ACTE THOISIÊME
pleurer, moi... Je n'ai jamais eu le temps !.,. (ii arrache sou col.) Jolouffe !...
AiNDHÉ, désespéré.
Ah ! mon pauvre vieux !.. .
JEAN o nij.
Oui, oui!... Je suis un malheureux! tu ne peux pas comprendre à quel point je suis malheureux !... Per.sonne ne comprendrait... C'est grotesque... Trente ans! pendant trente ans j'ai trimé comme un charretier, comme un forçat!... Je n'ai vu que des plaies, je n'ai joui de rien!... de rien!... D'autres goûtaient la vie... la vie élincelante!... Des femmes, des fleurs, de la lumière, des parfums... Moi, je pataugeais dans les senlines de toute cette fête, on m'apportait sa pourriture! C'était ça mon décor de joie! toutes les monstruosités que l'on cache, les gorges flétries par le plaisir, les ventres meurtris par l'amour... dans lesquels j'ai plongé mes grosses mains de travailleur, pour arracher, brûler, puritler l'ordure! Voilà... Dans le virus, dans le sang, je suis devenu le grand Bernou!...Un ignorant, un naïf!... un pitoyable sot qui n'a pas mordu au fruit de la vie et qui n'en a vu que le cœur gâté!...
ANDRÉ
Mon pauvre vieux !
N'est-ce pas?... Quelle misère!... Le grand Bernou!... Va, il est sans orgueil!... Que de fois il s'est senti triste, affreusement triste... d'ignorer la caresse d'une parole tendre!... Des étreintes vénales, des voluptés de soudard... Toute ma jeunesse dans ces mots-là !.,.jj}'est cosmique!... C'est comique à en pleurer!^. Aïi! aihl.%^ Elle est là, là... près de son amant!... Et foi, toi, — mon frère! — qui as assisté à l'effort et qui as dû soupçonner le désert de ma vie... tu as toléré ces tmhisons, tu as trempé dans ces saloperies!... Tu n'as pas écrasé tout çal...
Non!... i.iir,-u.i .... 1 abcès crève!... Il faiiKque je crie*... t Elle est là!... Unamanl!... Pourquoi?... Pourquoi ne pas ' m'avoir au moins gardé sa pensée, sa tendresse... Sa pensée!... Ça, c'était ma part, ma pauvre part d'oubli, ma part de beauté!... Non!... C'est ça qu'elle a donné au premier cabotin d'amour qui s'est trouvé sur sa route!... Le poème de la vie n'est pas pour moi! .. Je suis un boucher!... Demain, je retournerai aux viscères et aux .sauies... Je me relrouvecm tout seul... Je continuerai ma vie sans grâce!... Veiflà!... Voilà!...
i^ porte s'ouvre brusquement. Cécile, aLjlAe, se précipite dans In pièce.) / , i