COUP-D’ŒIL MÉTHODIQUE
sur l’ensemble des collections du musée coi.onial
L'espace trop parcimonieusement mesuré dont on disposait pour l’Exposition de l’Institut Colonial de Marseille, n'a pas permis d’y faire figurer tout ce qui aurait pu faire ressortir à sa réelle valeur l'importance de cet établissement dû à l’initiative privée. Aussi devons-nous indiquer sommairement ce qu’il contient et ce qui offre le plus grand intérêt, non-seulement à ceux qui sont à la recherche de l’utilisation des ressources coloniales, mais encore à ceux qui par simple curiosité aiment à s’instruire au point de vue ethnographique.
Produits commerciaux. — Les Bois de nos différentes colonies y sont exposés, soit en billes munies de leur écorce, avec une tranche polie et vernie qui permet de voir les veines, soit en rouelles, ou encore en petites plaques faisant bien ressortir par le fini du travail ce qu'ils valent pour l’ébénisterie, la marqueterie ou la sculpture. On peut voir ainsi la collection des bois de i° L’Annam ; 2° de la Nouvelle Calédonie; 3° du Cambodge; 40 de la Cote d'ivoire; 5° de la Guyane Française ; 6" de l'Inde; 70 de Madagascar; 8° de la Réunion. Outre les bois précieux : de rose, d’ébène, de palissandre, d'acajou, de fer, de violette, la collection contient tous les bois employés dans l’industrie du parfumeur pour les huiles essentielles qu’ils cèdent à la distillation : santal, myoporum, bielschmiédia, bois d'Inde. Ceux qui donnent du [feu par le simple frottement, d’autres qui rendent l’eau savonneuse, ceux [enfin qui produisent des substances tannantes comme le Spermolepis tannifera , et celu qui sert pour faire des cercueils à Madagascar dont la propriété est de conserver les cadavres à l'abri de la putréfaction.
Graines oléagineuses. — La collection des graines grasses est sans contredit la plus complète de toutes celles qui existent. La grande industrie de Marseille des huiles et des savons étant à la recherche de toutes les graines qui alimentent son travail, le laboratoire de l'Institut Colonial de Marseille s’est fait une spécialité de
l’étude des graines grasses, aussi dès qu’une graine inconnue arrive sur le marché est-elle envoyée dans ce laboratoire pour en faire déterminer l’espèce botanique et la valeur commerciale et industrielle. On peut aisément s’en convaincre en examinant la grande variété des corps gras nouveaux exposés avec leurs dérivés : acides gras de distillation, de saponification, stéarines de distillation, stéarines de saponification, glycérines et tourteaux provenant de graines inconnues et inutilisées jusqu'ici.
La nomenclature en serait trop longue elle demanderait des volumes. Qu’il nous suffise de citer seulement le krébao, le méné dont on peut voir des bougies, l’owala qui arrive par chargements depuis les travaux de M. Heckel qui l’ont fait connaître au commerce et à l’industrie, avec savon et bougies, le maloukang avec son beurre, l’ochoco, le kombo, le d’javéou n’javé, etc etc .
Matières tinctoriales. — A côté des nouvelles matières comme le doundaké qui teint en jaune et le zanthoxylum perrotettii, on peut voir toutes les espèces de cochenilles, les dividivi, les orseilles, les campêches, les fustet, le curcuma, l’indigo, le rocou, les cachous etc etc.
Parfumerie — Les essences d’ylang-ylang, de géranium, de santal, de myoporum, de bielschmiedia anisiodora, de mvrtus, pimenta, de faux poivrier, extrait de vanille, de vétiver, de Basilic etc etc .
Epices. — Poivre long, poivre noir, poivre blanc, piment jamaïque, piment enragé, noix de ravensara, noix muscades, girofles, gingembre gris, gingembre blanc, curcuma, macis, cardamomes, cannelles, bétel, piment couronné, etc.
Matières alimentaires. — Végétaline extraite du coprah, café nègre de M’. Bentamaré ce dernier faisant l’objet d’une spécialité de café chicorée exploité par une société depuis les études faites sur cette graine par le Dr Heckel. Cacaos de toutes provenances, cafés : de Bourbon, de la Martinique, de Calédonie, du Congo, de Taïti. Toutes les sortes de mil du Soudan et du Sénégal. Le manioc, l’arrow-root, la farine de moussache, la farine desséchée de la pulpe de Baobab, les ambrevades etc etc.
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Textiles. — Les fibres textiles sont en très grand nombre : Les soies du Tonkin, del’Annam, les fibres de ramie, de Madagascar accompagnées de fort jolis échantillons de tissus. Le bourao, chanvre de Manille, fibres de bananier, de cocotier.
Les fibres de raphia de Madagascar avec des rabanes tissées dans le pays. Fibres de Baobab, d’aloès, de Jute de Magnagna. Toutes les espèces de coton de différentes provenances.
Produits scientifiques : La Nicouline et ses sels retirée du Robinia Nicou. La Kolanine extraite du kola vrai. La Colombine du Bakis plus abondante que dans le Colombo. La Sangoline et la Pélosine retirée du sangol, cocculus Laeeba etc, etc.
Collections ethnographiques. — Religion : Tabous de Nouvelle Calédonie. Fétiches calédoniens et des Pahouins. — Gris-gris du Soudan, du Dahomey. — Grelots de sorciers. — Livre de prières. Touareg (en bois). — Amulettes Laotiennes : dents d’ours, cornes de cerf, dents de tigres. — Chapelets Boudhiques. — Baguettes d’encens boudhistes ; images annamites pour chasser les mauvais esprits, génie des navigateurs annamites. — Diplômes mortuaires du Tonkin. — « Le bay Mahal » fac-similé du tombeau de Shah-Jehan en albâtre. — Bois d’agallocha pour brûler dans les pagodes, etc etc.
Guerre : Casse-tête canaques et Galibis, riche collection. — Sagaies calédoniennes et africaines . — Sarbacanes. — Arcs des Mots avec flèches. — (Laos) — arc et flèches de Madagascar. — Fusils et obus Malgaches. — Pistolet Touareg. — Sabres du Tonkin, du Laos, de l’Annam. — Fusils de pirates. — Trompettes d’alarme de pirates. — Bâtons de commandement. — Sabres d’exécution . — Masques de guerre. — Carquois Galibis avec flèches empoisonnées au curare. — Flèches empoisonnées au Tanghin. — Boucliers Pahouins. — Boucliers de pirates chinois. — Couteaux de jet du Congo. — Sabres Pahouins, hache Malgache. — Coupe-coupe divers etc. etc. — Cornes à poudre en ivoire d’Obock. — Matelas du Tonkin pour préserver des balles.
Musique-. Balafons du Soudan. — Viati tama (Tam-tam du Soudan). — Tam-tam des Ouassoulous (Soudan). — Harpes des Bavilis (Congo). — Tam-tam du Congo. — Gong Laotien. — (Lou-
sen flûtes Laotiennes. — Flûtes du Tonkin. — Tam-tam Muong- Vahlias Malgaches. — • Caïambe et castagnettes Malgaches. — Bobr instrument de musique Malgache.
Ustensiles de travail : Pirogues et pagayes. — Fuseau à filer le coton du Dahomey. — Pioches pour cultiver la terre du Soudan appelées : Diélé, servant avec le Guiéla à défricher. - — Daba servant à arracher les arachides. — Darambo — Certaines de ces pioches sont en dents d'éléphants, d’autres en pierre de serpentine. — Le Soumbé est une large pioche pour préparer le terrain au Soudan. — Haches en serpentine des Pahouins et des Canaques. Instruments agricoles de Cochinchine pour la culture du riz. — Roue à niveler les rizières, pièce à repiquer le riz et couteau à main pour le couper lors de la récolte.
Des charettes annamites pour les transports agricoles. — Des navettes à tisser le coton du Tonkin. — Harpons pour la pêche avec pointes empoisonnées. — Hameçons canaques en nacre. — Pompe à incendie Tonkinoise. — Malles et hottes Muong en vannerie pour le transport des effets et des marchandises. — Pièces de toile servant aux femmes Méo (Tonkin) à porter leurs enfants sur le dos, travail remarquable d’application de divers tissus en couleur formant des dessins symétriques d’un très joli effet.
Habitation : modèles de paillottes desGalibis. — Cases de Madagascar. etc., etc.
Ustensiles de ménage : Baguettes à manger le riz annamites. — Couteaux et boîtes à bétel. - Calebasses du Soudan peintes. — sculptées des Galibis (mère d’Apatou), — Calebasses volumineuse creusée dans un tronc de baobab. — Porcelaine du Laos. — Gargoulettes malgaches artistiques. (Céramique artistique des Galibis, belle collection). — Céramique malgache, annamite, tonkinoise et indienne. — Remarquable collection de fruits des tropiques en terre cuite peinte . —Musettes muong. — Marmites canaques.— Mortiers à piler le riz et les couscouss. — Cuillères à riz.
Vêtements : Pagnes du Dahomey. — Tapas des femmes canaques. — (Costumes du Haut-Tonkin . Ta-pan-yan). — Riche collection de costumes et tissus laotiens : Sampots de soie, velours. — Coussins
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annamites. — Pantalons, vestes, turbans, robes, jupes, guêtres et coiffures des Annamites. — Tablier brodé de Lao-Kay. — Riches robes de Pagodes brodées d’or. — Etoffe, présent de noce en écorce de banian.
Chaussures : Très riche collection de toutes les chaussures de l’Extrême-Orient, du Soudan, des Touaregs, de Madagascar etc., etc.
Coiffures: bonnets desToucouleurs,des Bambaras, des Malinkès, bonnets de pagodes Tonkin. — Coiffures de mandarins, de guerriers pahouins. — Grande variété de chapeaux de paille pour travailler dans les rizières, pour les fêtes, etc., etc.
Coiffures du Haut-Tonkin (Ta-pan-yao) en écharpes. — Toques malgaches tissées en paiile de riz.
Pipes à opium. — Pipes à eau du Tonkin. — Pipes en terre et en bambou annamites.
Boîtes à bijoux annamites. — Boîtes à bétel en cuivre et en bois. — Encriers. — Machine à compter. — (Poids annamites. — Balances pour l’or).
Vannerie du Tonkin, du Laos, du Sénégal, de Madagascar, en rotin, en bambou et en paille de riz.
Peignes et miroirsannamites. — Eventails. — Ciseaux.
Serviettes en raphia du Congo (Brazzaville).
Dentelles en soie de Madagascar.
Les herbiers des colonies comprenant:
La Réunion 7 cartons
La Nouvelle-Calédonie 35 —
Côte occidentale d’Afrique : Gabon 5 —
— — Congo » —
— — — Soudan » —
Dahomey » —
Madagascar (collection Prince ) 6
Haut-Laos ( collection Dupuy ) 6
Tonkin ( collection du />' Simon ) 8 —
Taïti ( collection du Dr Vincent ) 1
Cambodge ( collection Collard) i —
Antilles ( herbier du R. P.Duss) 17 —
Guyane ( collection Bessières ) 22 —
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Les collections minéralogiques notamment celles de l’Algérie et de la Nouvelle-Calédonie ont une véritable importance et remplissent deux grandes vitrines horizontales. Celle de Madagascar est encore insuffisante, mais il faut remarquer un bloc de cristal de roche du poids de 55 kilos donné par M. Le-Fol, commissaire général des colonies actuellement au Tonkin.