Cnoss, Life and letlers of G. Eliot , p. 120. Je renvoie
toujours à l’édition en un volume. (Blackwood.)
LA RELIGION DE GEORGE ELIOT
elle-même ce que les personnes religieuses attendent de Dieu ] . »
La remarque paraît juste et nous ne devons pas la négliger. Gardons-nous cependant d’exagérer l’intensité de cette lutte morale dont parle Hutton et dont la ligure de G. Eliot, à la fois majestueuse et légèrement tourmentée, donne par moments l’impression. Ces dehors austères et cette façade puritaine indiquent plus de gravité que de vertu. Pas plus que la frivolité naturelle, une certaine facilité innée de tout prendre au sérieux n’exige un long apprentissage, et il n’est pas évident que ce don de naissance apporte avec soi la promesse d’un avancement rapide dans cette carrière où le progrès se mesure à la vivacité et à la générosité de l’effort.
A Dieu ne plaise cependant que je réduise la vertu de G. Eliot à des apparences et encore moins que je songe à évoquer un souvenir triste que ses amis veulent oublier. Si elle n’a pas eu la passion héroïque du bien, elle en a eu le souci presque constant, et cette préoccupation qui exigeait d’elle une inquiète surveillance sur ses actes, a pu mettre encore moins de liant dans ses gestes et, dans toute son allure moins d’abandon. Je voulais seulement montrer que par cette dsmi-sévérité et contrainte naturelle, par ce besoin de correction, par tant d’autres signes enfin, elle se rattache à la race austère, triste et un peu massive dont elle sort. Chrétienne ou incroyante, vertueuse ou non, j’ai simplement voulu dire, avec cette jeune fille de Genève, que, avec elle, il fallait rompre une première glace,