‹ L'instinct; Marthe; Dent pour Dent; Le premier client; Oedipe ... voit!Chapitre 170 sur 190 · BETTE, ANDRÉ · texte numérisé non relu

BETTE, ANDRÉ

(Donc, Bett(>, tenan: Frémont par ia tnain. lo dirige avec une sollicitude a*, des complaisaaces infinies entre les gui^ridons ot les sièges de la pièce. I a la déiiarcbe tâtonnante «t passive d«8 aveagles, et »'»)Mradannn ave des hésitations craintives k sa conductrice.)

BF.TTK

Par ici, Monsieur... là... doucement... Avancez... 11 n ^ a pas de marche... Ah!... prenez garde... Vous avez ui guéridon à droite... Vous pourriei vous faire mal a ^'angle... et puis... surtout... il y a un Sèvres dessus...

AKDRÉ

Vous êtes bien aimable, Mademoiselle, pour moi, et aussi pour le Sèvres.

BETTE

Là... Vous voilà devant un bon fauteuil. (Elle veut lui retirer

■a main qu'il garde. Un temps.) VoUS voilà devant un bon fauteuil... (M«aM jm.) Vous voilà devant un bon...

ANDRÉ, Iroidemcnt.

Je finirai par le savoir, Mademoiselle.

BETTE

Eh bien, alors, asseyez- vous... (Un temps.; Ayez aussi l'obligeance de me lâcher les doigts... de ne pas me fair* de petites pressions... Ça me chatouille... Je vous prie de me lâcher!...

ANDRÉ, grave.

Les femmes qui vous prient de les lâcher sont toujour.=

celles que l'on voudrait garder. (Il abandonne et repousse avec ostentation la main de Bette.) Que VOtrC VOlouté SOit faite, jCUne

fille'. Allez en paix! Le ciel wus garde des mauvaises tentations, et qu'il ait des indulgences pour votre amant de cœur!

BETTE

Voire petit accident un pas l'air de vous avoir beaiioup changé, Monsieur Frémont!

ÂiNDRÉ

On se défend, jeune fille!

BETTE

Vous êtes fumiste comme avant!

Oui, jeune fille. Je suis le joyeux aveulie, j ose le dire.

BETTE

D'ailleurs, vous ne perdez jamais le iNord, vous!

ANDRÉ

J'affectionne, en effet, tout particuli-èrement ce point cardinal. Mais pourquoi cetto judicieuse ohsorvniinn '

BETTE

Parce que, depuis que vous ne pouvez plus faire de i œil, vous faites de la main !

ANDRÉ

On fait ce qu'on peut, mon enfant.

BETTE

Je vais prévenir Madame, qui prend son bain... Allons, asseyez-vous... {EUeiaide.) Là... Et puis, faites atteation qu'il y a du vide à droite et à gauche... (Oo enit-nd le j>r.^iudt

d'une valse enlevée sur un piano voisin.) ÂllOnS^ bon !

ANDRÉ

D'où viennent ces voix célestes?

BETTE

C'est Miss Topsy, la ledrice de Madame, qui vient d'ouvrir son piano.

:i02 ŒDIPE... VOITl

ANDRt

Je plains ce piano. Ça lui prend souvent?

BETTE

Par crises. Elle dit que ça empêche son caractère de s'aiiJjrir.

A.NDKÉ

A la longue, ça aigrirait le mien!

BETTE

Je m'en vais. Ne vous impatientez pas. Madame n'en a plus que pour une minute.

ANDRÉ

C'est bien. Je compterai soixante secondes sur mes doigts, pour tuer le temps.

(Betta passa daos la salle de bains et referme la tenture.)

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