SCÈNE PREMIÈRE UN DOMESTIQUE, GILEQUÂIN, puis LA BERRONNIÈRE
Assis sur un pouff, au lever du rideau, Gilequain lit son journal, qu'il replie vivement en entendant une porte s'ouvrir. Un domestique entre, de gauche.
LE DOMESTIQUE
Madame la Marquise est en conférence avec le docteur, elle en a pour quelques minutes encore.
GILEQUAIN
La marquise n'est pas blessée, n'est-ce pas?
LE DOMESTIQUE
Non, Monsieur.
Elle recevra? Oui, Monsieur.
GILEQUAIN
C est bien. J'attendrai. (Le domestique s'incline légèrement et sort. Gilequain déplie à nouveau son Figaro et va se remettre à sa lecture
GILEQUAIN LE DOMESTIQUE
38 MAHTHK
quand il voit entrer La Berronuièro, ou tenue de • chautTour», cjants hlaru-s. casquette à la main. - Allant à lui.) Pcste ! VOUS allez bien , VOUS !
LA BERRONNIÈRE
Pas mal, et vous-même?
GiLEQr.xrv Je dis que vous en faites de belles!
LA BERRONNIÈRE
Moi? ,
GILEQUAIN
Vous. N'est-ce pas vous qui êtes cause de l'acccident?
LA BERRO.NNIÈm.
Jamais de la vie! C'est mon automobile!... Uu piulut, ce sont les chevaux de Madame d'Aiguerose. (oiicquain le fixe, un peu ahuri.) Certainement! Pourquoi garde-t-elle des chevaux qui prennent peur devant les automol'i''-"' Tn voilà des sales bêtes !
GILEQUAIN
Pourquoi menez- vous une automobile qui fait peur aux chevaux?
LA BERRONNIÈRE
"Ce n'est pas la même chose. Voyons, vous ne pouvez pas nier que si certaines gens avaient la sages-se de ne pas sortir en voiture attelée, les chevaux ne s'emporteraient pas.
GILEQUAIN
Plus mal.
LA BERRONNIÈRE
Ne discutons plus, je vois que vous êtes contre les autos.
GILEQUAIN
Non. Je suis pour les chevaux.