‹ L'inquiétude religieuse. Deuxième sérieChapitre 7 sur 112 · Boutard, I, p · texte numérisé non relu

Boutard, I, p

l’inquiétude religieuse

Il importait, écrit-il, de dégager la responsabilité de labbé Jean, auquel Féli devait plus tard reprocher si injustement « l’influence funeste » qu’il aurait, selon lui, exercée sur sa vie entière. Si, depuis leur première enfance, Jean exerça sur Féli une influence continue, ce fut surtout grâce à l’ascendant de son autorité morale. Il eut la confiance de son frère sans avoir manœuvré pour l’obtenir, et, en le dirigeant, il fit toujours preuve du tact le plus délicat et d'une extrême discrétion 1.

Cette phrase fait coup double. En absolvant l’abbé Jean, elle condamne, et sévèrement, le triumvirat. J’en appelle des deux sentences. Appliqué à l’action innocente et toute sainte d’un Bruté, d’un Oarron et d’un Teysserre, le mot de « manœuvre » est déplacé. Tous les trois, comme l’abbé Jean, ils doivent exclusivement leur influence sur Féli à l’ascendant de leur autorité morale. C’étaient de véritables saints et Lamennais le savait bien. Que si, par ailleurs, personne ne songe à célébrer leur prudence, je ne vois pas à quelles enseignes on vient ici nous parler de l’extrême discrétion de l’abbé Jean. Dans sa préoccupation, M. Feugère va presque jusqu’à oublier la part incontestable que celui-ci a prise à la conversion de son frère 2. Nous ne savons pas d’où est venue la première idée de vocation, mais il semble certain que Jean, dès qu’il a eu la confidence de ces velléités, s’est employé assez activement à les ehanger en une ferme résolution. Dès ce moment, il couve le pieux dessein avec une sollicitude inquiète. Quand Féli mande à Bruté : « J’obéis à des conseils que je dois respecter » (17 février 1809), il ne connaît

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