi absolues que dans le monde matériel. Frottez une tige en verre avec une substance appropriée, et elle acquiert le pouvoir d'attirer des objets de faible dimension. Ce phénomène est le fait d’une loi naturelle, que connaît tout physicien.
De même, on n'ignore pas pour peu que l'on connaisse les éléments de l'occultisme, que tout sentiment de vraie dévotion développe dans l’âme
une puissance qui doit la conduire, tôt ou tard, sur le sentier de la connaissance. Celui qui a le bonheur de posséder naturellement ces tendances dévotionnelles ou de les acquérir par une éducation appropriée y trouvera, au cours de son existence, un auxiliaire précieux quand il voudra s’adonner à la science occulte. Mais celui qui n’a pas cette préparation rencontrera des obstacles dès ses premiers pas dans le sentier de la connaissance s’il n’entreprend de développer en luimême cette dévotion en s’imposant une discipline énergique.
A l’époque où nous vivons il est particulièrement important d’attirer l’attention sur ce point. Notre civilisation a, en effet, un penchant à critiquer, à juger, à décider sur toutes choses, tandis qu’elle nous détourne de la dévotion et du respect confiant. Nos enfants eux-mêmes, préfèrent critiquer que d'écouter avec respect. Or, toute critique, tout jugement prématuré porté sur les autres chasse de l’âme les forces qui permettent d'accéder à la connaissance, tandis qu’un mou-
vement de respect les développe. Nous ne voulons :
pas faire par là le procès de notre culture, car c'est précisément à la critique, à l’examen conscient et à l’habitude « d’éprouver toutes choses pour choisir la meilleure « que nous devons les
progrès de notre civilisation. Jamais l’homme ne serait parvenu au degré de perfection actuelle dans les sciences, l’industrie, les transports ou la législation s’il n'avait appliqué à toute chose cet esprit de libre examen en soumettant toutes les questions au verdict de son jugement. Mais ce que nous avons ainsi gagné dans le domaine de la culture extérieure, nous le perdons en revanche en dispositions spirituelles dans le domaine de l'évolution supérieure.
Il est pourtant un point dont chacun doit se rendre un compte exact : c’est que l’homme qui se laisse submerger par le courant de la culture contemporaine a beaucoup de peine à parvenir à la connaissance des mondes supérieurs, s’il ne se soumet à une énergique discipline.
Au temps ou la vie matérielle était plus simple, l'essor spirituel était moins malaisé. Les choses saintes et respectables tranchaient davantage sur les choses de la vie courante. L'idéal s’est abaissé à notre époque d'esprit critique. Des sentiments tout autres ont pris la place du respect, de la vénération, de l’adoration et de l’admiration. Ces dispositions, notre civilisation les refoule toujours davantage, de sorte que dans la vie quotidienne, l’homme a peu d'occasions de les éprouver. Celui qui poursuit la connaissance supérieure doit les
provoquer en lui, les inoculer dans son âme.
Ce n’est point par l’étude, maïs bien par la vie même que l’on y parvient. Si vous voulez devenir un étudiant de l’occultisme, il faut développer par l'éducation vos tendances dévotionnelles, rechercher dans votre entourage ou dans vos expériences ce qui peut Vous imposer un sentiment d'admiration ou de respect.
Partout où les circonstances, partout où vos devoirs le permettent, il faut essayer de renoncer à la critique et au jugement. Si, rencontrant un homme, je ne songe qu’à blâmer ses faiblesses, je me ravis à moi-même de la force spirituelle ; si je cherche avec amour à pénétrerses qualités, J'assimile de cette force spirituelle. Le disciple ne doit perdre aucune occasion d'appliquer ce principe. Des occultisites éprouvés savent tout ce qu’ils doivent à leur habitude de considérer en toutes choses le bon côté et de différer à prononcer leur jugement. Et cette règle ne s'applique pas seulement à l'attitude extérieure elle doit s'emparer de notre âme même. L'homme a, sous la main, les moyens de se perfectionner lui-même, de se transformer entièrement avec le temps. Mais cette métamorphose doit s’accomplir dans sa vie intérieure, dans sa pensée. Il ne suffit pas de témoigner du respect
par notre attitude : le respect doit être en nous.
Aussi l'étudiant doit-il commencer par faire une place à la dévotion dans sa vie mentale. Il doit bannir de sa conscience les sentiments de mépris ou de dénigrement et s'attacher particulièrement à cultiver la dévotion.
Lorsque dans le silence d’une méditation paisible, nous nous appliquons à chasser de notre conscience tout ce qu’elle renferme de critique, de dénigrement, de blâme à l'égard de nos sembiables ; — chacun de ces instants nous rapproche de la connaissance spirituelle. Et nous progressons vite sidanscemoment-là nousnouspénétrons de sentiments d’admiration, d'estime et de respect vis-à-vis des choses et des hommes. Ceux qui ont l'expérience de ces sujets savent bien que dans ces moments, des forces qui resteraient assoupies s’éveillent dans l’âme humaine. L’œil spirituel s'ouvre chez l'homme et perçoit des objets qu'il ne saurait voir en temps normal. Ilcommenceà comprendre qu’il n’a connu auparavant qu'une partie de l’univers. Les hommes qu’il rencontre se présentent à lui sous une forme nouvelle. A vrai dire ce n’est pas cette discipline à elle seule qui suffit pour permettre de percevoir l’Aura humaine : il faut qu'une discipline encore plus haute s’y ajoute. Mais pour s'élever jusqu’à ce niveau,
il faut avoir énergiquement développé les sentiments dévotionnels.
L'entrée du disciple dans le sentier de la connaissance s’accomplit sans bruit, à l’insu de tous: personne ne remarque un changement extérieur chez lui, il accomplit ses devoirs comme auparavant, il s'occupe de ses affaires comme précédemment. La transformation se passe uniquement dans son âme, à l'abri des regards. Tout d’abord la disposition fondamentale dr la dévotion rayonne dans toute la vie sentimentale, et constitue le centre de sa vie intérieure. De même que le soleil vivifie de ses rayons tous les êtres vivants, de même chez le disciple la dévotion vivifie tous les sentiments.
Au début l’homme a de la peine à croire que des sentiments tels que le respect ou la vénération aient quelque chose à faire avec sa faculté de connaître. Cette erreur vient de ce qu’on est généralement enclin à considérer la connaissance comme une faculté en soi, indépendante de tous les autres éléments de la vie intérieure. On ne songe point que c’est précisément dans l’âme que réside cette faculté de connaître et que les sentiments sont pour l’âme ce que les aliments sont pour le corps. Si l’on donne au corps des pierres à manger au lieu de pain, son activité meurt. Il
en est de même pour l’âme. Le respect, l'estime et la dévotion sont des substances qui la nourrissent, qui la rendent saine et vigoureuse, et par-dessus tout vigoureuse dans sa faculté de
connaître. Au contraire, le mépris, l’antipathie,
le dédain vis-à-vis des choses respectables ont pour effet de paralyser et de désagréger les pouvoirs de la connaissance.
L'occultiste peut vérifier ce fait par l’examen de l’aura humaine. L’assimilation de sentiments de respect et de dévotion provoque un changement dans l’aura. Certains éléments teintés de rouge tirant sur le jaune ou sur le brun disparaissent et sont remplacés par des rouges nuancés
de bleu. Par suite, le rayon de la perception
s'étend, elle est impressionnée par des objets environnants dont elle n’avait précédemment aucune notion; car la dévotion éveille dans l’âme une force sympathique capable d'exercer une attraction sur certaines qualités des êtres environnants, qualités qui, autrement, demeureraient cachées.
Les effets de la dévotion sont encore plus actifs
si un autre ordre de sentiments vient s’y ajou-
ter : il s’agit pour l’homme de ne plus se livrer,
dans une mesure aussi large, aux impressions
du monde extérieur, mais de développer par
contre, en soi-même une vie intérieure plus active. Un homme toujours à la poursuite de sensations nouvelles, à la recherche de divertissements, ne saurait trouver le chemin de la science occulte. On ne demande pas au disciple de devenir insensible au monde extérieur, mais il faut que sa vie intérieure prédomine, et'lui serve de directrice quand il se livre aux sensations extérieures. Par exemple, un homme dont l’âme est enrichie de sentiments cultivés par lui éprouve tout autre chose en contemplant un beau paysage que l'homme dont la vie intérieure est indigente. L'un fait un voyage en mer, sans ressentir autre chose que de très rares impressions. Un autre à sa place entendra la parole de lesprit universel et les énigmes de la création se dévoileront pour lui. Il faut avoir appris à faire état de ses sentiments et représentations personnelles, si l’on veut établir entre l’âme et le monde extérieur des relations fécondes. Le monde extérieur, dans tous ses phénomènes, déborde d'une beauté divine, mais il faut avoir connu en soi le divin par une expérience vécue pour le découvrir dans son entourage.
L'étudiant devra s’attacher à se réserver des moments de calme et de solitude pour se plonger dans la réflexion. Mais ces instants ne seront
pas consacrés à ses affaires personnelles, ce qui
- aurait des effets contraires à ce qu’il doit chercher. Il doit dans ses méditations laisser librement résonner en lui l’écho de ses expériences passées et des «impressions reçues du monde extérieur.
Fleurs, animaux, actions, toutes choses lui dévoileront dans le silence des secrets insoupçonnés. Et de la sorte, il se prépare à accueillir les sensations futures que lui réserve l’univers avec des dispositions toutes nouvelles. Celui qui, dans le défilé ininterrompu dessensations ne recherche que la jouissance passagère voit ses pouvoirs de connaître s'émousser progressivement. Il faut qu'il s’accoutume à ne pas seulement revivre par la pensée la sensation de jouissance elle-même, mais surtout à faire fructifier par son activité intérieure le « contenu » de la jouissance, en renonçant à rechercher dans ce travail une simple prolongation de son plaisir.
Il y a là un grave et périlleux écueil, c’est qu'au lieu de travailler réellement sur soi-même, on tente au contraire d'épuiser après coup la jouissance passée. Il ne faut pas dissimuler qu'il existe là pour l'étudiant des sources d'erreurs à perte de vue. Il faut qu’il aille son chemin au travers de tentations multiples. Tout conspire à endurcir son moi, à le renfermer en lui-même,
et, il doit au contraire, l’ouvrir largement aux forces universelles. Il a le devoir de rechercher la jouissance, car elle peut seule l'unir au monde extérieur. Si mon âme s’émousse et se ferme à la jouissance, elle est comme une plante impuissante à tirer de son entourage les sucs nourriciers. S'il en reste à la jouissance, il se confine en luimême. Il agit pour soi, à l'écart des forces universelles. Si intense que puisse être sa vie intérieure et sa culture du moi, il s’est séparé du monde. Il est mort pour le monde.
L'étudiant de l’occultisme considère la jouissance comme un moyen d’ennoblissement en vue de l’évolution universelle. La jouissance est pour lui un instructeur, dont il reçoit les enseigements : après avoir reçu ses leçons, il marche en avant dans la voie du progrès par la jouissance vers le travail. Il apprend, non pour.entasser ses connaissances comme un trésor, mais pour les mettre au service de l'Univers.
Il existe dans toute forme de l’occultisme un principe que nul ne doit transgressser s'il veut aboutir à un résultat. Le maître doit en pénétrer l’èlève qu’il guide. Il est ainsi conçu : « Toute. connaissance recherchée avec le but unique d’augmenter et d'enrichir le trésor de tes connaissances personnelles, t'éloigne de la voie, maïs toute
connaissance que tu recherches pour accomplir un travail au service de l'humanité et de l’évolution universelle, te porte un pas en avant. »
Cette loi doit être strictement observée. On ne peut se regarder comme un véritable étudiant avant d’avoir fait de cette loi la directrice de son existence. Dans beaucoup d’écoles, cette vérité prend la forme de l’axiome suivant: « Toute idée qui ne devient pas idéal tue en ton âme une force ; toute idée qui devient idéal suscite en toi une force vive. »
Les premiers enseignements communiqués au disciple ont pour objet le sentier de la dévotion et le développement de la vie intérieure. Ces règles pratiques n’ont rien d'arbitraire,elles sont fondées sur des expériences et sur un savoir qui remonte à la plus haute antiquité, elles revêtent la même forme partout où ellessontdonnées par des maîtres qui connaissent les chemins de la science supérieure. Tous les maîtres dignes de ce nom sont dans un parfait acccord en ce qui concerne le contenu de ces prescriptions, alors même qu'ils se serviraient parfois de mots différents : les dissemblances tout à fait secondaires et purement apparentes que l’on croit découvrir entre leurs leçons sont dues à des causes dont nous n’avons pas à parler ici.
Il n’est point de vrais maîtres en occultisme qui veuillent par ces règles arriver à exercer une domination tyrannique sur les autres hommes ou restreindre, si peu que ce soit, le libre arbitre de quiconque. Car personne ne saurait estimer et sauvegarder l'indépendance humaine comme le font ces maîtres. Nous avons dit que l’ordre dont font partie tous les initiés est entouré d’un retranchement dont la solidité est cimentée par des lois. Mais si l’initié sort de cette retraite pour se mêler à la vie publique, il doit prendre garde à l’observation d’une troisième loi ainsi conçue : « Gouverne chacune de tes actions, chacune de tes paroles de telle sorteque jamais le libre arbitre d’aucun homme n'en subisse une restriction. » Celui qui a compris qu’un vrai maître est profondément pénétré de cet esprit saura qu'il ne renonce pas à une seule parcelle de son indépendance en suivant les règles qui lui sont enseignées.
L’une des premières parmi ces règles peut s'exprimer à peu près dans les termes suivants: « Sache te procurer des instants de repos intérieur et mets-les à profit pour apprendre à discerner le réel de l’apparent, le permanent de l'éphémère. »
C’est ainsi, du moins, qu'on peut exprimer
cette règle pratique en langue française, car, à l'origine, toutes les règles et leçons de la science occulte ont été données dans une langue de signes et de symboles, et pour comprendre toute leur, importance et toute leur portée, il faut d’abord avoir obtenu la permission d’étudier cette langue symbolique; cette permission ne peut être accordée qu’à ceux qui ont déjà fait leurs premiers pas dans l’occultisme et ces premiers pas demandent la stricte observation de ces règles pratiques telles qu’elles sont exprimées ici. Le chemin est librement ouvert à tous ceux sans exception qu’une volonté ferme anime.
Simple est la règle qui concerne les moments de calme intérieur, simple aussi son observation, mais elle ne conduit au but que si elle est envisagée avec un sérieux et une rigueur aussi absolus que sa simplicité est grande. Disons tout de suite et sans détour comment il faut l’entendre.
L'étudiant doit pendant quelques instants faire abstraction de sa vie quotidienne et pendant ce temps se consacrer à des occupations tout autres que ses occupations journalières. Non seulement l’objet, mais encore le mode de son activité doit être profondément différent des activités qui remplissent le reste de son temps.
Il ne faut pas entendre par là que ce qu'il a à
faire pendant ces instants particuliers soit sans aucun rapport avec son travail quotidien. Au contraire, l’homme qui s'applique à rechercher de pareils moments, remarquera bientôt que c’est seulement grâce à eux qu'il peut acquérir toute la force dont il disposera pour sa tâche accoutumée. Il ne faut pas s’imaginer non plus que le temps consacré à l’observation de cette règle soit pris au détriment des devoirs à accomplir. Car, si vraiment il existe quelqu'un qui n'ait pas plus de temps à sa disposition, cinq minutes par jour lui suffisent pourvu qu'il sache mettre à profit ces cinq minutes.
Pendant ce temps, l’homme doit se placer luimême en dehors de son courant habituel; ses penséeset ses sentiments se présenteront sous d’autres couleurs qu’à l'ordinaire ; ses joies, ses douleurs, ses soucis, ses expériences, ses actions défileront devant son âme, et il prendra pour les considérer une position telle que tout ce qu’il a vécu lui apparaisse comme d’un point de vue nouveau et plus élevé.
Songez seulement combien dans la vie nous apparaissent différentes les expériences d'autrui et les nôtres propres. Il n’en saurait être autrement, car dans tout ce que nous faisons ou ressentons, nous sommes impliqués nous-mêmes.
Dans ce que fait ou ressent autrui il n’y a pour nous qu’un spectacle. Or, dans les moments mis à part pour la méditation, ce que nous devons poursuivre, c'est de parvenir à envisager nos sensations comme si elles étaient le fait d'autrui. Imaginez un homme frappé d'un grand malheur. Ne le considère-t-il point tout autrement qu'un malheur de tout point semblable qui aurait atteint autruir On ne saurait trouver ce sentiment injuste, 1l est profondément humain, et il en est dans les petits faits de la banalité courante tout comme dans ces graves événements. L'étudiant doit chercher la force nécessaire pour pouvoir à certains moments se COnsidérer comme un être étranger à lui-même. Il doit se regarder avec la tranquillité intérieure qui caractérise un simple observateur. Si l’on y parvient, les expériences personnelles se montrent sous un jour nouveau. Aussi longtemps que nous nous laissons entraîner et comme envelopper par elles, nous demeurons aussi attachés à l'accessoire qu’à l’essentiel. Pour l'observateur tranquille et désintéressé, l'accessoire et l’essentiel se distinguent aisément. Joies et tristesses, chaque pensée et chaque volition apparaissent autres si on les considère de ce point de vue. — De même si vous avez pendant toute la journée parcouru une
contrée et contemplé de près toutes les parties grandes ou petites du paysage, et que le soir venu vous gravissiez une coliine voisine pour jouir d’un coup d’œil d'ensemble, alors, les rapports réciproques de tous les éléments qui constituent ce paysage vous apparaissent tout autres que quand vous cheminiez au travers. — Ce qui fait le prix de cette contemplation tranquille de soimême, c'est beaucoup moins ce que vous y découvrez que le fait d’avoir su trouver en vous la force d'évoluer ce calme intérieur.
Car en tout être humain, il existe à côté de l'homme que l’on peut appeler l’homme de tous les jours, un autre homme plus élevé que le premier. Cet homme supérieur reste assoupi jusqu’à ce que l’on ait pris la peine de l’éveiller et c'est vous seul qui avezle pouvoir de l’éveiller en vousmême. Aussi longtemps qu'il n'est point devenu actif, les pouvoirs supérieurs qui conduisent à ia connaissance supra-sensible ne sauraient se manifester.
La force qui donne naissance au calme intérieur est une puissance magique qui libère en nous certains pouvoirs occultes. Aussi longtemps que l'on n'a pas ressenti ceteffet magique, il faut persévérer dans l’observation intégrale et stricte de la règle énoncée plus haut, et pour tous ceux
qui persévèrent ainsi, vient un jour où la clairvoyance spirituelle illumine les choses environnantes et où des yeux nouveaux dont ils n'avaient point soupçonné l'existence voient surgir un monde nouveau.
Il n'est nul besoin de modifier en rien son existence normale pour commencer à observer cette règle. L'étudiant accomplira ses devoirs comme par le passé, il continuera à souffrir des mêmes peines, à ressentir Les mêmes joies. Il ne devient nullement étranger à la vie; au contraire, durant le jour, il mènera une existence d'autant plus active qu'il sait s’assimiler une vie plus haute dans ses instants de recueillement. Peu à peu cette vie plus haute exercera son influence sur la vie ordinaire. Ces instants de calme auront leur action sur le reste de l'existence. L’homme tout entier deviendra plus tranquille, plus sûr dans ses actions, il ne se laissera plus troubler par tous les incidents possibles. Progressivement il en arrivera à prendre en quelque sorte la direction de son existence au lieu de l’abandonner aux circonstances et aux influences extérieures.
Il remarquera bientôt quelle source de force et d’énergie représentent pour lui ces quelques instants de recueillement. Il commencera à ne plus s’irriter de choses qui l’irritaient auparavant, une
multitude de possibilités qui le remplissaient de frayeur cesseront de lui inspirer la moindre crainte : toute une conception nouvelle de la vie deviendra son partage.
Auparavant, il n’abordait pas certaines besognes sans appréhension, il se disait: « Ma force ne suffira pas à accomplir ce travail comme je voudrais l’accomplir »; maintenant cette pensée ne lui vient plus, une pensée tout autre a pris sa place. Il se dit: « Je veux rassembler toutes mes forces pour mener cette besogne aussi bien qu'il m'est possible de le faire », et il étouffe les pensées qui le rendaient autrefois craintif, car il sait que c'est précisément cette appréhension qui peut l'inciter à mal remplir son devoir et qu’en tous cas elle ne saurait exercer aucune bonne action sur son travail. Ainsi, se glissent successivement dans la conception de la vie, chez le disciple, des pensées fécondes et bienfaisantes, remplaçant les pensées qui, précédemment, le paralysaient et l’affaiblissaient. Ainsi, il commence à conduire sa barque sur l'océan de la vie d'une main sûre, alors qu'auparavant il la laissait ballotter par les vagues.
Ce calme et cette maîtrise exercent une action en retour sur l’être humain toutentier en favorisant la croissance de l’homme intérieur et avec
lui croissent les pouvoirs intérieurs qui ouvrent les portes de la connaissance, car en progressant dans cette direction, le disciple parvient peu à peu à déterminer lui-même l’action qu'il ‘permettra aux impressions extérieures d'exercer sur lui. Il entend par exemple un mot par lequel quelqu'un veut le blesser ou lirriter ; avant ses exercices, il se serait blessé ou se serait irrité: maintenant qu’il est entré dans le sentier de l’occultisme, il est à même d’enlever à ce mot son aiguillon blessant ou irritant avant de l'avoir admis à pénétrer dans sa conscience. Prenons un autreexemple, celui d’un homme quis’impatiente aisément quand il faut attendre : après son entrée dans le sentier, il saura se pénétrer si bien dans ses moments de recueillement de l’inanité de toute impatience que cette conviction lui deviendra présente dès qu’il sera tenté de se laisser aller à ce sentiment. L’impatience qui voulait s’emparer de lui disparaît, et le temps qui aurait été dissipé par les représentations frivoles de l’attente sera rempli peut-être d'observations intéressantes et fructueuses.
Pour nous rendre bien compte de la portée exacte de toutes ces remarques, il faut songer que dans l’homme le moi supérieur est en constante évolution, mais que c’est seulement par le
LE
calme et la sûreté que l’on peut assurer à cette évolution une régularité normale. Les remous de la vie extérieure viendraient de toutes parts refouler l’être intérieur si l’homme se laissait dominer par cette vie au lieu de la dominer luimême. Il en est de lui comme d’une plante qui doit pousser aux fentes d’un rocher, elle dépérit jusqu’à ce qu’on lui donne de lespace. Or il n'est point de forces extérieures qui puissent donner de l’espace au moi intérieur, seul le calme intérieur qu’il crée dans son âme peut produire cet effet. Les circonstances extérieures ne peuvent modifier que sa situation par rapport au monde extérieur, jamais elles ne sauraient éveiller l’homme spirituel. C'est en soi-même et par soi-même que le disciple doit engendrer un être nouveau et plus élevé.
Cet homme supérieur devient par la suite le souverain qui, d'une main sûre, dirige la conduite de l'homme extérieur. Aussi longtemps que l'autorité appartient à l’homme extérieur, cet être intérieur est son esclave et ne peut développer ses forces, S’il dépend d' LUE T que moIi-
même de m'irriter, je ne suis pas mon maître,
ou pour mieux dire, je n'ai pas encore trouvé:
le maître en moi. Je dois évoluer le pouvoir
de ne me laisser impressionner par le monde
TR re F j a À y
extérieur que dans la mesure déterminée par moi-même. C'est alors seulement que je puis devenir un disciple de l’occultisme, et le disciple ne saurait aboutir à aucun résultat qu‘autant qu’il cherche sincèrement à développer ce pouvoir. Il importe peu qu’il réalise certains progrès dans un temps donné, la seule chose qui importe c’est son sérieux et son application. Il s’en est déjà trouvé beaucoup qui ont lutté pendant des années sans remarquer des progrès appréciables, mais parmi ceux qui n’ontpasdésespéré et qui sont restés inébranlables, beaucoup ont remporté tout à coup la victoire intérieure.
Dans bien des situations, 1l faut une grande énergie pour arriver à se procurer ces instants de recueillement, mais plus grande est la force déployée, plus grand aussi le résultat atteint.
Dans la discipline occulte, tout dépend de la condition suivante : Savoir se placer en face de soi-même comme un étranger, avec une entière bonne foi, une sincérité absolue, et cela dans toutes les circonstances. Mais cette naissance en nous d’une personnalité plus haute ne représente qu’un côté de l’activité intérieure du disciple, il faut y ajouter autre chose. Tant que l’homme ne s'élève pas au-dessus de sa propre contemplation, si impersonnelle soit-elle, il ne sort pas de
lui-même et ne considère pas autre chose que les expériences et les actions où il se trouve impliqué par les conditions de son existence. Or, il faut qu'il dépasse ce niveau et qu'il s'élève jusqu’à l'humanité pure qui n’a plus rien à faire avec sa position particulière.
Il faut qu'il s'élève jusqu’à la considération des choses qui l’intéresseraient en tant qu'homme même s’il vivait une existence tout autre dans des conditions entièrement différentes. De la sorte, un être surgit en lui qui dépasse les limites de la personnalité. Ses regards se dirigent vers des mondes plus élevés que ceux avec lesquels le met en contact sa vie journalière. Il commence ainsi à sentir, à réaliser qu'il appartient lui-même à ces mondes supérieurs. Ce sont des mondes sur lesquels l'observation de ses sens, ses occupations quotidiennes ne peuvent rien lui apprendre. Il recule le centre de son être vers le dedans. Il écoute les voix intérieures qui lui parlent dans les moments de recueillement. Il s’entretient intérieurement avec le monde spirituel. Il s’est éloigné de la vie courante dont les bruits s'éteignent pour lui. Autour de lui règne le silence. Il écarte tout ce qui l’entoure et tout ce qui pourrait éveiller en lui le souvenir du monde. extérieur. Son âme tout entière est remplie du«
calme de la contemplation et de ses entretiens avec le monde spirituel. Cettecontemplationsilencieuse doit devenir pour le disciple un besoin naturel.
Tout d’abord il est plongé dans un monde de pure pensée. Il faut que cette silencieuse activité de la pensée fasse vivre en lui un « sentiment », il faut qu’il apprenne à « aimer » ce que l’Esprit déverse en lui. 11 cesse alors bientôt d’avoir l’impression que ce monde de la pensée est moins réel que les choses qui l’entourent dans la vie courante; il commence à manier ses pensées comme des objets situés dans l’espace et le moment s'approche où les vérités qui se dévoilent à lui au cours de ce silencieux travail lui apparaîtront comme plus hautes et plus vraies que la pure réalité sensible. Il éprouvera que ce monde de la pensée exprime la vie.\ IT perçoit que les pensées ne sont pas de simples apparitions, mais que des êtres, auparavant cachés, s’en servent pour lui parler. Dans le silence, des voix s’élèvent, et il les entend. Auparavant, son oreille seule a
| perçu des sons, maintenant son âme tout entière
entend et résonne. Une langue intérieure, une
parole intérieure se révèlent à lui. Le disciple se
sent inondé de joie quand il est appelé à vivre
kpour la première fois de tels instants. Sur tout
son univers se répand une lumière venue de dedans. Une deuxième existence commence pour lui; des forces divines, une félicité divine se déversent en lui comme un torrent.
Cette vie de la pensée dont la floraison est la vie dans la réalité spirituelle, est appelée dans la théosophie ou gnose du nom de « méditation », c’est-à-dire réflexion contemplative. La méditation est la porte des connaissances supra-sensibles. — Mais dans ces instants, il ne faut pas que le disciple s’abandonne à une débauche de sentiment, ou qu'il se contente d'impressions vagues, cette attitude ne pourrait que l’entraver dans sa marche vers la véritable connaissance spirituelle. $es pensées doivent prendre une forme claire, incisive, précise. Il trouvera dans ceteffort un point d'appui s’il ne se contente pas de se livrer aveuglément aux pensées qui peuvent surgir en lui, mais s’il se pénètre au contraire des pensées élevées que des hommes spirituellement évo:
lués ont conçues jadis dans leur méditation:
Comme point de départ, il n’a qu'à prendre les écritures qui sont issues des révélations dues à des méditations semblables: il trouvera ces textes chez les gnostiques, chez les mystique] ou dans la littérature théosophique contemp raine. Ils lui donneront la substance de sa m
ditation. C’est dans ces écritures que les sages ont consigné les pensées de la science divine et qu'ils les ont transmises au monde par l’intermédiaire de leurs disciples. Ces méditations opèrent une transformation complète chez le disciple, il commence à se former des représentations toutes nouvelles de la réalité et toute chose acquiert pour lui une autre valeur. Mais cette métamorphose, répétons-le, ne le rendra pas étranger à la vie et ne l’éloignera en aucun cas de ses devoirs quotidiens, car il apprendra à constater que la moindre de ses actions, la moindre de ses expériences est reliée aux êtres et aux forces les plus considérables de l'univers. Quand ce rapport est devenu clair au regard de sa contemplation, il se rend à ses occupations journalières avec une énergie nouvelle, car il sait maintenant une chose; c’est que ses travaux et ses souffrances lui sont imposés pour des raisons qui touchent aux plus grandes lois de l’univers.
La force de vivre et non la lassitude de vivre, voilà ce qu’engendre la méditation.
Le discipletraverse l’existence d’un pas assuré; quoi qu’elle lui apporte, il reste debout. Il ne savait pas autrefois pourquoi il travaillait, ni pourquoi il souffrait, il le sait maintenant. Il faut remarquer que cette activité méditative conduit
plus sûrement à son but si elle est pratiquée sous la direction d’hommes expérimentés et sachant par eux-mêmes comment il faut agir au mieux. Cherchez donc le conseil et les enseignements de ces guides avisés. Certaines philosophies les appellent des « gourous ». Ce qui ne serait sans eux que tâtonnements devient sous leur direction un travail précis et fécond. Quiconque s’adresse à eux ne frappera pas en vain à leur porte, mais qu’il sache bien qu’il ne recherche point autre chose que le conseil d’un ami et non le despotisme d’un homme qui aspire à les dominer. On constatera toujours que ceux qui savent vraiment sont les hommes les plus modestes et que rien n’est plus étranger à leur esprit que l’ambition ou la soif du pouvoir.
Celui qui par la méditation s'élève jusqu’au niveau où l’homme s’unit à l'esprit commence à vivifier en lui ce qui est éternel, ce qui n’est borné ni par la naissance, ni par la mort. Ceux-là seuls peuvent douter de l'éternité qui ne la connaissent pas par leur expérience vécue.
Ainsi la méditation est le chemin par lequel l'homme parvient à la connaissance, à la contemplation du noyau éternel et indestructible de son être et c’est par elle seule qu'il peuty parvenir.
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Gnostiques et théosophes nous parlent de l'éternité de ce noyau de l’être et de ses réincarnations. On demande souvent pourquoi l'homme ne sait rien de sa vie au delà de la naissance et de la mort. Ce n’est pas ainsi qu’il faudrait poser la question, mais dans la forme suivante :
« Comment peut-on conquérir ce savoir ? » La voie nous est dévoilée par la méditation. Par elle s’éveille le souvenir des événements vécus au delà de la naissance et de la mort. Tous peuvent acquérir cette science, Tous possèdent le pouvoir de connaître par eux-mêmes, de voir par eux-mêmes ce que la mystique, la gnose et la théosophie nous enseignent, il suffit de choisir le vrai moyen.
Seul un être pourvu d’yeux et d’oreilles peut percevoir les couleurs ou les sons, et l’œil luimême ne saurait rien percevoir s’il n’a point la lumière qui rend les objets visibles. La science occulte donne le moyen de développer les organes spirituels et de faire briller la lumière spirituelle.
La discipline qui y conduit se divise en trois étapes :
1° La préparation, qui développe les sens spirituels.
2° L'illumination, qui allume la lumière spirituelle.
3° L’initiation, qui permet d'entrer en relation avec les hautes entités spirituelles. Nous traiterons dans le prochain chapitre de ces trois étapes.
Les communications qui suivent proviennent d’une source occulte dont nous ne pouvons pour l'instant préciser ni le nom, ni la personnalité ; elles se rapportent aux trois étapes par lesquelles Pécole à laquelle se rattache cette tradition conduit les disciples jusqu'à l’initiation. Mais on ne trouvera dans les pages qui suivent que ce quil nous est permis de dévoiler dans un ouvrage destiné à la publicité.
Ce sont de simples indications puisées dans un enseignement bien plus profond. Dans les écoles occultes, l’enseignement suit un cours fixé d'avance et certaines études ont pour objet d'amener l’ôme humaine à des rapports conscients avec le monde spirituel. Ces dispositions, comparées aux communications qui vont suivre, en diffèrent autant que l’enseignement donné dans une école régulière diffère de l’instruction occasionnellement distribuée au hasard des conversations et des promenades. Mais observation sérieuse et persévérante des préceptes que nous donnons ici peut conduire l'élève à la connaissance des moyens qui lui
ouvriront la porte d’une véritable école occulte. Il est évident qu’un essai hâtif et entrepris sans le sérieux nécessaire ne saurait conduire à rien. Quiconque croit devoir désirer davantage doit s'adresser à un guide ou à un maître.
Les étapes indiquées par la tradition en question sont les trois étapes ci-dessus mentionnées :
1° La Préparation.
2° L’Illumination.
3° L’Initiation.
Il ne faut pas croire que ces trois degrés se suivent de telle sorte qu’il soit absolument nécessaire d’avoir franchi le premier avant de pénétrer dans le second, et d’en avoir fini avec le second avant d'aborder le troisième. On peut sous certains rapports participer déjà à l’illumination ou même à l'initiation, tandis qu’à d'autres égards, on en est encore à la préparation. Pourtant, il faudra bien avoir passé un certain temps à la préparation avant qu’une illumination quelconque puisse se faire jour. Il faudra avoir reçu l'illumination sur plusieurs points avant de pouvoir prétendre à l'initiation. Mais dans l'exposé qui suit, nous examinons les trois étapes l’une après l’autre pour plus de clarté.
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