‹ L'instant éternelChapitre 59 sur 101 · LA FUITE · texte numérisé non relu

LA FUITE

A peine, si ma bouche avait goûté sa bouche,

Je n'osais pas...

J'étais, tout à la fois, si douce et si farouche

Entre ses bras.

J'ai fui.. . Mes pleurs tombaient dans l'herbe chaude et verte

Et dans Fodeur Des forêts qui dansaient dans leur robeentr'ouverte,

Toutes en fleur.

Dans l'ombre s*égouttait la blancheur de mes voiles

Comme de l'eau.

Et le soleil pleuvait en petites étoiles

Sur un bouleau.

Des insectes tournaient, dans le reflet des saules,

D'un lent essor, Et le bonheur tombait, tiède, sur mes épaules,

Comme de l'or.

Des lis mouraient d'amour, la face ensoleillée.

Des liserons Mettaient du ciel en pleurs à travers la feuillée

Et les gazons.

J'avais peur de le voir et j'épiais la route,

Dans le désir Qu'il apparût, soudain, et qu'il m'aspirât toute

Dans un soupir.

J'attendais... Je tremblais... Dieux I il m'avait suivie...

Il m'appela...

Et j'entendis, au loin, le rire de la vie, H

Il était là I... '

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