‹ L'InquisitionChapitre 50 sur 57 · Llorente, II · texte numérisé non relu

Llorente, II

2. Il importe de noter que, dans ces statistiques, les rimes de droit commun ne sont pas défalqués.

clés, sur les champs de bataille, TEspagi peut se redresser fièrement devant te ceux qui ont, aujourd'hui, la prétention lui donner des leçons d'humanité ; car, c qu'il eut reconquis son sol, il ménage comme personne ne la fait, le sang de s ennemis. Mesurant ses coups pour qu' ne s'égarent pas, soucieux de ne frapp que des têtes coupables, il a évité, grâce l'Inquisition, ces affreux massacres, c tueries sauvages qui ont maculé de boue de sang tant de pages dans l'histoire d autres peuples.

Si graves qu'on les suppose, les exe de l'Inquisition espagnole ne sont rien < comparaison des persécutions féroces, d« orgies de cruauté que Luther a déchaînée en Allemagne, et, après lui, à cause c lui, Calvin, à Genève; Henri VIII, Élis; beth, en Angleterre; Christian II, en Dan mark ; Gustave Wasa, en Suède ; Jeani d'Albret, en Navarre ; les Huguenots, pu les Jacobins chez nous K 1 . L'impitoyable répression des paysans d'Allemagb

Assimiler Torquemada, Deza et les auîs à ces inquisiteurs couronnés qui firent vivre Néron et Domitien, à ces inquisi-

1525, a fait cent mille victimes, détruit plus de mille uvents, plusieurs centaines de bourgs et de villages, f. Janssen, L'Allemagne protestante, T. II, p. 596). — sac de Rome, en 1527, les luthériens ont massacré js de 6000 romains (cf. Ibid, T. III, p. 139). Le bilan de la persécution en Angleterre, sous înri VIII et sous Elisabeth, se chiffre par milliers de :times (Cf. Cobbett, Lettres sur la Réforme). On orgasait en Irlande, comme parties de plaisir, des chasses l'homme dans les halliers, dans les montagnes, où m abattait 7 à 800 pièces par jour. « Le pays fut couirt de sang et de ruines, systématiquement dépeuplé » ,A VISSE et Rambaud. Hist. gén,, V, 246). En France, à les entendre, on dirait vraiment qu'il ,y a jamais eu d'autres massacres que la Saint-Barlélemy en 1572 ; mais, bien auparavant, les hugue- )ts avaient mis le pays à feu et à sang : massacres ? St-Gilles (1562), massacres de Nîmes, de TAngouois, de la Saintonge... (Cf. Gaffre, Inquisition et inlisltions, p. 247, avec références).

La Révolution, dont le régime actuel se réclame si ruyamment, n'a-t-elle pas à son actif, le massacre ?s prisons, à Paris, à Lyon, partout ; les fusillades en asse à Toulon, dans l'ouest (1792 Vendéens d'un )up, dont 106 femmes) ; les noyades de Nantes (400, 10 victimes par jour ; 700 enfants dans le même baau) ; la guillotine en permanence avec ses 16444 cécutions officielles, de 89 à 95,. jusqu'à des enfants 3 6 ans, 4 ans, 3 ans ! Sans compter les malheureux ui moururent par milliers, de misère ou de contaion, dans les prisons : 5.000 rien qu'à Nantes, en

teurs débraillés de 93, qui furent des brut cyniques, c'est confondre d'honnêtes chie de garde, à la dent un peu dure {Domi canes), avec des tigres furieux.

Il faut à nos huguenots, francs-maçon sectaires et blocards, héritiers de la R forme et de la Révolution, solidaires d< crimes de leur parti, une forte dose d'in pudence pour oser, avec tant de sang si les mains, avec une pareille poutre dar l'œil, nous jeter à la face l'Inquisition.

Mais ils crient avec un tel ensemble, il gémissent si lugubrement sur les coup qu'ils ont reçus, sans parler jamais de ceu qu'ils ont donnés, ils protestent en terme si véhéments contre les violences des ca tholiques, qu'ils ont fini par en imposer ; l'opinion et à l'histoire.

Nous autres, nous n'avons pas tant d< fiel, ni tant de mémoire, ni tant d'habileté

deux mois ! (Cf. Taine, La Révolution, T. II, 253. III

Est-ce que de nos jours, l'État n'a pas réprimé im pitoyablement la Commune, par une hécatombe épou^ vantable des fédérés ?

tant d'audace. Faiblesse ou naïveté, nous

ssons toujours à ces éternels pleurards

bénéfice de Toffensive. Nous nous défen-

ns mollement, par pudeur, dans Tappré-

nsion de froisser quelqu'un ; à moins

e ce ne soit par respect humain : la peur

aborder franchement en public une dis-

ssion religieuse, alors qu'il nous serait

se de reprendre avantage, sur ce terrain où

5 sont en plus mauvaise posture que nous.

Est-il même nécessaire, pour les con-

ndre, d'évoquer la sinistre figure de leurs

jicêtres ?

I Est-ce que ceux-là qui font un crime à Espagne du xv^ siècle d'avoir défendu, >ntre des intrus, son unité nationale substante dans le catholicisme, ne préten- 3nt pas aujourd'hui établir, à coup de irce, dans la France catholique, la Libreensée ?

Est-ce que ceux-là qui reprochent aux )is d'Espagne d'avoir expulsé les Juifs irbulents et traîtres, n'ont pas banni de rance, par milliers, des êtres de dévoue-

ment, moines et religieuses, de notre san, de notre race, l'élite de la nation, sans i motif avouable, sans une raison plausibl( Est-ce que ceux-là qui portent encor après quatre siècles, le deuil des victime légalement jugées et condamnées de TIi quisition d'Espagne, ont fait un geste, oi dit un mot, alors qu'ils disposaient du poi voir, pour venger les arméniens massacré naguère, en masse, sous les yeux de l'Ei rope muette et impassible : 300.000, e 1896 ; 30.000 en 1909 ?

Mais, fermer la bouche à Tadversair par des arguments ad hominem, cela n mène pas loin : les catholiques ne doiven point s'en tenir là. |

S'ils n'ont pas à être fiers de l'Inquisition parce que l'acuité du mal n'empêche pa de déplorer la rigueur du traitement, il n'ont pas davantage à en rougir, car 1 masque hideux dont les Juifs elles protes tants l'ont affublée, est usé. L'Histoire n. ratifie pas ces jugements passionnés de 1;

3incune, et, tous les jours, la révision se lit, par la force des choses, au bénéfice e l'Église.

D'ailleurs, si vraiment l'Inquisition puiùi au centre, à Rome, son intolérance, est à Rome, à la source, au foyer, que intolérance et le fanatisme auraient dû affirmer le plus violemment et sans con- ^ainte. Or, de l'aveu de tous les historiens, lême des pires, comme Llorente et Lea, ulle part l'Inquisition ne fut plus bénigne t plus miséricordieuse qu'à Rome, où elle e fit même pas deux victimes.

I Le partage des responsabilités est donc lien net: celles qui incombent à l'Espagne le nous regardent pas ; celles qui reviennent ! l'Eglise ne sont pas tellement lourdes u'elles puissent nous gêner beaucoup.

■ Et l'on peut emprunter le mot de M. de ^ocqueville, pour clore ce travail sur Tlnuisition : « J^ai commencé, dit-il, Vétude le r histoire, rempli de préjugés contre les ^apes ; Je l'ai finie ^ plein de respect pour ^Église » .

.a vraie physionomie de Tliistoire. ... 1

-a probité historique. 3

^'Inquisition, question complexe et brûlante 4

.'Église ne demande que la vérité ... 9

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