SCÈNE III DENISE, JEAN
JEAN, entrant au brui;.
Madame a sonné?
DENISE
Vous écoutez aux portes, vous?
JEAN
Madame se trompe. Je lisais.
DENISE
Quoi? Les lettres de Monsieur?
JEAN
Non, Madame, les Pensées de Pascal.
Ahl les Pensées de Pascal. (A part.) Pascal! Encore un oiseau que je ne peux pas souffrir! (Haut.) Vous feriez mieux d'être à votre service?
JEAN
J'ai la prétention de ne pas être à autre chose, Madame !
DENISE
Vraiment! Votre service, c'est de lire les pensées de cet individu-là?
18 DEisï pouH i)i:.\t:...
JEAN
Madame me permettra de lui faire remarquer que Pascal n'est pas un individu, c'est un cerveau '
DENISE
Et vous, vous êtes un insolent 1
JEAN
Madame nous manque, à Pascal et à moi, vraiment trop de respect 1
DEVISE, safToquée.
Qu'est-ce que vous dites ?
JEAN, dignité suprême.
Que je n'ai pas conquis mes diplAmes de bachelier pour me laisser traiter de la sorte par un simple brevet élémentaire.
DENISE
Mais je suis docteur en (^-oit !
Je n'en sais r?en. Ça n'est pas écrit sur ma feuille de
recrutement.
DENISE
Sortez !
Avec plaisir. Non toutefois sans rendre mon tablier à Madame.
DENISE
Je vous le conseille !
JEAN, défaisant son tablier.
Pas fâché, faut-il vous le dire, de quitter cet emploi ridicule. Je n'y suis entré du reste que pour me livrer à mes études de mœurs.
DENISE
Sortirez-vous, espèce d'ivrogne 1