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qui procède ainsi peut aussi susciter une force par laquelle une perception nouvelle semblera s’éveiller, mais cette perception ne sera dans la plupart des cas qu’un mirage de l'imagination. Car il ne s’agit pas de me créer à moimême au gré de ma volonté des perceptions nouvelles, mais bien de laisser la réalité les créer en moi. La vérité doit bien jaillir des profondeurs de mon âme, mais ce n’est pas à mon moi ordinaire que revient le rôle du magicien qui évoquera cette vérité. Ce magicien, ce doivent être les êtres eux-mêmes dont je veux contempler la réalité spirituelle.
Lorsque l’homme par cette discipline a libéré en lui les rudiments de la perception spirituelle, il doit s’élever jusqu’à la contemplation de l’homme même, en choisissant tout d’abord les manifestations les plus simples de la vie humaine. Mais avant qu’on en vienne là, il est nécessaire d’avoir travaillé avec sérieux à la purification complète de sa vie morale. Il faut écarter toute pensée qui tendrait à nous faire voir dans l’acquisition de ces nouvelles connaissances une satisfaction de nos instincts égoïstes. Il faut s’être engagé vis-à-vis de soi-même à ne jamais utiliser dans le sens du mal la puissance que l’on pourrait acquérir sur ses semblables.
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Aussi tous ceux qui cherchent à connaître par leur propre expérience les mystères de la nature humaine, doivent-ils Observer la 'règle d’or du véritable occultisme. Cette règle est ainsi conçue : « Quand tu fais un pas en avant dans la connaissance des vérités occultes, fais-en trois dans le sens du perfectionnement moral. »
Celui qui observe cette règle peut se livrer à des exercices du genre de celui que nous allons décrire.
Il faut porter son attention sur un homme qui convoite la possession immédiate d’un objet et concentrer son observation sur ce désir. Il est préférable de choisir le moment où le désir atteint son plus hautpoint d’intensité et où l’on ne peut encore décider si l’homme obtiendra effectivement l’objet convoité ou non. Et maintenant livrez-vous tout entier à la représentation éveillée en vous par ce que vous observez. Établissez en votre âme un calme aussi absolu que possible; essayez autant qu’il est en votre pouvoir d’être aveugle et sourd pour toutes les autres choses qui vous environnent, et laissez cette représentation susciter en votre âme un sentiment. Ce sentiment doit monter en vous comme un nuage monte à l’horizon dans un ciel entièrement serein. Naturellement, en règle gé-
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nérale l'observation sera interrompue par ce fait que rhomme sur lequel vous dirigez votre attention ne demeurera pas assez longtemps dans l’état d’âme voulu. Il faudra recommencer cent fois cet essai, mais ne perdez pas patience, à la fin vous parviendrez à susciter en vous le sentiment nécessaire assez rapidement pour devancer la disparition de l’état d’âme voulu que vous observez. Ensuite, après quelque temps vous remarquerez que ce sentiment développe dans votre âme une force qui donnera naissance à la perception directe de l’état d'âme observé. Vous verrez dans le champ de la ^ ue apparaître une image lumineuse, cette image lumineuse est la manifestation dans la substance astrale d'un état de désir. C’est de nouveau à une flamme que nous pouvons comparer cette image. Elle est rouge jaune dans le centre et rouge bleu ou lilas à la périphérie.
Il importe d’environner de précautions la production d'un phénomène aussi délicat que cette perception : le mieux est de n’en parler tout d’abord à personne qu'à son guide si l'on en possède un, car si l'on essaie de décrire maladroitement par le moyen des mots, un phénomène de ce genre, on devient souvent la proie de cruelles désillusions. On emploie des mots
habituels qui ne conviennent pas à de pareils sujets et qui sont pour eux trop grossiers et trop lourds. Par suite, en voulant ainsi tenter de décrire ses expériences, on laisse se glisser parmi les perceptions authentiques des mirages de toutes sortes, fruits de Timagination. Une règle importante s’impose ici à ^occultiste ; apprendre à garder le silence sur ses visions. Oui, il faut s’en taire jusque devant soi-même. Car, ce que Tesprit vous fait voir, il ne faut ni essayer de l’exprimer par des mots, ni tenter de l’interpréter par l’entendement. Abandonnez-vous sans prévention à l’observation astrale, et craignez de la troubler en y réfléchissant trop. Songez, en effet, que votre réflexion n’est, dans le début, nullement au niveau de vos facultés de percepception. Cette réflexion n’a été jusqu’ici alimentée que par des expériences bornées au monde physique. Or, vos expériences actuelles dépassent de beaucoup ses limites. Il serait donc illogique d’appliquer à ces expériences nouvelles et plus hautes un critérium adapté aux expériences anciennes. Il faut avoir déjà beaucoup de solidité et d’assurance dans l’expérience intérieure pour pouvoir en parler d’une manière profitable à ses semblables.
Un autre exercice doit venir compléter ceux
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que nous avons décrits jusqu’ici. Il faut observer de la même manière un homme qui vient à l’instant de réaliser un de ses désirs, de remplir une de ses espérances. Si l’on observe les mêmes règles et les mêmes précautions que nous avons indiquées dans les cas précédents, on parviendra de même à une perception astrale. On verra apparaître un phénomène dans le genre d’une flamme jaune au centre et verte à la périphérie.
Par ces sortes d’observations appliquées à ses semblables, l’homme peut facilement tomber dans une erreur morale très grave, il peut devenir insensible. Évitez à tout prix qu’il en soit ainsi. A ce point d’évolution, il faut avoir acquis la certitude absolue que les pensées sont des formations réelles; en conséquence, on ne se permettra plus d’avoir au sujet de ses semblables des pensées qui ne seraient pas conciliables avec le respect le plus profond de la dignité et de la liberté humaines. L’idée qu’un homme pourrait n’être pour nous qu’un sujet d’expériences ne doit pas nous effleurer un instant. L’éducation morale de soi-même doit toujours marcher de pair avec l’observation occulte. E:ile nous enseigne à regarder l’indépendance humaine comme intangible et sacrée et à considérer tout ce qui se passe en l’homme comme une chose sainte que
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nous devons respecter même en pensée. Il faut nous pénétrer d"un sentiment religieux vis-à-vis de tout ce qui est humain.
Il nous est impossible de donner ici autre chose que ces deux exemples des effets de TilLuminationdans Tobservation de la nature humaine, mais ils suffisent à montrer la voie dans laquelle il faut marcher. Celui qui peut se créer le silence et le calme intérieur qui sont indispensables pour ces exercices opérera par là même une grande transformation en lui. Cette transformation ira si loin que cet enrichissement de sa vie intérieure lui conférera du calme et de l’assurance jusque dans son maintien extérieur, et, à son tour cette modification de son extérieur agira par répercussion sur son âme, et c’est ainsi qu’il avancera. Au fur et à mesure de ses progrès les chemins et les moyens se découvriront pour pénétrer toujours plus avant dans la connaissance de la nature humaine, et il deviendra un jour assez mûr pour pouvoir plonger ses regards jusque dans les rapports mystérieux qui mettent Thomme en harmonie avec TUnivers. Sur cette route rhomme s’approche toujours davantage du moment où il sera jugé digne défaire ses premiers pas dans l’initiation. Mais auparavant une chose est nécessaire, une chose dont Têtu-
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diant comprendra mieux la nécessité plus tard.
Une des qualités que doit présenter le candidat à Tiniiiation, c est un courage, une intrépidité aussi accomplis que possible. L’étudiant doit rechercher les occasions favorables au développement de ces vertus. Elles sont systématiquement cultivées dans les écoles d’occultisme, mais la vie elle-même est pour cet objet une excellente école, peut-être la meilleure. Savoir regarder en face un danger, triompher sans trouble des difficultés, tels sont les devoirs de l’étudiant.
Par exemple en face d’un danger, il doit immédiatement éprouver le sentiment suivant : mon angoisse ne saurait m’être d’aucune utilité, je ne dois pas réprouver, je dois seulement penser à tlU qu’il y a à faire. Il doit en arriver à ce que le fait d’éprouver une appréhension ou de perdre courage soit pour lui une impossibilité. Par cette éducation du courage, l’homme évolue en lui certaines forces dont il a besoin s’il veut être initié à des mystères plus augustes. De même que l’homme physique a besoin de forces nerveuses pour utiliser ses sens physiques, de même l’homme spirituel a besoin de cette force qui ne se développe que dans les natures intrépides et courageuses.
Celui qui pénètre dans les mystères de la na-^
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turc voit un certain nombre de choses, que les illusions des sens cachent à la vue de l’homme ordinaire, car si les sens physiques nous empêchent de voir les vérités supérieures, ils sont par là même de grands bienfaiteurs de l’humanité. Grâce à eux restent cachées des choses capables de jeter dans un trouble indiôible l’homme qui n’y est pas préparé et qui ne saurait en supporter la vue. L’étudiant doit être capable de supporter ces spectacles. Il perd un certain nombre d’appuis dans le monde extérieur. Il était justement redevable de ces appuis aux illusions qui l’emprisonnaient. Les choses se passent réellement et littéralement comme si l’on signalait brusquement à quelqu’un un danger auquel il était exposé depuis longtemps déjà, mais sans le savoir. Il n’avait auparavant aucune anxiété, mais maintenant qu’il sait, il est la proie de la terreur, bien que la connaissance qu’il a du danger n’aggrave en rien ce dernier.
Les forces de l’univers détruisent et édifient, la destinée des formes est de naître et de disparaître. Le Voyant doit contempler l’action de ces forces, le mouvement de cette destinée. II faut pour cela qu’il écarte le voile qui obscurcit sa vision spirituelle. Mais l’homme est lui-même soumis à l’action de ces forces et de cette des-
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tinée. Ces forces constructives et destructives existent dans sa propre nature. En même temps que se dévoilent devant l’œil du Voyant les choses de TUnivers, en même temps se dévoile aussi sa propre âme. En face de cette connaissance de soi-même, l’étudiant ne doit pas perdre pied.Pour que le courage ne lui manque pas,il faut qu’il en ait surabondamment et pour y parvenir il doit apprendre à conserver le calme et la tranquillité intérieure dans les circonstances les plus difficiles de la vie. Il doit cultiver en lui-même une confiance inébranlable en la bonté universelle. Il faut qu’il s’attende à perdre un certain nombre des mobiles qui le faisaient agir jusqu’alors. Il constatera que jusqu’alors il n’a bien souvent agi et pensé que par pure ignorance. Or, les mobiles qu’il avait auparavant lui sont retranchés. Il a par exemple souvent agi par vanité et par amour-propre, il verra que l’amour-propre est de valeur nulle pour celui qui sait. Il a souvent agi par avarice et par convoitise, il verra le danger et le néant de tels désirs. Il lui faudra donc de nouveaux mobiles à ses actions comme à ses pensées et c’est à ce moment que doivent intervenir le courage et l’intrépidité.
Il sera excellent de développer ce courage et cette intrépidité jusque dans le tréfond ^e la vie
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intérieure ; jamais un échec ne doit décourager l’étudiant. Chaque fois il doit être capable de sef. dire : je veux oublier que souvent déjà j’ai échoué dans ces entreprises et recommencer ma tentative comme si c’était la première fois. Il conquiert ainsi la conviction que les sources de forces où il peut puiser dans l’univers sont toujours à sa portée. Il aspire au divin qui peut le relever et le porter, si nombreuses qu’aient été les défaites et les faiblesses de son être terrestre. Il apprend à vivre dans l’avenir et à ne se laisser troubler par le souvenir d’aucune expérience passée.
Le Maître occultiste expérimentera avec la plus grande attention jusqu’à quel point son élève possède ces qualités lorsque celui-ci demandera à être initié aux mystères de l’être. Lorsqu’un homme a développé jusqu’à un certain degré les qualités que nous venons de décrire, il est mûr pour entendre les vrais noms des choses qui sont la clef des savoirs supérieurs, car l’initiation consiste à connaître les êtres de l’univers sous les noms mêmes qui leur ont été donnés par leurs divins formateurs. Ces noms renferment le secret des choses. C^est pourquoi les initiés parlent une autre langue que les profanes, parce qu’ils connaissent les dénomina-
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dons des choses qui expliquent leur création.
Nous parlerons dans le prochain chapitre de l’initiation, sous les réserves qui nous sont impo« sées vis-à-vis du public.