‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 135 sur 233 · I. Lti/m, éd. RidumdMQ. vol. II. p · texte numérisé non relu

I. Lti/m, éd. RidumdMQ. vol. II. p

3. LAtoor. Mhmoifn sur la l'U dé Mf* de Lmtmi, Cotogne. 1761. p. 98. y M. T.-L. BétUnl dit dans le« Trmmuripië, ea parUat de* éM\f d«

Qoébccea 1697. gu' ■ une partte &m la pépiaiêft i wiiiil fOÊJûmn ihfia l'ércctioa nêmc dn Petit Sémteaire «a p«ailoaMt drt J<mIW« «»

On Toét tnoore d«n» \t% Trmmicripia. qa'm 1710. KtieoBc Haiatoa. q«i élait an Séminaife depait tfvi«e mm, alla demeurer rlits l«a J<wrim poar avoir soin de lenn proftiooajûm.

4. Lettre dn Père Bajalnui. Rtlmtiomt d*t JismUti. éd. Tbwaiu*. vol. LX. p. 14a

5. CI : Amio^icgrm^kie dm P. Ckmmmiùmpt, éditioo Carayoa. p. 67.

charge du Collège. Pou vai ton demander davantage? Les missions, nombreuses, éloignées, difficiles, exigeaient des dépenses considérables. Fallait-il, pour améliorer le cours classique, puiser dans le fonds destiné aux missionnaires? Les Jésuites ne se crurent pas autorisés à le faire. Il restait aqe ressource, s'adresser à la Cour qui pouvait remédier au mal en fondant de nouvelles bourses pour les professeurs. Les autorités en firent la demande et, en 1687, le roi accordait 400 livres en faveur d'un nouveau régent ^

Nous sommes aux dernières années du XVI P siècle. Le Collège a fait ses preuves. Fondé depuis soixante et cinq ans, il ne s'est pas seulement maintenu, mais il a grandi et prospéré. Depuis quarante ans surtout, uue émigration choisie, faite sous la direction des autorités, a grossi considérablement la population et assuré, de ce chef, l'avenir du Collège. Québec qui, trop longtemps, n'a eu de ville que le nom, commence à se développer. Par le nombre de set habitants, sans doute ce n'est encore qu'un bourg, maïs un^gros bourg qui compte 1549 âmes en 1706', et qui, avec ses palais du gouverneur, de l'intendant et de l'évêque, avec ses communautés de femmes, son Séminaire et son Collège, peut se donner l'illusion d'être une petite ville française de province.

Pour l'instruction et l'éducation du moins, Québec était beaucoup mieux partagé qu'un grand nombre de villes de

I. Archiva dm Simimëitv; Lettre de M. Dndoojt à 11. de 17 avril, 16S7.

a. Qmêbtc mndêr Tmo FUkgt^ p. 139.

ut COLLtee DIS jÈBUmB 257

Prmnce pi as populeoaet, et on ne f*étoniieni p«s de voir le Père Gennaîn écrire, en 171 x * :

« Pour ce qui est du Collège de Québec, toutes choses y sont ou se font comme dans nos collèges d*£nrope et peut-être avec plus de régularité et dVxactitude et de fruit que dans plusieurs de nos collèges de Prance. On y enseigne les classes de grammaire, des humanités, de rhétorique, de mathématiques, de philosophie et de théologie. • Et, comme pour répondre à une question qu*on lui aurait faite, le Supérieur ajoutait : • Les écoliers quoiqu*en pins petit nombre que dans les grandes villes d'Europe, sont néanmoins tous bien faits de corps et d*esprit, tout à fait industrieux, fort dociles et capables de faire de grands progrès dans Tétude des lettres et de la vertu. Je ne parle pas des enfants des sauvages, se hâte-il de faire remarquer, mais je parle des enfants de Prançais qui sont nés au Canada et qui ont la même langue, la même manière d*habit et les mêmes études qu*à Paris. Je dis qu'ils sont pleins d'esprit, ont très bon naturel et sont capables de bien réussir en tout ce que nous pouvons leur enseigner. •

Voilà certes un beau certificat qu'il est bon d'enregistrer, ce que nous faisons avec d'autant plus de plaisir qu'il n'est pas pour déplaire aux générations actuelles d'écoliers qui sauront y trouver, nous en sommes sûr, avec un sujet de Intime fierté, un encouragement à bien faire et de beaux exemples à imiter.

Au XVIII* siècle, le cours classique demeura à peu prêt

I. LeP. Gcrmsiaan P. A«istaat,5BOircnbr«i7ii Cf : RHéti^m. éd. Tbwaitct, roi. UCVI. p. aoS.

258 L'iN^^TRrrTION AU CANADA

tel qu*il avait été organisé au siècle précédent, à cette exception près que les Pères Jésuites se chargèrent en plus de la classe d*hydrographie qu'un séculier avait enseignée jusque-là. Il ne restait plus qu'à perfectionner le cours et à compléter le nombre des professeurs. C'est à quoi les Révérends Pères s'occupèrent avec l'aide des autorités tant civiles que religieuses. Ainsi, le 26 octobre 1732, Beauhamois et Hocquart écrivaient au ministre pour renouveler une demande qu'ils avaient déjà faite d'un troisième régent des basses classes. « Trouvez bon, M*', disaient-ils au ministre, que nous vous en représentions encore cette année la nécessité, pour l'instruction de la jeunesse du pays '. »

L'année suivante, le gouverneur et l'intendant reviennent à la charge ; ils insistent. Cette lettre fait bien voir combien les autorités civiles s'intéressaient aux progrès de l'instruction, et nous demandons la permission d'en citer quelques extraits.

« Lorsque, disaient-ils, nous avons demandé, l'année dernière, de procurer un troisième régent au collège de Québec, ça été sur les représentations qui nous eu furent faites par les PP. Jésuites qui ont entendu que Sa Majesté en voudrait bien faire la dépense ; ils nous ont fait de nouvelles repré> sentations à ce sujet.

« Des trois régeuts qui sont au collège, il y en a un qui professe alternativement la philosophie et la théologie, en sorte que les jeunes gens, au sortir de leurs humanités» trouvant l'école de théologie ouverte, sont obligés d'attendre pendant deux ans le nouveau cours de philosophie, ce

t. jiftk. de BêHs ; Copie aa Séminairt de Qilibtc

UL COtUtOn D«8 JflRTITIB 259

qui les dégoûte à uo point qu*ils quittent absolatnent leurs études, et prennent parti ailleurs.

• Les deux régents des bâties cUsses ne peuvent suffire à multiplier les leçons suivant la faiblesse ou la force de leurs écoliers, qui devraient être séparés en trois ou quatre classes, au lieu qu*ils le sont aujourd'hui en deux dassea seulement

« Nous nous sommes engagés, M", à vous rendre compté de ces nouvelles représentations, et à vous prier d'obtenir de Sa Majesté le fonds de 400 francs pour Tentretien d*uo régent de philosophie, à condition que de leur côlé les Jésuites auront un troisième régent de basses classes, qu'ils entretiendront à leurs dépens, ce qu'ils nous ont promis de faire.

« Ils méritent, par les soins assidus qu'ils donnent à l'éducation de la jeunesse, que Sa Majesté leur accorde cette grâce * . . . ■

Cette demande n'avait rien que de raisonnable et pourtant le ministre y resta sourd : les Pères Jésuites nommèrent un troisième régent à leurs propres frais '.

Plus tard, M" de Pontbriand se plaignait encore au ministre, du manque de professeurs. . Cette fois, il s'agissait de diviser la sixième qui était trop nombreuse, et l'évéque écrivait, le 8 novembre 1748 : « Le Collège ne se soutiendra pat si les Jésuites n'ont toujours qu'un régent de sixième. Cette classe est comme la pépinière des écoliers. Nous n'av^ms

I. Cité pmr l'abbé A. ikmtlia : lé P. Mtmminm^,,., Soc Koyala, II« térïe, Tol. I. p. 55.

a. RocbenwtriT, I. p. ais.

26o l'instruction au canada

personne pour montrer les éléments. On se passera plutôt de la théologie et de la philosophie, parce que le Séminaire fait déjà des conférences sur les deux sujets. ■ Et Tévéque ajoutait en manière de correctif: « Il est vrai que les Jésuites ne sont pas fondés pour tant de régents. » Nous ne savons si Tévéque obtint ce qu'il demandait.

Durant les dernières années de la domination française, le Collège des Jésuites dut, comme toutes les communautés de Québec, souffrir du malaise général qu'engendrèrent la guerre et la famine. Cependant, le personnel enseignant était encore au complet en 1756-57, et probablement en 57-58. Cette année-là, le célèbre Père de La Brosse enseignait la philosophie. L'année suivante, il y avait encore des élèves au Collège, puisque le Séminaire en recevait luimême trois ou quatre. Les classes durent fermer de bonne heure à Tété de 1759, peut-être avant. La plupart des élèves, les grands du moins, avaient laissé leurs li\Tes de classe pour prendre les armes.

Les prêtres du Séminaire et les professeurs du Collège qui étaient libres s'éloignèrent de la ville. Ces derniers se réfugièrent à Lorette, laissant à Québec deux Pères pour garder les bâtiments. Après le siège, il en revint deux. Au mois de juin 1761, Murray permit aux autres de rentrer en ville.

Le Canada était sous la domination anglaise depuis près d'un an. La capitulation de Montréal avait été particulièrement dure pour les Récollets et les Jésuites. L'avenir paraissait bien sombre à ces derniers. Allaient-ils être obligés d'abandonner leurs œuvres et en particulier cet établissement scolaire qu'ils tenaient avec Unt de fruits et

LB COUAgB dis jtSUITkS 86z

atix applandtsseroenU de toute la colonie, depuis plus de cent vingt-cinq ans? Ils auraient été en droit de le faire, mais il ne voulurent pas y consentir avant d*avoir employé auprès du gouvernement toutes les raisons, tous les moyens, toutes les influences dont ils pouvaient disposer. Mais tout fut inutile, et le Collège de Québec dut fermer ses portes, non en 1760, comme on le croit généralement, mais en 1768. Voici ce qui s*était passé entre ces deux dates.

• L*année même du retour des Jésuites à Québec (1761), écrit le P. de Rochemonteix, les cours du Collège de Québec se rouvrirent mais avec peu de pensionnaires, faute surtout de professeurs et d*un local suffisant *. •

« Cet établissement créé par les Pères, d*où tant de gêné* rations de prêtres, de religieux et d'hommes distingués étaient sorties pendant plus de cent trente ans, renfermait trop de souvenirs chers, pour que le père de Glapion se résignât à le fermer. Il lutta le plus possible pour le conserver \ • Tout seul, il assuma le fardeau de renseignement au cours classique pendant qu'il confiait le soin de la petite école aux frères coadjuteurs Casot et Maquet. Cet état de choses ne pouvait pas durer, et il était évident que les jours du Collège étaient comptés. Le Père de Glapion, devenu supérieur en 1763, voulut tenter un dernier eiïort en 1766, et il écrivit alors au ministre des colonies, lord Shelbume, cette belle lettre que le P. de Rochemonteix a

I. RodMmooteiz. Le^JhmiUs, . . ëu XVtlh iU(U, vol. XI. p. 309.

I*rg<qt tout le« r^cnu éUucot pawéi ca Prmncc à l'aulonnc de 1760. tt Ton n'aTftit UÛMé «os Jétaius qo* la jonJintii d'aa tiers de Iran baUmcnU.

a. ibid., p. 203.

a6a l'instruction au canada

reproduite et d'où nous avons extrait les détails qui précèdent *. Cette supplique ne reçut pas même la faveur d'une réponse et, à la rentrée des classes, en octobre 1768, le P. de Glapion supprima le cours des lettres et ne garda que l'école primaire ', qui ne devait disparaître qu'en 1776.

Tel est, en peu de mots, l'historique de la fondation, du développement et de l'extinction du Collège de Québec, considéré au point de vue de l'instruction secondaire.

On a pu constater au cours de ces pages, que les Pères Jésuites avaient un pensionnat et un externat, mais quel était le nombre des élèves? La question n'est pas facile à résoudre. Sans doute, durant les dernières années de la domination française, le nombre des pensionnaires et des externes dut augmenter avec la population qui, de vingtcinq mille âmes qu'elle était en 1721, s'élevait à cinquantecinq mille en 1754 '. Mais au XVII* siècle et au commencement du XVIII* siècle, les élèves étaient-ils vraiment nombreux, eu égard aux temps et aux circonstances?

Les documents qu'il nous a été donné de consulter jusqu'à présent ne sont pas très catégoriques à ce sujet. Les uns peuvent laisser croire que les élèves étaient en asses bon nombre à certaines époques du moins; d'autres semblent prouver le contraire. Nous les exposons simplement, laissant au lecteur le soin de les apprécier.

En 1650, d'après le P. Lalemant, le Collège comptait seize élèves qui suivaient les classes de grammaire et de

Page 1