ACTE PIŒMIER
par se rassure, je suis très bien... Mais que je lui serais reconnaissante de venir en personne, pour que je puisse
le remercier. (Lo domestique s'éloigne, elle l'arrête.) Ou plutôt,
faites attendre!
(Le domestique s'incline et sort. Marthe, préoccupée, se dirige vers la porte de gauche.)
LE DOCTEUR
Vous nous quittez?
MARTUE
C'est vrai. Et sans m'excuser!... J'étais distraite...
MADAME VALDON, redescendue à l'avant-scône.
Moi aussi, je me sauve. C'est aujourd'hui la grande exposition de blanc à Saint-Antoine de Padoue. Au
revoir, ma chérie. (Baisers.) Au revoir... (Poignée de main au docteur, inclinaisons, petits saluts.) Vcuez-VOUS, Valdon?
VALDON, navré.
Vous avez absolument besoin de moi à votre exposition de blanc?
MADAME VALDON
Je crois bien! (A tous.) On n'imagine pas, dans ces magasins, ce qu'il y a de gens qui suivent les femmes!
GILEQ L'AIN
A Saint-Antoine! Fiez- vous aux enseignes!
MADAME VALDON
Et les horreurs qu'il faut entendre! C'est à ne pas oser y rentrer seule. Venez, Valdon !
VALDON, soupir.
Allons. Allons entendre des horreurs à deux!...
(Marthe fait trois pas pour les accompagner, puis revient au docteur et à Giletiuaiit. Ils sortent.)
56 MAUTHE
MARTHE, au docteur.
Alors, vous ne m'en voulez pas? J'allais...
LE DOCTEUR
Ecrire un mot à Monsieur d'Espar.
Pour lui demander s'il craint la contagion d'une épidémie, chez moi!
LE DOCTEUR
C'est absurde; vous savez bien qu'il w craint i hmî.
Alors, c'est pis! Cette obstination est insultante!
GILEQUAIN
Homère se fait prier?...
MARTHE, nerveuse.
Vous, donnez-moi la paix! Je vous assure que votre esprit m'agace comme un tam-tam de la rue du Caire ! On vous tape sur le crâne, c'est toujours le même bruit.
GILEQUAIN, mimant la terreur.
Oh! si vous vous fâchez, le tam-tam de la rue du Caire s'évanouit... fantôme d'Orient!
(Il rejoint les La Berronnière.) LE DOCTfcUR, à Marthe.
Vous êtes nerveuse.
Je trouve que ce Monsieur d'Espar a des façons de l'Amérique du Sud.
LE DOCTEUR
Il en revient.