B L^INSTRUCTION AU CANADA
En 1635, les Jésuites crurent que le moment était arrivé de remplir les conditions du contrat, et le Collège fut fondé K Personne mieux que les Pères Jésuites ne comprenait Timportance et la nécessité d'une telle œuvre. Aussi, et nous Pavons déjà fait remarquer, bien que dans la pensée de leur bienfaiteur, ils ne fussent tenus qu'à Tinstruction spirituelle des Canadiens, c'est-à-dire des sauvages, ils ne tardèrent pas, à la demande des parents eux-mêmes, à donner aux enfants français comme aux petits sauvages, des leçons de lecture, d'écriture et d'arithmétique -. Ce fut là l'origine des petites écoles à Québec.
A ces leçons de fi-ançais, les Pères Jésuites durent ajouter bientôt l'enseignement du latin. Mais les éléments seuls de cette langue n'auraient été d'aucune utilité. Aussi bien, « une fois les principes de la langue latine enseignés, écrit le Père de Rochemonteix, il fallut par la force même des choses, aller plus loin et parcourir le cercle complet des études classiques, la grammaire, les humanités et la rhétorique » ".
I. Le collège Harvard, dana la Nouvelle- Angleterre, fat-il foodé avant oa après celui de Québec? D'après M. A.-D. Decelle {Lgs Eimis^i/mis, P' 373) • cette fondation remonterait à 1639. Il doit y avoir là oottfnrion de dates. Kn effet , le a8 octobre 1636, ■ la Cour générale de Bottoo vota 400 livres sterling pour la fondation d'une école destinée à fonn«r dea ministres •. L'année suivante, John Harvard arrivait dana U colonie. Il mourut en 1638, après avoir légué à l'école fondée denx ans auparavant, 400 à 500 livres sterling et sa bibliothèque. (Cf. Moimn« Mit* toirê dês EMs^Umis, etc.. Paris, 189a, vol. I, p. 434 ; *oMi John Fiakt, A Hùlory o/tkt UmiUd Staia/or Scàcols, 1898, p. 96 ; voir aani Rocb., a»/, ri/., vol. I, p. aai, note.)
t. Lettre du Père L^eune àiRichelien.— Cf. le P. de Roclicmoataia : LisJèsmiUt ei la Nomvêilê-Ftmmcê mm XVih sikU, vol. I, p. ao8.
3. tbU,^ p. 109 ; d'après une lettre dn Père JérôoM Lalcaunit, 1670.
LK COLLfeCR DIS jtomi'lS 149
Comment aurait-on pu faire autrement? Plusieurs fs« milles, en effet, n'avaient consenti à venir te fixer en Canada, que sur l'assurance qu'elles avaient de pouvoir faire donner à leurs enfants « une éducation qu*on ne trouvait pas alors dans toutes les villes du Royaume • '.
Ces paroles de Charlevoix ne sont qu'un écho de la Rêiafùm de 1636, où le P. Le Jeune écrivait : « Je m'oubliais de vous dire que l'établissement d'un collège sert encore beaucoup pour le bien du pays ; aussi, quelques personnes, très honnêtes gens, nous savent bien dire que jamais elles n'auraient passé l'océan pour venir en la Nouvelle-France, si elles n'eussent eu connaissance qu'il y avait des personnes capables de diriger leur conscience, de procurer leur salut et d'instruire leurs enfants en la vertu et en la connaisHUice des lettres '. •
Dans ces quelques lignes, se trouve la meilleure explication de l'empressement des Jésuites à ouvrir un coofs classique.
En quelle année furent inaugurées ces leçons de latin?
En 1637, au plus tard ; peut-être en 1636. Le P. Lejeune écrivait, en 1637 : • Le nombre des élèves s'accroît de jour en jour. On parle parfois en trois langues, même en quatre : latine, française, montagnaise et huronne '. •
Dans une lettre du 4 septembre 1640, la Mère Marie de l'Incarnation disait à la Mère Rolland : • Il faut que je lise et médite toutes sortes de choses en sauvage. Nous fai-