II. — TRIBUNAL DE CARTHAGÈNE
Le Saint-Office de Carthagène des Indes parait avoir eu surtout pour but de surveiller, à l'entrée des domaines d'Espagne, les étrangers qui pourraient se glisser jusque là, en dépit des règlements, et propager la rébellion ou l'hérésie. Il paraît accuser, à la fin du xviii* siècle, une décadence marquée.
Personnel. — Nous retrouvons à Carthagène le même personnel qu'à Lima, L'organisation est identique, mais le Tribunal vit sur un pied plus simple et se contente d'un nombre moindre d'officiers et de subalternes.
En 1761, le Tribunal comprend deux inquisiteurs et deux secrétaires, mais l'un d'eux est mort et n'a pas été remplacé ; il y a un gouverneur des prisons et un gouverneur de la pénitence (?), un receveur, un secrétaire des séquestres, un commissionnaire, un économe, un avocat du fîsc, un médecin, un chirurgien, un barbier, en tout quatorze personnes, au lieu de vingt-deux à Lima '.
En 1776, nous ne trouvons plus qu'un inquisiteur, un inquisiteur fiscal, un lieutenant de receveur, un avocat du fisc et le commissionnaire. Il n'y a plus d'économe. Les subalternes ne
les comptes sont approuvés, niais que sur deux siji;natui ^ns le document il ne s'en trouve qu'une, et que l'absence de l'autre ■constitue une négligence en laquelle il sera bon de ne pas retomber à l'avenir. (Arch. hist. nat. Inquisition. Lima. Dépôts, 307, 30 juillet 1802 accusé de réception par le Tribunal de Lima.)
r. Arch. hist, nat. Inquisition. Carthagène, 33 1, 1761. — 1" inquisiteur licencié Francisco Santos de Léon; 2' inquisiteur, licencié D. Joseph Gregorio de Alegria ; secrétaire, D. Miguel de Solo Mayor ; second secrétaire, Juan de Miranda (décédé); alcayde, Agustin de Léon.
36 G. DBSDEVISES DU DEZERT
sont pas nommés ; il y a lieu de croire que leur nombre n'avait pas changé '.
Le 5 novembre 1781, le Tribunal compte deux inquisiteurs, un inquisiteur fiscal, un receveur général intérimaire, un avocat du fisc; le comptable n'assiste pas à la séance, parce qu'il a été suspendu de ses fonctions '.
Commissions de finances. — Les archives du Saint-Office de Carthagène mentionnent, pendant la période dont nous nous occupons, la tenue très fi-équente de commissions de finances (j'untas de hazienda) '• destinées à renseigner exactement le ■Tribunal sur sa situation économique. Il y eut probablement, tendance à les multiplier plus que de raison, car la Suprême les limita à quatre paran, par arrêté du 9 avril 1783.
Elle se tenaient avec la solennité que le Saint-Office apportait à toutes ses opérations. Le rece\eur prêtait serment entre les mains de l'inquisiteur président et lisait ensuite son rapport, qui était discuté et approuvé ■>.
1. Arch. hist. nat. Inquisition. Carthagène. 33î, 31 octobre 1776-
« En el Santo Oficio de la Ynquisicion de este ciudad de Cartagena de Indias à 31 de octubre de 1776 aflos, estando en su audiencia de la* roanana ei S' Ynq' D' D. Joseph Ymerez y el S' Inq' fiscal D' D. Juan Félix de Villegas, D. Gregorio de Soto Major theniente de receptor (contador no asiste por no havcrlo), el D' D. Antonio de Vittabra, abogado del (isco, convocados por D. Luiz Herranz de Atenaca nuncio del tribunal, de orden de dichos S" Ynquisidores. "