LA PLUS DOULOUREUSE
< Mon bien-aimé mourut, me dîtes-vous, un soir... » Petite fiancée à jamais veuve et blanche,
de mot fit plus désert encore le dimanche €omme planait la nuit sur votre balcon noir.
< Il est mort... » dîtes- vous... Votre ombre fut plus vague, Et Tanneau de la lune, il sembla, s'amincit,
De même que le cercle étroit de votre bague... -€ Il est mort... > Et je dis : « Le mien est mort aussi... »
^ Il est mort... » dîtes- vous de votre voix lointaine; Le tilleul s'agita dans tous ses rameaux verts, Le cœur de la pitié cria dans la fontaine, Ce fut sur nous un bleu désespéré des airs...
Petite amie, hélas ! que vous étiez petite,
Et comme vous souffriez I... Vous dîtes : « Je l'aimais... »
Votre peine tombait comme une marguerite
De vos tendres doigts joints. ..Vous dîtes: « Plus jamais!...»
214 l'in
4c Jamais plusl...» dîtes-vous...et vous restiez sans âme, Vos beaux yeux contemplant l'invisible Sentier... Mais votre teint, pourtant, reprit un peu de flamme : « Il m'aimait, dîtes-vous... Il n'est pas mort entier...
« Près de moi je le sens... à peine, s'il est autre, « Il effleure mon front, il marche dans mes pas... « Et le vôtre?...» — « Le mien est plus mort que le vôtrej « Il rit, il chante, il vit.. .Mais il ne m'aime pas... > —