‹ L' Institut de médecine coloniale. Histoire de sa fondationChapitre 1 sur 4 · L' Institut de médecine coloniale. Histoire de sa fondation · texte numérisé non relu

L' Institut de médecine coloniale. Histoire de sa fondation

J'ai attiré maintes fois Tattention des lecteurs des Archives sur l'utilité d'organiser dans les Facultés de médecine européennes, et particulièrement à Paris, un enseignement de la pathologie exotique ; ils n'ignorent pas que, depuis plus de trois ans, je me suis préoccupé de fonder à Paris un Institut de médecine coloniale. Après des péripéties et des vicissitudes qui seront indiquées plus loin, j'ai eu enfin, en juillet 1902, la très vive satisfaction de voir aboutir le projet qui me tenait tant à cœur : à cette date, en effet, le Conseil de la Facnlté de médecine a définitivement approuvé la création de l'Institut. Aujourd'hui, l'Institut a commencé son enseignement.

Au moment où il vient d'être inauguré, je crois utile de retracer les diverses phases par lesquelles il est passé avant d'arriver à sa constitution définitive.

Le Journal du 1®' août 1902 a rapporté d'une façon assez inexacte une brève conversation que j'avais eue quelques jours auparavant avec l'un de ses rédacteurs, au lendemain de la décision du Conseil de la Faculté à laquelle il vient d'être fait allusion. Cet article a valu au Journal la lettre suivante, insérée dans le numéro du 5 août :

a Monsieur le Directeur,

» Permeltez-Dous de vous adresser une réclamatioD au sujet d'un passage de i'artiele consacré dans le Jownal à l'institut Français de Médecine Coloniale.

D Interviewé à ce sujet, M. le professeur Raphaël Blanchard, exposant les difficultés qu'a rencontrées cette création, a dit : a II nous fut plus difficile de trouver un hôpital. » Suit une énumération des établissements

officiels ou privés à qui s'est adressé M. Blanchard pour y grouper les sujets nécessaires à Tétude des maladies coloniales.

» A notre grand étonnement, la Maison de convalescence des militaires coloniaux de Sèvres n'est pas citée.

» il nous semble cependant difficile que M. Blanchard ait pu oublier que c'est avec notre CEuvre qu'il a engagé les premiers pourparlers ; qu'avec l'assentiment du médecin de notre Maison, M. le D' Ch. Bqurgeois, il y a fait installer un laboratoire où il fît transporter un microscope et divers accessoires empruntés au laboratoire de la Faculté de médecine; que, dans ce laboratoire, de nombreux militaires coloniaux se sont béné> volement prêtés aux expériences de MM. les D" Jules Guiart et Neveu- Lemaire; que, sur sa recommandation, M. Emmanuel Grasset y est venu (( étudier les formes de paludisme que présentent nos malades » avant de passer sa thèse, etc., etc..

» C'est seulement le 27 janvier de cette année qu'on est venu rechercher le microscope et que le laboratoire a cessé de fonctionner.

)) Ceci, pour bien mettre les choses au point, et aussi pour ne pas laisser s'acclimater cette légende tendancieuse que les militaires coloniaux, fiévreux, dysentériques, etc., sont, en dehors des hôpitaux, soignés ailleurs que dans notre Maison, où leur grand nombre rendait si aisée la réalisation de l'initiative de M. Blanchard.

» Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de nos sentiments les plus distingués.

René de Cuers,

Président de 1& Société de secours aux militaires français. (Croix-Verte française). »

Cette lettre me mettant directement en cause, je jugeai utile d'y répondre, mais, malgré mon insistance, le Journal n'inséra pas ma réponse ; il m'a semblé inutile de Vy contraindre, conformément à la loi, la question étant trop personnelle et trop peu intéressante pour les lecteurs d'une feuille politique. Je n'en ai pas moins l'obligation de donner à M. de Cuers, avec lequel je n'ai cessé d'entretenir les meilleures relations, l'explication publique qu'il me demande.

A la date des 15 juillet et 4 novembre 1899 (1), je publiais dans le Progrès médical deux articles par lesquels j'attirais l'attention du public médical français sur les Écoles de médecine tropicale récemment créées à Londres et à Liverpool ; je démontrais combien il

(1) R. Blanchard, L'enseignement de la médecine tropicale. Progrès médiC€U^ (3), X, p. 38-42, 15 juillet 1899. — La médecine des pays chauds. Son enseignement, ses applications à la colonisation. Ibidem, (3), X, p. 289-293, 4 novembre

était nécessaire et urgent de fonder en France, sinon des Écoles distinctes, tout au moins un enseignement de la médecine tropicale auprès de certaines Écoles ou Facultés de médecine. Pai' sa position exceptionnelle et ses relations actives avec TËxtréme- Orient, Marseille ne semblait devoir être, avant toute autre ville, le siège d'un tel enseignement.

Les circonstances me firent bientôt comprendre qu'il serait possible aussi de créer à Paris un Institut de médecine coloniale. Aux portes mêmes de la capitale, à Sèvres, dans l'ancien théâtre de M*"® de Pompadour, M. R. de Cuers avait fondé depuis peu de temps une Maison de convalescence des militaires coloniaux (Croix verte), qui hospitalisait une trentaine de malades, souvent même davantage. Par le nombre et la qualité de ses malades, par sa proximité de Paris^ par sa bonne installation générale, par les locaux et les vastes jardins qu'elle présente, cette Maison de convalescence était toute désignée pour devenir le siège de l'Institut rêvé. J'avais alors le projet de faire de celui-ci un établissement autonome, sans aucune attache officielle : j'étais persuadé et je persiste à croire que son indépendance n*eût pas nui à son succès, maïs qu*au contraire elle eût été un puissant élément de réussite.

Dans le courant de décembre 1899, j'allai donc voir M. de Cuers et lui lis part de mes projets. Il en comprit toute l'importance et les accueillit avec empressement ; nous tombâmes aisément d'accord sur les grandes lignes et il fut convenu que je m'occupemis de recueillir des souscriptions en vue de la fondation projetée. En attendant, M. de Cuers mit obligeamment à ma disposition une petite pièce, qui fut décorée du nom de a laboratoire ». J'y transportai un microscope et quelques réactifs, et c'est ainsi que M. le D' Guiart, chef des travaux pratiques, et M. le D^ Neveu- Lemaire, préparateur à mon laboratoire de la Faculté de médecine, purent y venir quatre ou cinq fois pour examiner le sang de malades atteints de paludisme. M. Em. Grasset, alors médecin auxiliaire au Mont-Valérien, y vint aussi quelquefois, puisque M. de Cuers le constate ; quant à moi, je n'en ai jamais rien su, M. Grasset s'étant abstenu de me venir voir, depuis le jour où je lui donnai un mot d'introduction auprès de M. de Cuers.

Tel est le récit fidèle de mes relations avec M. de Cuers, à propos de l'Institut de médecine coloniale : elles ont été on ne peut plus

courtoises et amicales. On va voir quelles circonstances ont empêché qu'il fût donné suite à des pourparlers engagés d'une façon si favorable.

Certains représentant^ de la presse politique avaient été mis au courant de nos intentions. Un rédacteur du Figaro^ M. Merlet, avait pris une interview de M. de Cuers et de moi ; il allait la publier dans son journal, ce qui aurait eu probablement pour résultat l'ouverture d'une grande souscription publique. Mais, au moment où l'article allait paraître, M. de Cuers, guidé par je ne sais quel motif, demanda et obtint sa suppression.

Nos pourparlers avec la grande presse étant a^isi rompus, force me fut d'agir autrement. Je pensai que ÏUnion coloniale française ne pourrait manquer d'encourager mon initiative. J'allai donc voir M, J. Chailley-Bert, secrétaire général de celte importante Société : ma visite eut un résultat que j'étais loin de prévoir. Après avoir écouté de la façon la plus attentive l'exposé de mes plans et leur avoir donné, au cours de la conversation, une entière approbation, M. Chailley-Bert me promit le concours empressé de VUnUm coloniale, dans les vues de laquelle j'entrais entièrement.

« J'ai eu moi-même, ajouta-t-il, une intention toute semblable. Voilà quelques mois, j'ai songé à créer, près la Faculté de médecine de Paris, une ou deux chaires de médecine et d'hygiène coloniales, en attendant de pouvoir étendre et compléter cet enseignement si nécessaire. Le 29 avril 1899, j'écrivis dans ce sens à M. le Doyen Brouardel (1), avec lequel j'échangeai par la suite

(1) La lettre en question se trouve reproduite intégralement aux pages 44-45 de la brochure anonyme publiée sous les auspices de l'Union coloniale sous ce titre : Création à Paris d'un Institut de médecine coloniale (Paris, grand in -8' dé 60 p., 1901).

Cette brochure a été insérée eu entier dans les Archives de Parasitologie (IV, p. 414-474), mais avec une rectitication portant sur l'enseignement de l'hygiène et de l'épidémiologie des pays chauds, donné à l'École d'application du Val-de- Grâce. L'auteur ayait donné à ce sujet des renseignements inexacts, que d'aucuns n'ont pas manqué de relever avec acrimonie. U était pourtant bien inutile de déverser tant de Ûel, d'abord parce que l'auteur, en sa qualité d'homme, est sujet à l'erreur; ensuite, parce qu'il n'a jamais hésité à reconnaître une erreur; enlin, parce que le petit point si vertement relevé par ses impeccables critiques n'avait qu'une importance très secondaire relativement â la thèse exposée dans la l»rochure. En ellet, celle-ci tendait à démontrer l'utilité d'organiser un enseignement colonial à la FacJulté de médecine de Paris, qui forme des médecins civils : en quoi un enseignement analogue donné an Val-de-Grâce, qui foiiâe exclusivement des

une OU deux lettres. Il accueillit favorablement mes ouvertures. Je résolus alors de mettre mon projet à exécution : je mis au courant de la question quelques-uns des membres les plus influents de rUnion coloniale, je sollicitai de leur part des souscriptions et je pus réunir ainsi une cinquantaine de mille francs. Depuis près d'un an, je tiens cet arjçent à la disposition de la Faculté de médecine (1), ipais elle semble se désintéresser de la question, et je crois même qu'elle n'en a pas été saisie (2). Vous venez aujourd'hui, en votre nom personnel, me soumettre un projet identique : le concours de l'Union Coloniale vous est tout acquis, en tant qu'il n'est

médecins militaires et dont les cours ne sont pas publics, pouvait-il infirmer ma thèse?

Je dis « ma thèse », car le moment me semble venu de me déclarer l'auteur de la brochure en question : ce n'est plus un secret pour personne; |e n'ai donc pas grand mérite à quitter l'anonyme. Si j'ai cru devoir le garder pendant ces deux années, c'était uniquement pour permettre à l'Institut de médecine coloniale de se constituer en pleine indépendance : sa création répondait, à un besoin impérieux et il m'a semblé que de mesquines qucsUons de personne ne devaient sous aucun prétexte y être mêlées. On a dit pourtant qu'en prenant rinitiativc de cette importante fondation j'avais été guidé par mon Intérêt personnel et autres sottises du même calibre. Je plains sincèrement les malheureux qui en sont réduits à de tels arguments : ils sont incapables de comprendre les intentions généreuses et l'ambition de rendre service à son pays.

Encore un mot à propos de la brochure qui nous occupe. Les épreuves en ont été vues et approuvées par différentes personnes, parmi lesquelles je citerai M. le Professeur Brouardel. alors Doyen de la Faculté de médecine, et M. ChaiUey- Bert : elle reçoit de ce fait une sorte de caractère semi-ofliciel J'y avals ajouté . un chapitre sur l'organisation et le fonctionnement de l'Institut de médecine coloniale, tels que je les concevais; mais j'ai dû supprimer ce chapitre, suivant le désir qui m'en a été exprimé en haut lieu. J'y exposais un plan d'organisation qui a paru, sans doute, apporter trop d'innovations et qui, pour ce motif, n'a pas été pris en considération. Mais, après un an et demi d'atermoiements et de discussions stériles, force a été de l'adopter dans ses grandes lignes, comme donnant à l'Institut de médecine coloniale la seule chaite constitutionnelle qui pût assurer à la fois son autonomie, sa vitalité et son développement. Aussi ai-je pu constater récemment, au sein de la Commission administrative de l'Institut, que le plan d'organisation qui venait d'être adopté par cette Commission, sur le rapport de l'un de ses membres, était de tous points conforme k celui que j'avais mol-même proposé un an et demi auparavant et que, depuis lors, je n'avais cessé do défendre. Cette constatation ne souleva aucune désapprobation; elle était donc l'expression do la vérité.

(t) En réalité, il s'agissait de promesses de souscription, réalisables à premier appel, ainsi que M. Chailley-Bert me l'a d'ailleurs expliqué.

(2) En effet, la quesUon a été portée pour la première fols devant le Conseil de la Faculté à la date du 22 novembre 1900, dans des circonstances que je préciserai plus loin. Cf. la brochure citée, p. 48-49.

pas en contradiction avec les pourparlers précédemment engagés par elle avec la Faculté de médecine. »

Et en parlant ainsi, M. Châilley-Bert me mettait sous les yeux un dossier contenant les lettres échangées avec M. Brouardel, la liste des souscripteurs et divers autres documents. Grande fut ma surprise, car j'ignorais absolument tout cela.

Je me trouvais en présence d'une situation très inattendue, dont il fallait évidemment tirer parti. En somme, il était aisé de trouver un modus vivendi avec la Faculté de médecine, qui laissât entière l'autonomie de l'Institut de médecine coloniale, vu Tindépendance budgétaire des deux établissements. L'appui moral, le patronage de la Faculté serait d'un grand secours à l'Institut; il était même désirable, dans un certain sens, que l'Institut fût rattaché à la Faculté, toutefois par un lien aussi lâche et ténu que possible, puisque c'était à cette seule condition qu'il pourrait obtenir de l'Université le droit de conférera ses élèves un diplôme de Médecin colonial. D'ailleurs, la Faculté n'avait ni hôpital pour y recevoir des malades atteints d'affections exotiques, ni laboratoires qui pussent être mis à la disposition exclusive des élèves de l'Institut : l'entente avec la Croix-Verte restait non seulement possible, mais même elle me semblait de plus en plus désirable : c'était, évidemment, la solution la plus pratique, la plus économique et la plus rapide.

Tout ce qui vient d'être dit se passait dans le courant de l'hiver de 1899 et dans les premiers mois de l'année 1900, en dehors de toute entente avec la Faculté de médecine ou de M. le Doyen Brouardel. Survinrent l'été et le 13» Congrès international de médecine : la section de bactériologie et de parasitologie, dont j'étais Secrétaire général, fut saisie par moi d'un vœu qu'elle adopta par acclamation et qui tendait à organiser dans les Universités d'Europe, et particulièrement à Paris, un enseignement théorique et pratique de la pathologie, de l'hygiène et de la parasitologie tropicales (1).

Ce vœu important fut immédiatement communiqué par moi à M. le Professeur Lannelongue, Président du Congrès, avec prière de bien vouloir le transmettre à M. le Ministre de l'Instruction

(1) Cf. brochure citée, p. 47; Archives de Parasitologie, IV, p. 456; C. R, du 43* Congrès internat, de méd., Section deMctériologie et parasitologie, p.iOG.

publique. M. Lannelongue alla voir aussitôt le Ministre, qui se montra vivement intéressé par ce vœu et promit d'y donner suite dès que le moment serait favorable, c'est-à-dire après les vacances.

A cette époque, en effet, eut lieu, au restaurant Durand, rue Royale, un déjeuner que j'ai mentionné ailleurs sous le nom de (( conférence de novembre 1900 ))(!): c'est là que, pour la première fois, se réunirent les personnes qui s'étaient occupées de près ou de loin de la question ou qui pouvaient aider à sa réalisation. M. Liard, alors Directeur de l'Enseignement supérieur, y représentait le Ministère de l'Instruction publique : l'affaire devenait donc officielle.

La réunion dont il s'agit avait été provoquée par l'Union Coloniale. Depuis qu'il avait entrevu, grâce à mes démarches, la possibilité d'une solution favorable, M. Cbailley-Bert avait rouvert des pourparlers avec le Ministère et sans doute aussi avec la Faculté de médecine. C'est ainsi que, à la date du 8 mai 1900, M. Brouardel adressa au Ministre un rapport sur la question (2). Je n'eus connaissance de ce document qu'en 1901, au moment où j'écrivais la brochure publiée-au nom de l'Union Coloniale.

La conférence de novembre 1900 eut un résultat important : le 22 novembre, le Conseil de la Faculté fut saisi de la question ; il* émit un avis favorable à la création de l'enseignement projeté (3).

Depuis lors, il y eut, par intermittences, soit au Ministère, soit à la Faculté de médecine, un certain nombre de réunions en vue d'étudier Torganisation de l'Institut de médecine coloniale. La plus importante, fut celle où assistaient, outre MM. Liard, Brouardel, Wûrtz et moi-naême, M. le D^ Roux, sous-directeur de l'Institut Pasteur, M. Etienne, président du groupe colonial de la Chambre, M. Mercet, président de l'Union Coloniale, M. Chailley-Bert, secrétaire général de l'Union Coloniale, et M. le D' Kermorgant, inspecteur général du Service de santé des colonies. On y discuta en quel endroit on pourrait installer Tlnstitut de médecine coloniale et notamment dans quelles conditions on pourrait organiser l'ensei gnement clinique. J'exposai quels avantages exceptionnels présentait la maison de la Croix-Verte, à Sèvres, mais la majorité des

(1) Brochure citée, p. 48; Archives, IV, p. 458.

(2) Brochure citée, p. 45; Archives, IV, p. 455.

(3) Brochure citée, p. 48; Archives, IV, p. 458.

a R. BLANCHARD

personnes présentes se prononcèrent contre une telle solution, tous les services de l'Institut devant être, suivant elles, centralisés à Paris. La combinaison basée sur l'entente avec la Maison de convalescence des militaires coloniaux tombait donc à plat, et il n'était nullement en mon pouvoir de la relever ; je ne pouvais que déplorer l'erreur commise.

Je proposai alors de demander au Ministre de la guerre un des bastions du mur d'enceinte de la ville, combinaison qui aurait eu le grand avantage de réunir en un même local tous les services de l'Institut, celui-ci devant être ainsi installé dans un endroit facilement abordable, assez peu éloigné du centre des études. Cette proposition fut également rejetée, non qu'on doutât du bon vouloir du Ministre de la guerre, mais parce que l'installation de l'Institut dans un bastion eût nécessité de grosses dépenses, que les fonds rassemblés par l'Union Coloniale eussent à peine suffi à couvrir. J'objectai que le Pari mutuel ou une souscription publique pourraient fournir l'argent nécessaire, mais on ne s'arrêta pas à ces considérations.

On décida alors que, à titre provisoire et pour un nombre d'années impossible à prévoir, les cours théoriques et les exercices pratiques se feraient à la Faculté, dans les lalDoratoires d'hygiène et de parasilologie. Quant à l'enseignement clinique, où le donner? Les règlements de l'Assistance publique s'opposant à ce qu'on accueille dans les hôpitaux des malades ne présentant pas cer- ' taines conditions de séjour à Paris ou dans quelques localités de la banlieue, conditions que ne réalise aucun colonial, on ne pouvait songer à constituer dans les hôpitaux relevant de cette Administration un service qui fût réservé exclusivement aux maladies exotiques. On songea donc à l'Hôpital Pasteur, qui venait d'être récemment inauguré et dont un pavillon tout entier restait encore sans emploi. M. Roux, qui assistait à la réunion, se montra favorable à cette solution; toutefois, il se réserva de consulter les actes de fondation de l'Hôpital Pasteur et, au besoin, de prendre l'avis des fondateurs eux-mêmes ; ultérieurement, il fit savoir que l'Hôpital Pasteur, créé pour le traitement des maladies contagieuses» ne pouvait être, même partiellement, détourné de sa destination.

On prit enfin, dans cette même réunion, la résolution d'ouvrir une souscription publique, dont l'Union Coloniale prendrait l'initia-

tive. A cet effet, il serait publié une brochure explicative, que je fus chargé de rédiger.

Cette brochure, on la connaît; il en a été assez question plus haut. La souscription, mal lancée, se heurta à Tindifférence de la grande presse et du public et ne donna aucun résultat. On publia, il est vrai, dans divers journaux, des listes de souscription dont le total dépassait 300.000 fr., mais, sauf de petites sommes sans importance, ces listes représentaient uniquement les 50.000 fr. environ qui avaient été souscrits conditionnellement, dès 1899, par les membres de l'Union Coloniale ; un certain nombre de souscriptions ayant été consenties pour six années consécutives, on arrivait ainsi au total annoncé. En réalité, TUnion Coloniale n'a encaissé que 51.000 francs, somme ne permettant pas d'ouvrir des cours et des travaux pratiques ou, du moins, n'assurant pas l'existence à l'Institut de médecine coloniale (1).

Eu égard à ces diverses circonstances, l'Institut semblait donc, au printemps de 1901, être aussi éloigné que possible de sa constitution. Dans le courant de l'été, M. Doumer, alors Gouverneur général de l'Indo-Chine, vint à Paris passer quelque temps. Je pensai qu'une telle entreprise ne pourrait le laisser indifférent et ■je proposai à M. Brouardel de lui faire une visite à nous deux. M. Brouardel ayant accepté cette proposition, j'écrivis à M. Doumer pour lui demander audience. Il nous reçut de la façon la plus courtoise, se montra très partisan de nos projets et nous promit finalement d'inscrire au budget de l'Indo-Chine une somme de 30.000 fr., en faveur de l'Institut de médecine coloniale de Paris, à partir de l'exercice 1902. (( Si même, ajouta-t-il, vous avez besoin d'argent pour votre installation immédiate, je puis prélever une somme de 15 à 20.000 francs sur les reliquats de l'exercice courant et la mettre dès maintenant à votre disposition. »

Nous étions sauvés! Grâce à la libéralité éclairée de M. Doumer, l'Institut de médecine coloniale allait donc pouvoir se constituer;

(1) Il n'est pas inutile d'ajouter que ces 51.000 francs n'ont pas encore été touchés par l'Institut de médecine coloniale; ils sont déposés dans une banque et fructifient. Cest donc avec de tout autres ressources, comme on ya le voir, que l'institut a pu se constituer et ouvrir ses cours. D'aUleurs, la vérité m'oblige à dire que, depuis ce jour, l'Union coloniale n'a pris aucune part à la fondation de l'Institut; elle est restée étrangère à toutes les négociations ultérieures, grâce auxquelles l'Institut a pu se constituer définitivement.

il allait entrer dans la vie avec une rente annuelle de 30.000 fr., insuffisante sans doute pour lui permettre d'entreprendre de grandes choses^ mais suffisante pour lui assurer une existence honorable.

Cependant, Tété passa, les vacances s'écoulèrent, la Faculté rouvrit ses portes sans qu'il ne fût plus question de rien. Les 20.000 fr. si généreusement offerts par M. Doumer ne lui furent pas réclamés. Lui pourtant, il n'oublia pas sa promesse ; dans les premiers jours de décembre, il câbla au Ministère des colonies qu'une subvention annuelle de 30.000 fr., en faveur de l'Institut de médecine coloniale de Paris, venait d'être inscrite au budget ordinaire de l'Indo-Chine. On accueillit cette bonne nouvelle avec la plus vive satisfaction, mais l'organisation de l'Institut n'avança pas d'un seul pas.

Il fallait pourtant en finir. La seule question qui restât encore en suspeus était celle du choix d'un hôpital. J'ai dit plus haut que les divers hôpitaux de l'Assistance publique et l'Hôpital Pasteur ne pouvaient mettre aucune salle à notre disposition ; i'ai dit aussi pour quelle raison la Maison de convalescence des militaires coloniaux, où nous aurions pourtant trouvé une très bonne installation, avait été laissée de côté. Je songeai alors au bel hôpital d'enseignement pour les Dames ambulancières que l'Association des Damnes françaises s'est fait construire à Auteuil, 93, rue Michel-Ange. En ma qualité de membre du Conseil de l'Association, il me fut facile d'engager des pourparlers avec son fondateur et Secrétaire général, M. le D' Duchaussoy, Professeur agrégé à la Faculté de médeciae.

11 était alors en villégiature à Nice i nous échangeâmes quelques lettres ; je lui exposai mes plans, dont j'avais eu déjà maintes fois l'occasion de lui indiquer les grandes lignes, et,^ comprenant l'importance de leur réalisation aussi bien pour l'Association des Dames françaises que pour l'Institut de médecine coloniale, il accepta de mettre à la disposition de ce dernier la salle de médecinje de l'Hôpital des Dames françaises. Nous tombâmes d'accord pour provoquer une réunion du Conseil de l'Association. Cette réunion eut lieu le 24 janvier 1902; après m'avoir entendu, le Conseil vota à l'unanimité le projet que je lui soumettais. J'ai publié ailleurs (1)

(1) R. Blangharp, Rapport sur Torganisatlon de rinstitut de médeclDe coloniale. Archives de Parasitologie, V, p. 561-568, 1902: cL p. 563.

le procès-verbal de cette séance, à la suite de laquelle il ne restait plus qu'à signer un contrat engageant l'un vis-à-vis de l'autre rinstltut de médecine coloniale et l'Association des Daines françaises.

Ce résultat acquis, j'en fis part à M. le Doyen Brouardel, puis à à M. Liard, Directeur de l'Enseignement supérieur. Je dois dire que tous deux s'en montrèrent très satisfaits, car je leur apportais vraiment la solution si longtemps cherchée. Dès lors, on pouvait songer à oi^aniser l'Institut : tous les rouages en étaient construits ; il ne restait plus qu'à les agencer entre eux.

Le mercredi 19 février 1902, M. le Directeur de TEnseignement supérieur réunit dans son cabinet, non seulement M. Brouardel et moi, qui nous étions plus directement occupés de la question, mais aussi M. le Professeur Debove, récemment nommé Doyen de la Faculté, et MM. les Professeurs Proust et Le Dentu.

On décida que le Conseil de la Faculté serait de nouveau saisi de la question, qu'il serait appelé à nommer une Commission administrative de l'Institut et que les personnes alors réunies au Ministère auraient entre elles une réunion préparatoire, à l'effet de discuter diverses questions d'organisation et de désigner un rapporteur.

Le Doyen nous convoqua effectivement et nous adjoignit MM. les Professeurs Coruil, Ch. Richet et Chantemesse. Cette réunion eut lieu le 10 mars 1902. M. Chantemesse demanda qu*il lui fût attribué 15 leçons et autant d'exercices pratiques portant sur la technique bactériologique et hématologique, enseignement qui, d'après les premiers projets, devait être rattaché à celui de Thygiène. Il obtint gain de cause et, par conséquent, depuis ce jour fit partie du personnel enseignant de llnstitut. En d'autres termes, Tenseignementy qui devait être rattaché tout d'abord aux seules chaires d'hygiène et de parasitolc^ie, se trouvait rattaché aussi, pour dne certaine part, à la chaire de pathologie expérimentale et comparée. M. le Professeur Le Dentu demanda également de faire un petit nombre de leçons de chîrurge spéciale et on décida que des leçons d'ophtalmologie et de dermatologie seraient également demandées à M. le Profeseur de Lapersonoe et à M. Jeanselme, agrégé. Je fus chargé de présenter un rapport au Conseil de la Faculté, dans sa séance du jeudi 13 mars 1902. Ce rapport fui approuvé par l«

Conseil à runanimité; il a été .publié précédemment dans les Archives de Parasitologie (1).

A partir de ce jour, la Commission administrative de rinstftut se trouvait officiellement constituée; le Conseil lui avait donné comme président M. le Doyen Debpve et comme vice-président M. le Professeur Brouardel. Ce dernier fut par la suite élu Directeur de l'Institut.

Je passe sous sileijce diverses réunions purement administratives, qui n*ont fait que décider du budget, du programme, des jours et heures de cours, etc. L'Institut de médecine coloniale était donc enfin organisé : ses cours allaient commencer à la fin des vacances et les espérances fondées sur lui allaient vraisemblablement se réaliser.

Au moment où j'écris ces lignes, la première session est ouverte, ^ avec plus de 25 élèves : l'inauguration a eu lieu le jeudi 16 octobre, en présence de M. Doumer, ancien Gouverneur général de Tlndo- Chine, de M. le Colonel Marchand, de M. le D"" Duchaussoy, du Directeur, du Doyen et d'un certain nombre de Professeurs de la Faculté. Les élèves sont pour la plupart des médecins français ou des étudiants arrivés à la fin de leurs études, mais on compte aussi parmi eux des médecins étrangers et même trois dames. C'est un succès qu'on ne saurait méconnaître et qui, j'en ai la conviction, ira en s'afflrmant d'une session à Tautre.

La première session, ouverte le 16 octobre, sera close vers le 25 décembre 1902. L'enseignement théorique et les démonstrations de laboratoire sont donnés à la Faculté de médecine, dans les laboratoires de pathologie expérimentale et comparée, de parasitologie et d'hygiène ; ils ont lieu tous les jours de la semaine, sauf le samedi, dans l'après-midi. L'enseignement clinique et le cours de pathologie tropicale sont donnés deux fois par semaine, le matin, à l'hôpital de l'Association des Dames françaises, à Auteuil. Le programme des cours est le suivant :

1° M. le Professeur Chantemesse^ — Technique bactériologique et hématologique (15 leçons et 15 démonstrations pratiques).

(1) Archives, V, p. 561-568. 1902.

DISirrUT DE MÉDECINE COLONIALE. — HISTOIRE DE SA FONDATION 13

2*> M. 1q Professeur R. Blanchard. — Parasitologie (21 leçons et 21 démonstratioiis pratiques).

3** M. le Professeur Le Dentu. — Chirurgie tropicale (4 leçons).

4° M. le Professeur de Lapersonnb. — Ophtalmologie tropicale (4 leçons).

&* M. R. WûRTz, agrégé, chargé de cours. — Pathologie exotique (17 leçons); hygiène tropicale (10 leçons); diagnostic bactériologique appliqué aux maladies tropicales (20 exercices pratiques).

6<^ M. Jeanselme, agrégé. — Dermatologie (10 leçons).

Nous donnons ci-après le programme du cours de parasitologie; on ne manquera pas de remarquer que le chiffre de 21 leçons est à peine suffisant pour permettre un exposé complet des importantes questions qui se rattachent à la Parasitologie.

PROQRAMIIie OU OOVRS DE PARASITOLOGIE

1'* Leçon

Du parasitisme. Action générale des parasites sur Torganisme ; moyens de défense de l'organisme. Importance spéciale du parasitisme dans la pathologie des pays chauds.

Animaux parasites. — Aperçu général de leur mode de transmission : 1* par Teau ; 2* par les aliments solides ; 3* par les agents extérieurs ; 4* par les Insectes et autres animaux inoculateurs.

Etude spéciale des principaux animaux parasites et des lésions ou accidents morbides qu'ils déterminent, considérés dans leurs rapports avec la médecine coloniale.— Amibes de l'intestin; leurs relations avec la dysenterie intertropicale et les abcès du foie. — Examen des matières fécales. — Le Coccidioides immitvi et les formes voisines : affections locales de la peau ; infection généralisée mortelle. Relations des Coccidioides avec les Sporozoaires.

2*' Leçon

Les Sporozoaires; étude générale. — Les Coccidies; étude générale. Coccidioses spéciales de l'Homme; foie, intestin, rein, etc. — Les Hémosporidies ; étude générale ; extension et importance de ce groupe dans la série des Vertébrés. — Examen du sang de l'Homme et des animaux.

3*' Leçon

Le paludisme et l'Hématozoaire de Laveran. Etude morphologique du parasite ; ses variations suivant les types fébriles. Son évolution, ses migrations par l'intermédiaire des Moustiques.

Etude zoologique et systématique des Moustiques. Leurs métamorphoses. Caractéristique des principaux genres {Anophèles, Pyretophorus, Megarhinus, Culex, Stegomyia, Majisonia, Àëdes, etc.). Leur rôle dans la trans-

mission des maladies : paludisme, filariose, fièvre jaune, lèpre. Prophylaxie de ces maladies en général et du paludisme en particulier. Prophylaxie individuelle ; prophylaxie urbaine. La lutte contre les Moustiques. Toutes les maladies sus-énoncées sont évitables.

4"* Leçon

Autres types de parasites endoglobulaires. Le Firoplasma bigeininum ; ses relations avec la fièvre du Texas, tristeza ou hémoglobinurie du bétail. La piroplasmose du Chien, du Cheval, etc. Rôle des Acariens (Ixodes et genres voisins) dans la transmission du parasite. Prophylaxie des piroplasmoses.

Fièvres des pays chauds, de nature encore indéterminée. Fièvre bilieuse hémoglobinurique ; ses relations avec le paludisme. « Fièvre des Tiques » de r Afrique centrale. — Les Sarcosporidies ou Sporozoaires des muscles.

5** Leçon

Les Flagellés parasites. Les Trypanosoma ; leur transmission par les Diptères. Principaux types de trypanosomose : le nagana et la Mouche tsétsé ; la dourine du Cheval. Le Trypanosome du sang de l'Homme. Aperçu des autres types de Flagellés sanguicoles. — Autres Flagellés parasites de l'Homme: Trichomonas, Lamblia, Plagiomonas, etc. — Les Infusoires parasites. BcUantidium coli et formes voisines.

6** Leçon

Les Cestodes. Caractères généraux ; migrations, métamorphoses. Deux grandes familles : Tœniadde, Bothriocephalidae. — Etude des principaux Téniadés : Trnnia solium, saginata, echinococcus. Le kyste hyda tique dans les régions tropicales. — Tmnia hominis et T. asiatka dans le Turkestan persan. — Tœnia confusa aux Etats-Unis. — Hymenolepis nana, diminutaî leurs relations avec les Coléoptères. — Dipylidium caninum; sa transmission par la Puce du Chien. — Datainea inadagascariensis, africana.

7"* Leçon

Éude des principaux Bothriocéphalidés : Bothriocephalm latus. L'anémie bothriocéphalique. Existence du parasite en Extrême-Orient et dans l'Afrique australe. Quels Poissons assurent sa transmission ? — ûiplogonoporus grandis et Sparganum Mansoni en Extrême-Orient. — Bothriocephalm cordatuSy dans les régions boréales.

8** Leçon

Les Trématodes. Caractères généraux, migrations, métamorphoses. Étude des principaux types ; leurs relations avec la faune malacologique. —Trématodes des voies biliaires : Fasciola hepatica, gigantea (en Afrique); Dicrocœlium lanceatum ; Opisthorchis sinensis, feliîuus, œnjunctus (en Asie). Graves lésions hépatiques déterminées par ces parasites. — Trématodes de l'intestin : Di.stomum Buski, Amphlstomum hominis. Aperçu des formes voisines, parasites des animaux.

9"* Leçon

Trématodes du poumon : Mesogonimus Westermanni ; sa présence chez divers animaux. L'hémoptysie parasitaire d'Extrême-Orient ; son transport en d'autres contrées par l'Homme et le Porc. — Examen des expectorations. — Trématodes du sang : Douves erratiques. La Bilharzie (SchUtosomum hœmatobium) ; ses relations avec l'hématurie des pays chauds. La bilharziose du Bœuf et d'autres animaux. — Examen des urines.

10"* Leçon

Les Nématodes. Caractères généraux, migrations, métamorphoses. Étude des principaux types. — Ascaris lumbrkoides, canis ; Oxyurus mrmicularis ; leur étude dans les régions tropicales. Ascaris maritima dans les régions boréales. Lésions de la muqueuse intestinale causées par les Ascarides ; leurs relations avec la flèvre typhoïde. — Trichocephalm trichiurus ; lésions de la muqueuse, porte d'entrée des infections microbiennes. Relations du parasite avec l'appendicite. — La Trichine (Trichinella spiralis). Son extension aux Etats-Unis et en Allemagne. Étude clinique et anatomopathologique de la trichinose.

H"' Leçon

Les Strongles ; caractères généraux de la famille. — L'Ankylostome (Uncinaria duodenalis, U. americana). Grande extension des Uncinaires dans les pays chauds. Diverses formes de l'uncinariose : anémie des mineurs et des briquetiers en Europe ; chlorose d'Egypte, anémie intertropicale, dans les pays chauds. La larve s'enfonce dans la peau : dhobieitch. Le kala-azar de l'Inde. — Le Strongle géant (Eustrongylus vhcei'alis). — Strongylm subtilis au Japon et en Egypte. — Physaloptera cattcasica.

12"* Leçon

Les Filaires ; caractères généraux de la famille ; son importance exceptionnelle en médecine intertropicale. — Les Filaires du sang ; procédés de recherche et d'étude; distinction morphologique et clinique des principales espèces. Leurs relations avec les maladies. — La Pilaire nocturne (Filaria Bancrofti). Description, migrations, métamorphoses. Rôle des Moustiques dans sa propagation. Diverses formes de la filariose. Hématurie intertropicale ; diagnostic différentiel avec l'hématurie bilharzienne ; chylurie, hémato-chylurie. Eléphantiasis des Arabes; varices lymphatiques ; lympho-scrotum ; étude anatomo-pathologique, traitement chirurgical. Ascite chyleuse, hydrocèle chyleuse. Etiologie de ces diverses manifestations. Prophylaxie de la filariose. La iilariose est une maladie évitable.

13" Leçon

Autres Filaires du sang : Filaria diuma, perstans, Demarquayi, Magalhâesi, Ozzardi. Maladie du sommeil, craw-craw et autres états morbides en rapport avec les Filaires du sang. — La Filaire sous-conjonctivale {Filaria loa) et la FilaHa voltulus en Afrique intertropicale. — La Filaire

16 R. BLANCHAnD

de Médine (Filaria medinensis), — L*Ajiguillule intestinale (Strongyloides intestinalis). Ses métamorphoses. Ses relations avec la dysenterie des pays chauds. — Gnathostomum siamense,

14"* Leçon

Les Acanthocéphales. Genres Echinorhynchus et autres. Espèces parasites de l*Homme, ootaroment en Afrique. — Les Gordiens. Pseudo-parasitisme des Gordius chez l*Homme, en Europe, en Amérique. — Sangsues terrestres s*attaquant à l*Homme en Asie, en Océanie et à Madagascar. Sangsues d*eau douce se fixant aux muqueuses buccale et pharyngienne, en Afrique. — Les Arthropodes. Caractères généraux et divisions du groupe. Etude spéciale des Arthropodes parasites de l'Homme. — Les Linguatules ; caractères, migrations, métamorphoses. Elles s'observent chez l'Homme à la fois à Tâge adulte et à l'état larvaire. Linguatula rhinaris et formes voisines. Lésions viscérales produites en Afrique par des Linguatules indéterminées.

15'' Leçon

Les Acariens ; caractères généraux. Nombreuses espèces parasites. La gale (Sarcoptes scaMH) et ses variétés ; transmission à l'Homme de la gale des animaux ; gale du Dromadaire ; gale malgache. — Les Garrapattes de l'Amérique tropicale (Trombidium et formes voisines). — Les Argasidés et les accidents qu'ils provoquent (Argas persicus). — Les Ixodidés et leur rôle pathogène. Autres Acariens parasites ou morbifères. — Pseudo-parasitisme des Myriapodes.

16'' Leçon

•Les Insectes parasites. Description des principaux types, en insistant tout spécialement sur ceux qui se rencontrent dans les colonies. — La Chique (Sarœpsy lia penetrans); son extension en Afrique et à Madagascar. Accidents qu'elle produit. — La myase ; ses différents modes. Myas'e cutanée : en Amérique (Dermatobia), en Afrique (Ochromyia), en Europe (Hypoderma). Myase cavitaire : en Amérique (LucUia macellaria)^ en EuropQ (Sarœphaga magnifica). Myase intestinale.

17"* Leçon

Cliampignoxis parasites. — Caractères généraux des Champignons parasites. Procédés de recherche, d'examen et de culture. ClassiGcation des Champignons parasites ; caractères des divers groupes. Diversité des mycoses. — Mycose des muqueuses (Oïdium albicans et formes voisines). — Mycoses de la peau. Grande variété de types. — Les pityriasis (Malassezia furfur et formes voisines). — Les teignes ; leur grande diversité ; elles sont dues à des Champignons imparfaits, qui acquièrent dans les cultures des caractères végétatifs permettant de les rattacher à des formes supérieures. Divers types de teignes :

1* Les microspories : Microsporum Àudouini et formes voisines.

2* Les trichospories. La piedra de l'Amérique du sud et les affections voisines.

18'* Leçon

3* Les favus : Achorion Schonldni, A, Q^'inckeanum et formes voisines.

4* Les Irichophyties. Deux variétés : l'une, d'origine humaine, à mycélium développé dans l'intérieur du cheveu {Trichophyton tonsuramj type endothrix) ; l'autre, d'origine animale, à mycélium développé autour de la base du cheveu (Ir. mentagrophytes, type ectothrix). Nombreuses espèces se rattachant à ce dernier type. Recherches à poursuivre sur ce point dans les diverses contrées du globe.

5* Teignes expérimentales causées par l'inoculation des EidameUa, Oospora, etc. Leur importance théorique ; leur signification quant à l'origine et l'étioiogie des dermatomycoses.

19'* Leçon

Les Blastomycètes. Déilnition morphologique et physiologique de ce groupe. — Blastomycoses des muqueuses : Saccharomyces linguae-pilosae et formes voisines. — Blastomycoses de la peau : saccharomycose cutanée chez l'Homme, en Amérique et en Europe. — Blastomycoses des voies lymphatiques : farcin de rivière chez les Solipèdes, comme type d'invasion de l'organisme par les Blastomycètes. —- Blastomycoses viscérales : cas de Busse, Curtis, etc., en Europe; de Gilchrist, etc., en Amérique. — Relations des Blastomycètes avec les tumeurs. Origine des néoplasmes.

Les Moisissures. Mycoses mucorienne et aspergUlaire de l'oreille, du pharynx, des ongles, etc. Aspergillose pulmonaire. Aspergillose épidermique (caraté ou pinta de l'Amérique du sud, teigne imbriquée d'Océanie). — Le mycétome à grains noirs, mycose du pied due à une Mucédinée ; sa grande extension en Afrique.

20"' Leçon

Les Discomyces, Actinomycose (Discomyces bovis) ; mycétome à grains blancs ou pied de Madura {D. madurae) : anatomie pathologique, étiologie, traitement, prophylaxie. — • Mycoses viscérales expérimentales. Leur importance théorique. Lumière qu'elles jettent sur l'origine des mycoses en général.

Résumé da cours ds parasitologie.— Aperçu général des principales questions de parasitologie concernant chacune des colonies françaises. Faits usuels à prévoir dans la pratique n>édicale. Recherches et observations qu'il serait utile d'entreprendre.

Page 1