‹ L'instinct; Marthe; Dent pour Dent; Le premier client; Oedipe ... voit!Chapitre 120 sur 190 · CÉCILE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

CÉCILE, THÉRÈSE

CÉCILE

Ah! toi!... Enfin 1.

THÉRÈSE, ôtant son chapeau, f

Je n'en puis plus. Ah! je t'en prie, évite-moi désormais ces scènes qui sont au-dessus de mes forces.

CÉCILE

Quelles scènes?

THÉRÈSE

Celles que tu devines?

CÉCILE, sur un ton singulier.

Tu semblés bien ^mue, en effet!

TlUvRÈSE

On le serait à moins.

Si l'heure que tu viens de passer était si pénible, pourquoi ne l'as-tu pas abrégée?

THÉRÈSE

Que veux-tu dire?

CÉCILE

Qu'au fond de cette peine-là... il devait y avoir quelque plaisir, caria mission dont je t'avais chargée n'exigeait pas tant de temps!

THÉRÈSE

Voyons, ce n'est pas possible!... C'est toi qui me parles ainsi!...

CÉCILE

Et pourquoi ne te parlerais-je pas ainsi? Il n'y a rien là qui puisse te blesser, je suppo.se? Mais c'est admirable, vraiment 1 Tq sais que j'attends le ré.sultat de ta démarche, nerveuse, oppressée, la mort dans l'âme, et tu t'éternises, tu t'éternises!... Parbleu, je sais que sa conversation n'est pas sans charme... le charme de la tristesse... ie charme des grands yeux clairs au fond desquels il y a... des désirs... et des larmes... Mais tu aurais pu choisir un

ACIE l'UEMlE» 217

autre momeni pour savourer ce charme-là, tu aurais pu, tu aurais dû penser à moi!

THÉRÈSE

De la jalousie! Ah! ma pauvre amie, tu vois bien que tu l'aimes!

cÉcaE

Et quand je l'aimerais! Mon droit va jusque-là, peutêtre?

THÉRÈSE

Il ne s'agit pas de ton droit, il s'agit de ton bonheur.

CÉCILE

Mon bonheur me regarde ! ^ '

TUÉRÈSE ^

Personne ne le conteste. Mais alors pourquoi cette comédie, dont je deviens inutilement la dupe? Pourquoi me charger d'interventions cruelles? Tu m'envoies lui démontrer sa folie, lui prouver que tu 'ne répondras jamais à un amour impossible, tu me charges de paroles douloureuses et décisives et ce sont autant de mensonges ! Je ne comprends plus. V 1 atJ^ a ' '

CÉCILE ^

Est-ce que je comprends, moi!... (Un temps.) A pein(; puis-je comprendre que je viens encore d'être injuste et. brutale. Pardonne-moi, Thérèse. (EUe fait des efforts surhumains pour retenir ses larmes.) Je suis eu cc moment irritable, exallée, à la merci de mes nerfs. Ce débat, qui se prolonge, finit par me déséquilibrer. Ma pitié...

THÉRÈSE, avec amerlumo.

Ta pitié!...

CÉCILE

Mais oui, ma pitié!... Ah! ne va pas croire au moins à ce que je t'ai dit tout à l'heure!... Ce n'est pas vrai, je ne l'aime pas, tu m'entends bien^ je ne l'aime pas. '

JH L'INSTINCT

'riU^HKSi;, avec un grand poste de découragemenL

Tu le dis!

CÉCILE, très troublée.

Je le crois! /Jn temps.) Alors? Que lui as-tu dit?

TIILRKSE

Taut ce qu'on dit en pareil cas... dos p.iroln.s imilih

CÉCILE

Et... lui?

TUÉRÈSE

Lui, toujours la même obstination inébranlable et douce. « Qu'elle vienne!... Qu'elle vienne!... Suppliez-la de venir!... Je veux la voir... Qu'elle me dise elle-même toutes les sentences de désespoir que vous m'apportez.. Je m'inclinerai. Mîiis qu'elle vienne! » Impossiblf do !.■ sortir de là.

CÉCILE

Le malheureux 1

THÉRÈSE

Ah! oui, u f^L liuniljle!... Et quelle passion dicuiin-idans le ton avec lequel ces mots sont prononcés : « Qu'elle vienne!... Je veux la voir! »

CÉCILE

Pourquoi cette brusque décision de ne plus venir luimême?

THÉRÈSE

La présence de ceux qui t'entourent lui est insupportable. Ton mari, ton beau-frère, moi aussi, je crois moi aussi, il nous exècre. 11 nous exècre comme il t'aiin' Ah! ces êtres qui souffrent ont une puissance de sensation, une énergie d'amour et de haine qui nous domptent./^ Tiens, voici ce qu'il m'a remis pour toi.

(liUle lui tend un billet.) CÉCILE, doucement.

Je t'avais recommandé de ne pas...

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