ACTE TROISIEME 12o
GILEOUAIN
Voui ! Mais pourquoi vous les a-t-on donnés ?
CLAIME
Parce que je suis payée pour en recevoir.
GILEQUAIN
Allons, soyez mignonne! Dites-moi ce qui se passe. Ne mentez pas ! il se passe quelque chose.
"CLAIRE
Rien.
GILEQUAIIV, tirant un bleu do sa poche.
Voyez cette invitation, à six heures du soir, et dans quels termes... « Quelques amis... » Heu... « Petite fête inattendue... Heu... Neuf heures et demie... » Hon... « Nouveau chapitre pour votre livre... » Hon... « Cordial shake-hand... » Post-scriptum... « Pas d'habit, le vieux
veston... » (Répondant au regard ironique de Claire vers son habit et sa
cravate blanche.) Je n'en ai pas de vieux veston I Déjà pas mal, hein ! Plein de sous-entendus... fébrile, exceptionnel dans la forme et mystérieux dans le fond !
CLAIRE, mouvement de retraite.
Si Monsieur veut les journaux du soir...
GILEOUAIN
Merci. Restez donc! Je vous préfère mille fois aux journaux du soir !
CLAIRE
Mais...
GILEOUAIN
Il n'y a pas de mais. Je n'ai pas fini. Parlons de l'accueil. J'arrive...
CLAIRE
A neuf heures.
GILEOUAIN
Pourquoi pas ?
CLAIRE
Madame la Marquise avait écrit neuf heures et demie.
GILEQUAIN, sourire engageant.
Je ne regrette rien.
CLAIRE
Oui, mais...
GILEQUAIN, interrompaot.
Elle ne me laissera pas finir! J'arrive. Hôtel silencieux. Portier muet. Lumière rare. Pas même un éclairage de petites réceptions. Pas plus de valet de pied que sur ma main!
CLAIRE
Madame a donné congé pour la nuit, et coranae c'est ce soir le bal Wagram, le bal des gens de maison...
Enfin, dans l'escalier, je trouve Mademoiselle Claire, charmante soubrette qui vient à ma rencontre...
CLAIRE
Le concierge a la consigne de me sonner quand il entre quelqu'un.
GILEQUAIN
Et Mademoiselle Claire m'introduit dans une chambre à coucher. Avouez que ça n'est pas ordinaire. C'est la vôtre, cette chambre?
CLAIRE
Oh ! non I
GILEQUAIN
Tant pis,
CLAIRE, même jeu que plus haut.
Si Monsieur veut les journaux du soir...