Romola , book III, ch. III
l’inquiétude religieuse
son tour, M. Tryan, comment ferait-il s’il ne conduisait la jeune femme à une autre bonté, à une autre force ? On se rappelle ce beau chapitre, mais en le relisant il faut prendre garde que les Scenes of clérical life sont la première œuvre d’imagination de George Eliot, que ces nouvelles ont été écrites dans les premières années de l’union avec Lewes et au lendemain des articles incrédules et agressifs de la Revue de Westminster.
Maintenant que le plus fort de la tentation était passé {Janet vient de briser le flacon d' eau-de-vie) , l’effroi et rabattement commencèrent à se placer, comme un brouillard, entre elle et le ciel. La tentation reviendrait... ses prières ne lui apportaient pas de secours, car la crainte l'emportait sur la confiance... seule sur cette route, elle était impuissante. Si elle pouvait voir M. Tryan, lui tout avouer...
Alors la pauvre Janet lui raconta sa triste histoire... et tandis qu’elle se confessait, elle se sentit soulagée de la moitié de son fardeau. Le fait de se confier à la sympathie humaine, la conscience qu’un de ses semblables l’écoutait avec une patiente pitié, prépara son âme à cet élan plus fort par lequel la foi saisit Vidée de la sympathie divine... Eile avait été incapable de prier seule; maintenant la prière du - prêtre emportait son âme à elle, comme une grande flamme emporte dans son ascension vigoureuse les petits feux vacillants qui pourraient à peine rester allumés par eux- mêmes...
Janet marcha rapidement jusqu’à ce qu’elle fût dans les prés, mais alors elle ralentit le pas. La présence divine ne lui paraissait pas à une distance où elle ne pût l’atteindre... Oui, l’amour infini prenait soin d’elle, elle se sentait comme un petit enfant dont la main est tenue avec fermeté par son père... s’il vient à trébucher, le père ne le laissera pas b