‹ L'Inquiétude religieuseChapitre 62 sur 108 · Janet's repenlancc, ch. XV · texte numérisé non relu

Janet's repenlancc, ch. XV

S. Middlemarch, p. ;j73.

Bede paraissent oncore plus graves. Caleb Garth, qui ressemble par tant de côtés au père de G. Eliot, met toujours beaucoup de temps à ruminer ses courtes phrases. « Si j'avais pu être auprès de vous, écrivait G. Eliot à une de ses amies en deuil, je serais restée sans mot dire. Le silence exprime des sentiments que les paroles les plus sensées gâtent souvent ^ » « Ce que l'on redoute plus que tout, lisons-nous encore, est de dire ou d'écrire un mot malheureux et hors de propos, quand étant loin on n'a que des mots pour exprimer sa sympathie^. »

Que sera-ce du retentissement beaucoup plus lointain de nos actes ! On sait que le plus parfait peutêtre des romans de G. Eliot, le merveilleux Adam Bede, est tout entier consacré à cette méditation efTrayante, et, pour ma part, je vois peu de pages aussi poignantes, aussi bienfaisantes que celles où le jeune charpentier, avec sa franchise d'ouvrier, oblige le brillant et léger Arthur Donnithorne à regarder en face le mal irréparable qu'il a commis.

Ils étaient assis l'un en face de l'autre... et Arthur lui dit : « Adam, je quitte le pays, je vais m'engager... »

Le pauvre garçon trouvait qu'Adam aurait dû s'émouvoir à cette nouvelle, avoir vers lui un mouvement de sympathie. Mais les lèvres d'Adam ne se desserraient pas, rien ne bougeait dans son visage.

— Je voulais te dire, continua-t-il, qu'une des raisons de mon départ est que je voudrais que personne ici ne pàtît à cause de moi... je suis prêt à tout, il n'est pas de sacrifice que je ne veuille faire pour empêcher les autres de souffrir de ma... de ce qui est arrivé.

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