UTILITÉ DU SERVICE MILITAIRE. — ÉGALITÉ DANS L'ARMÉE
— S’il y a égalité pour entrer dans l’armée, il y a aussi égalité dans l’armée elle-même. Vous serez tous
L’exercice à l’école (d’après le tableau d’Ed. Frère).
soldats à votre tour, et si l’envie vous prend de rester au régiment après votre temps fait, vous pourrez devenir officiers, colonels, généraux même, si vous êtes assez instruits, assez honnêtes et assez braves. On dit, et un a raison.
que tout soldat a son bâton de maréchal* dans sa giberne* : il ne s’agit que d’être capable de l’y prendre.
— Mais, monsieur,...
— Quoi, Jacques?
— Monsieur, Henri m’a écrit que son lieutenant n’a jamais été soldat. Comment cela se fait-il? Il sort de Saint- Cyr, dit Henri, et a été tout de suite officier. Ce n’est pas là l’égalité, tout de même.
— Si, mon enfant, car il y a toujours véritable égalité quand chacun est traité suivant ses mérites . Or ce jeune homme avait subi des examens très difficiles pour entrer à l’école de Saint-Cyr : il y avait appris les sciences militaires et en savait long dans le difficile métier des armes. Il était donc juste de le charger de commander à des blancs-becs* qui ne sauraient comment se conduire, et même à de vieux sous-officiers qui n’ont pas assez d’instruction. De plus, l’élève de Saint-Cyr est un vrai soldat engagé volontaire, et, s’il fait une faute, il est renvoyé comme simple soldat dans un régiment.
La Dépensa nationale (1870-1871)
Dorian, ministre des travail! publics, Gambetta, ministre de l’intérieur a créé tout un matériel de guerre et de la guerre, a organisé les armées dans Paris. en province.
La loi n’exige des citoyens le service militaire que jusqu’à quarante-cinq ans. Mais, pour tout bon Français, il n’y a pas de limite d’âge, et quand l’ennemi foule le sol
l'instruction civique a lvécolk
de la Patrie, tous ceux qui se sentent bon pied, bon œil et surtout bon cœur, et qui ne sont pas absolument indispensables chez eux, doivent reprendre le fusil et rentrer dans le rang. On a vu, dans la terrible guerre déclarée à la Prusse par Napoléon III, en 1870, de vieux officiers retraités *, et quelquefois infirmes, venir offrir leurs services au gouvernement qui s’appelait du beau nom de la Défense nationale.
Vous avez tous entendu parler de ce terrible temps, où Paris était entouré par les Prussiens et séparé
Les enrôlements volontaires sous la Convention.
du reste de la France. Le gouvernement s'était, lui aussi, divisé en deux pour organiser la défense. Si l’on n a pu avoir la victoire, s’il a fallu laisser jusqu'à nouvel ordre entre les mains de l’ennemi les Français d’Alsace et de Lorraine, du moins on a sauvé l'honneur et c'est le principal.
Et si 1 on ne peut pas servir le fusil au poing, il faut
au moins venir en aide aux combattants par tous les moyens possibles. Écoutez comment la Convention nationale*, la grande et terrible Assemblée de 1792-1 795, parlait, en appelant le peuple aux armes pour sauver la Patrie menacée : « Tous les âges sont appelés par la Patrie à défendre la liberté ; les jeunes gens zombattront , les hommes mariés forgeront des armes y les femmes feront les habits et les tentes des soldats , les enfants mettront le vieux linge en charpie , et les vieillards se feront porter sur les places publiques pour enflammer tous les courages . »
SIXIÈME LEÇON