Memorials, p
l’inquiétude religieuse
direct avec lui, nous comprenions que nous avions affaire h un homme fortement religieux, à quelqu’un qui ne ressemblait à aucun de nos autres maîtres et qui voulait notre bien passionnément. Je vois encore le jour où j’éprouvai cela pour la première fois. Dans la fifth form (avant-dernière classe) j’avais été paresseux, et mon bon vieil original de professeur ne me cotait guère. Je n’avais vu Arnold de près qu’une fois et pour recevoir une forte punition. Quand je me présentai à mon examen de passage, j’avais de lui une peur terrible. L’examen fut convenable. Arnold me dit gravement : « Maintenant, Lake, je vois que vous pouvez bien faire si vous voulez, et je compte que vous voudrez. » Ces quelques mots m’ont changé de fond en comble et je n’ai plus été paresseux depuis L
Depuis le beau livre que Stanley a écrit sur Arnold, nous avons pris l’habitude de nous représenter le biographe comme l’héritier par excellence et le témoin de la doctrine de son maître. Lake proteste à maintes reprises, dans ses Mémoires , contre cette confusion et n’entend pas que son brillant camarade garde, pour ainsi parier, le monopole d’Arnold. La question est sérieuse. Il ne s’agit de rien moins, en effet, que de déterminer la vraie place d’Arnold dans l’histoire religieuse du siècle dernier. Oui ou non, les libéraux de Y Église large peuvent-ils se réclamer d’un pareil ancêtre ? Lake soutient expressément que non et ses raisons méritent d’être discutées.
Certes, quand Arnold entra en campagne pour relever cette Église anglicane qui lui paraissait mourir d’indifférence, de mondanité et de formalisme, il ne se donna pas le temps de réfléchir assez pour bien savoir où se cachait la source du mal. Pensant que