CHAPITRE VII
L'École de Théologie 1880-1901
Développements de l'École. — Ses méthodes. — Mouvement du nombre des étudiants. — Bibliothèque. — Concours. — L'Académie de Saint- Thomas d'Aquin. — Nouvelles chaires. — Institution canonique de la Faculté de théologie, 1889. — Écueils. — Bulle Providenlissimus Deu*. — Réforme des statuts, 1895. — Création des Facultés de droit canonique et de philosophie scolastique. — Le baccalauréat dans les séminaires. — Grades conférés. — Tableau du personnel des maîtres des trois Facultés canoniques.
Nous avons déjà raconté plus haut les origines de l'École de théologie et ses premiers essais de 1878 h 1880.
Nous allons exposer la suite de son développement, d'abord de 1880 à 1889, époque où elle fut canoniquement érigée en Faculté; puis de 1889 à 189o, où elle donna naissance, par autorité de la sacrée Congrégation des Etudes, aux deux Facultés de droit canonique et de philosophie, et enfin de 1895 à 1901, période pendant laquelle elle compléta son organisation.
En créant l'Ecole de théologie, le conseil des évoques s'était demandé en quelles mains il convenait d'en remettre l'enseignement.
Le cardinal Guibert, plein d'une juste estime pour la Compagnie de Saint-Sulpice qui dirigeait depuis si longtemps le grand séminaire de Paris, insistait pour que
tous les cours de théologie lui fussent confiés, dès qu'elle aurait des sujets formés en nombre suffisant. Il y voyait un moyen d'éviter un dualisme de méthodes et d'influence qui peut n'être pas sans inconvénient, et puis, l'on « n'aurait plus à se préoccuper du recrutement des professeurs ». Mais d'autres évoques, particulièrement Mgr de Briey, évoque de Saint-Dié, se refusèrent à partager cette théorie, qui eût privé à jamais l'École du concours des hommes éminents qui se rencontreraient dans le clergé séculier ou dans d'autres congrégations (1).
En conséquence, il fut admis qu'on ferait appel à tous les savants d'une A^aleur éprouvée, qu'ils fussent séculiers ou réguliers.
Les différents systèmes d'enseignement théologiquc furent ensuite longuement discutés et soigneusement comparés entre eux.
Après mur examen, les évoques écartèrent celui qui se réduit à un commentaire de saint Thomas, et s'arrêtèrent à l'idée d'un cours, développé sans doute et prenant les questions de haut, mais synthétique néanmoins, se composant de divers traités enseignés parallèlement par divers professeurs et embrassant tout le dogme dans une période de quatre ans (2).
Dès l'ouverture de l'Ecole, les évoques, nous l'avons vu, s'étaient prononcés pour le système d'un enseignement à deux degrés : le premier degré accompli dans les séminaires diocésains, et le second, à l'Université.
Des circonstances qu'il n'est pas sans intérêt de rapporter les amenèrent à se prononcer avec plus de netteté encore en faveur de cette méthode et à en demander la ratification à Rome où elle n'était d'abord pas goûtée.
1. Assemblée générale des évêques, séance du 21 juillet 1880. l\ Assemblée générale, séance du 21 juillet 1880.