‹ L'inquiétude religieuse. Deuxième sérieChapitre 37 sur 112 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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l’inquiétude religieuse

doctrine de G. Eliot. Sans regrets, miss Evans vient de dire adieu à sa jeunesse. Il est temps de voir la philosophie, la morale, la religion même, si Ton veut, que les tâtonnements, les tristesses et les aspirations de ces années laborieuses ont préparées. Avec Bomola , elle a vainement attendu qu’un ange perçât le brouillard pour lui apporter un clair message.

En ce temps-là, comme aujourd’hui, il y avait des hommes qui ne recevaient jamais la visite des anges, à qui ne venaient jamais des inspirations tout à fait nettes. Les lambeaux de vérité qui leur parvenaient, ils les découvraient confusément dans les paroles et les actions de pauvres hommes qui n’avaient ni le vol infatigable, ni la perçante vision des séraphins, dont l’esprit était aussi capable d’erreur que de vérité, dont la volonté était faite de bonnes intentions et de défaillances. Les hommes qui tendaient la main à leur détresse étaient de ceux qui trébuchent souvent et ne discernent pas toujours le vrai chemin et cependant, ces êtres, privés de la visite des anges, à moins de s’arrêter et de mourir dans l’inaction et la solitude, étaient bien obligés d’étreindre la main débile qui s’offrait à les guider dans les sentiers de l’action et de l’espérance, dans les sentiers de la vie i.

Cette sagesse hésitante, modeste, et au jour le jour, cette main débile, tendue à toute misère et qui souvent lassée elle-même, se relève pour montrer encore d’un geste courageux et résigné « les sentiers de l’action et de l’espérance, » c’est la doctrine de George Eliot, la plus haute et la plus simplement humaine que je connaisse, la plus efficace aussi, je crois, de celles qui s’obstinent à chercher unique-

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